La salle du conseil municipal de Saguenay était bondée lundi.
La salle du conseil municipal de Saguenay était bondée lundi.

Tir groupé contre GNL et Gazoduq

Une centaine de personnes se sont déplacées à la séance du conseil municipal de Saguenay, lundi soir, à la suite de l’invitation lancée par la Coalition Fjord. Le regroupement avait l’intention de dénoncer une résolution appuyant le mouvement Je crois en ma région, qui a finalement été adoptée à onze voix contre trois.

Avant l’ouverture des portes de l’hôtel de ville, le porte-parole de la Coalition Fjord, Adrien Guibert-Barthez, s’est adressé aux manifestants, porte-voix à la main. Il a invité les personnes présentes à poser des questions aux élus sur l’appui « un peu bizarre » à un organisme qui fait la promotion « d‘intérêts privés ». Le débat s’est rapidement transformé en un tir groupé contre les projets de GNL Québec et de Gazoduq.

M. Guibert Barthez a questionné la mairesse de Saguenay, Josée Néron, sur les raisons pour lesquelles elle investissait de l’argent public dans Je crois en ma région. Sa question a reçu de longs applaudissements des citoyens qui s’étaient déplacés.

« Le mouvement Je crois en ma région était nécessaire pour faire contrepoids à des messages qui venaient de l’extérieur », a répondu la mairesse, en sortant d’abord une feuille sur laquelle était inscrite sa réplique. Elle a d’ailleurs répété ce message à plusieurs personnes qui contestaient le bien-fondé des grands projets industriels, précisant qu’il n’était « pas question d’énergie fossile, mais de développement économique ».

Défendant malgré elle les grands projets industriels dans cette discussion polarisée, Josée Néron a rappelé qu’il fallait s’en remettre au BAPE (Bureau d’audiences publiques en environnement) et « faire confiance au gouvernement ». Quelques voix discordantes au discours de la Coalition Fjord se sont fait entendre pendant la période de questions. Pierre Charbonneau, l’instigateur d’une pétition de « plus de 11 000 noms » en appui aux projets industriels, a félicité les élus, qui, selon lui, ont le droit de « prendre position ».

Résolution adoptée

La résolution d’appui à Je crois en ma région a été présentée en fin de conseil et a été adoptée à la suite d’un vote. Trois conseillers ont voté contre son adoption, soit Jimmy Bouchard, Julie Dufour, et Simon-Olivier Côté. Kevin Armstrong était absent.

Simon-Olivier Côté, a tenté de jouer les médiateurs, proposant de tenir des séances d’information et de tenter de trouver des compromis entre les différents groupes qui se livrent parfois à un dialogue de sourds.

« Je ne vois pas l’importance, à ce stade-ci, d’appuyer un mouvement plus qu’un autre. Il y a des organismes et des citoyens qui posent des questions, et on ne donne pas beaucoup de suite », a affirmé le conseiller du centre-ville de Chicoutimi, demandant l’aide des fonctionnaires de la Ville pour tenir des consultations.

Son point de vue était partagé par Julie Dufour. « C’est très malaisant, a insisté la conseillère de Shipshaw. Nous devrions écouter plutôt que de promouvoir. En tant que conseillers élus, nous devons rencontrer tout le monde. Ceux qui ont des grands projets, mais ceux qui en ont des moyens et des petits aussi. »

Marc Pettersen a proposé de voter pour la résolution, mais d’arrêter de payer un salaire à Karine Trudel. « Je crois fermement à ma région, mais je crois que ça devrait se faire à coût nul. Si madame croit vraiment en sa région, qu’elle le fasse de façon bénévole ». Josée Néron lui a répondu que Promotion Saguenay, qui paie environ la moitié de son salaire, avait un conseil d’administration indépendant.

En mêlée de presse, Josée Néron a indiqué vouloir suivre l’exemple donné par les autres villes avec l’adoption de cette résolution. « Ayant été la métropole qui a voté son appui aux grands projets en juillet dernier, ça allait de soi d’appuyer ce mouvement. »

La citoyenne Mélanie Boucher, qui était à la tête de l’Association des contribuables de Saguenay, a questionné le président de Promotion Saguenay, Michel Potvin, sur l’argent qui avait été dépensé par Promotion Saguenay dans le mouvement Je crois en ma région, un organisme qui n’a pas d’existence légale.

Michel Potvin lui a répondu qu’ils avaient déboursé 8200 $ par mois depuis novembre, et que Promotion Saguenay avait une enveloppe annuelle de 100 000 $ pour faire la promotion des grands projets industriels.

+

UNE OCCASION À SAISIR, PENSE DOMINIC GAGNON

Le chef de l’Alliance Saguenay, Dominic Gagnon, voit du positif dans la manifestation de la Coalition Fjord, tenue lundi.

Il a affirmé, en marge du regroupement organisé au début du conseil, qu’il fallait saisir cette occasion pour être innovant et favoriser des projets qui mettent la technologie au service de l’environnement. «Il faut aller plus loin que le BAPE. Le BAPE, c’est le seuil de la pauvreté. On a l’occasion de se démarquer avec un projet d’économie circulaire», croit M. Gagnon.

Selon lui, cette manifestation de la Coalition Fjord était une bonne chose. «On ne peut pas être contre la vertu. Ils ont un message à lancer», a dit M. Gagnon.

Il a rappelé que le développement durable était un des piliers du programme politique de l’Alliance Saguenay.