Les députés caquistes François Tremblay, Nancy Guillemette et Eric Girard.
Les députés caquistes François Tremblay, Nancy Guillemette et Eric Girard.

Toujours députés dans la crise, mais différemment

Mélanie Côté
Mélanie Côté
Le Quotidien
«Maintenant, mes remerciements du jour. Je veux aujourd’hui remercier les 125 députés de l’Assemblée nationale avec les employés des bureaux de circonscription. Vous ne pouvez pas vous imaginer [...] le nombre de citoyens qui vont dans les bureaux, qui appellent aux bureaux de circonscription pour poser des questions [...]. C’est incroyable, le travail qui est fait, là, par les 125 députés, tous partis confondus. [...] Comme vous le savez, deux fois par semaine, le lundi et le jeudi, je parle avec les trois chefs de l’opposition, qui arrivent avec plein de suggestions, puis on corrige, on ajuste les gestes du gouvernement en fonction de ce qui vient du terrain par les 125 députés. Donc, je veux dire à tous les députés puis leur personnel : bravo pour le travail que vous faites, là, c’est très, très, très apprécié par vos concitoyens.»

Ces paroles sont celles du premier ministre du Québec, François Legault. Il les a prononcées mardi, lors de son point de presse quotidien, en faisant référence aux députés provinciaux. Aujourd’hui, Le Progrès se penche donc sur le travail des huit élus de la région, tant provinciaux que fédéraux, en ce temps de pandémie mondiale.

François Tremblay, CAQ, Dubuc

Le député caquiste François Tremblay essaie de répondre plus vite aux questionnements des citoyens en cette période où « le niveau de stress et l’émotivité sont plus élevés qu’en temps normal ». Mais en plus de tout ça, il a décidé de s’impliquer pour une cause du secteur, la Popote mobile de La Baie. Les lundis, mercredis et vendredis, il se joint donc aux bénévoles pour faire de la livraison, parfois avec sa conjointe, parfois avec sa fille. « Il faut appliquer les consignes, se désinfecter les mains et rester dehors, mais ça va bien. »

Les employés de son bureau étant en télétravail, les opérations sont coordonnées à distance par téléphone ou par courriel. « Autant pour la population que pour moi, comme député, le niveau de stress est plus élevé. Nous sommes en gestion de crise pandémique. Je veux m’assurer que personne ne manque de rien. »

Nancy Guillemette, CAQ, Roberval

La députée Nancy Guillemette mentionne que le volet de la sécurité alimentaire est très important pour les deux MRC de son territoire. « Nous participons aux différents comités mis en place par les MRC et le milieu communautaire pour bien connaître leurs besoins et pouvoir être en mesure de les aider rapidement et concrètement », explique-t-elle. Comme à l’habitude, Mme Guillemette est présente pour répondre aux questions de la population, mais cet aspect est amplifié en temps de crise, et ce, autant pour les individus que les entreprises.

« Les gens sont inquiets, mais notre travail est de les rassurer et de répondre à leurs interrogations du mieux possible. L’inconnu est toujours déstabilisant. Mais je tiens à les remercier, ils écoutent bien les consignes et sont très respectueux même si ce n’est pas toujours facile dans les circonstances », ajoute-t-elle, se disant fière des citoyens de son comté.

Eric Girard, CAQ, Lac-Saint-Jean

Comme ses collègues, Eric Girard a dû mettre de côté les activités où il rencontrait les citoyens et où il pouvait leur serrer la main, mais malgré tout, il est toujours disponible pour répondre à leurs questions. Oui, celles liées à l’emploi sont nombreuses, les familles en situation précaire sont à la hausse, car « c’est de l’inconnu, une situation extrême qui entraîne des changements majeurs dans notre quotidien », mais il y a quand même un peu de positif. « Je vous rassure tout de suite, ce n’est pas toujours négatif, parfois nous recevons des appels pour nous proposer des solutions, une implication, et j’en passe. C’est dans ces moments qu’on se rend compte que notre région est tissée serré », dit-il. En cette période de crise, il a décidé de s’impliquer pour différentes causes, principalement celles axées sur les organismes qui aident directement la population.

Andrée Laforest, CAQ, Chicoutimi

« On ne veut pas que ce fâcheux virus reste gravé dans notre mémoire. On veut que les moyens, les priorités et les valeurs que nous aurons démontrés durant cette pandémie nous rapprochent les uns des autres pour la vie. » La députée et ministre Andrée Laforest veut être à l’écoute des citoyens et « prioriser les demandes logiques et humaines ». D’ailleurs, plusieurs ont pu la voir, pancarte à la main, dans le stationnement de l’hôpital de Chicoutimi, en train de remercier les employés du système de santé.

Elle admet toutefois que les méthodes de travail ont changé. Télétravail, voyages moins fréquents à Québec et nouvelles technologies, « chaque question doit trouver sa réponse dans de brefs délais ». Le téléphone sonne de 7 h à 22 h et la ministre se dit toujours en mode solution.

 « Les employés du bureau de comté sont très sollicités pour des raisons humaines, mais on répond rapidement aux demandes. Notre gouvernement est très sensible, comme nous tous. Nous aidons énormément au niveau communautaire, mais nous sommes plus inquiets pour nos aînés, car ce virus est plus difficile à combattre pour ces personnes tant aimées. »

Sylvain Gaudreault travaille beaucoup de la maison. — Photo tirée de facebook

Sylvain Gaudreault, Parti québécois, Jonquière

Pour Sylvain Gaudreault, tout se passe bien, « dans les circonstances ». Le député de Jonquière donne beaucoup de crédit à son équipe « solide, expérimentée et à l’écoute ». « On a des demandes de toutes natures. Les gens se retrouvent toujours entre deux chaises. Ils ne cadrent pas dans les critères du programme fédéral ni dans celui du provincial. C’est un gros volume de travail. J’ai une collaboration étroite avec le député Mario Simard, alors si les gens sont plus dans les programmes fédéraux, je les réfère », explique le député qui, comme ses collègues, expérimente le travail à partir de la maison. 

Il admet que la charge de travail est énorme, mais différente. Au lieu d’être en relation avec ses les autres élus, il est davantage au service des citoyens. Sylvain Gaudreault siège quand même, mais différemment. Il le fait quelques fois par semaine avec le comité de liaison régional et avec d’autres comités plus « communautaires ». 

Sylvain Gaudreault se félicite surtout d’avoir eu un impact dans le dossier de la Maison de soins palliatifs du Saguenay qui, après plusieurs discussions, permet finalement aux bénéficiaires de recevoir un visiteur à la fois.

Les députés bloquistes Alexis Brunelle-Duceppe et Mario Simard.

Alexis Brunelle-Duceppe, Bloc québécois, Lac-Saint-Jean

Forcé de laisser de côté la Chambre des communes, les voyages à Ottawa et les activités caritatives, Alexis Brunelle-Duceppe n’a pas hésité à se tourner vers les services aux citoyens. Dès le 15 mars, son équipe et lui se sont penchés sur un plan pour répondre aux interrogations des citoyens. Ils ont fait une banque de noms, avec les coordonnées et les différentes situations, et dès que l’information est disponible, ils répondent à toutes les questions. « Ça représente environ 600 personnes », précise M. Brunelle-Duceppe, ajoutant que les questions touchent principalement l’emploi, mais aussi le rapatriement des gens à l’étranger. 

Des lignes téléphoniques ont été ajoutées et sept jours sur sept, un employé du bureau est disponible pour répondre. Le député fait partie de la rotation. « Hier, j’ai eu un appel à 22 h. Il faut répondre au téléphone. Ça fait partie du travail. Pour une crise exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles ! Ce n’est pas le temps de faire des projets de loi. »

Mario Simard, Bloc québécois, Jonquière

« En peu de temps, je suis passé de député à préposé au téléphone ! », dit en riant le bloquiste Mario Simard. En effet, explique-t-il, en campagne électorale, les candidats sont sur le terrain et rencontrent beaucoup de gens, « et on se fait dire qu’on va être invisibles une fois élus ». C’est pour cette raison qu’il a décidé de prendre la balle au bond et de répondre à la ligne directe de son bureau. Le mot s’est tellement répandu qu’il a reçu des téléphones de partout au Québec.

 « L’objectif est de sécuriser les gens. Pour le moment, l’aspect politique, stratégique est laissé de côté. Il faut donner la bonne information et répondre aux questionnements. »

Le député conservateur Richard Martel.

Richard Martel, Parti conservateur, Chicoutimi-Le Fjord

« Les gens ont des besoins à n’importe quelle heure, sept jours sur sept. C’est extrêmement important de prendre nos responsabilités », affirme d’entrée de jeu le député conservateur Richard Martel. Le plus important pour lui, en ce moment, est d’aider les citoyens, les diriger, les accompagner et discuter avec eux. L’interaction avec les employés de son bureau se fait à distance et des conférences ont lieu trois ou quatre fois par jour. « Les gens sont résilients. Ils comprennent la situation », dit Richard Martel, tout en reconnaissant que les fonctionnaires ont fait tout un travail pour répondre aux citoyens.

Les questions qu’il reçoit touchent principalement les différents programmes d’aide, tant pour les employés que les employeurs. « Ils écoutent, ils veulent savoir pour faire les meilleurs choix. »