Éric Lapointe est une véritable bête de scène. Il a enflammé la zone portuaire, hier, dans le cadre du Festival des bières du monde de Saguenay.

Terre conquise

L'amour réciproque entre le public régional et Éric Lapointe a connu un nouvel acte, hier, dans le cadre du Festival des bières du monde de Saguenay. La première note n'avait pas eu le temps de se volatiliser que la Zone portuaire s'enflammait au rythme de cette relation passionnelle et électrique qui unit le rockeur à ses fans, déplacés par milliers pour vivre une autre superbe soirée en sa compagnie.
Éric Lapointe s'avère un excellent partenaire, malgré son apparence de dur. Le rockeur a un coeur tendre. Un coeur qu'il livre à son public, comme une invitation à partager avec lui sa soif de vivre, et ce, sans compromis.
«Vous ne pouvez pas savoir à quel point c'est un plaisir pour moi d'être ici et je vous dis ça sincèrement... du fond de mon armure», a-t-il déclaré, reprenant ainsi les paroles de «Mon ange».
Très tôt, la bête de scène a mis le feu à la place. Mais avant, l'artiste a décidé de se mettre à nu, en interprétant «Homme sauvage» comme pièce d'ouverture. Ainsi, ses complices savaient d'ores et déjà à quoi s'en tenir avec lui. Et ils ont décidé de se livrer en lui, en retour.
Il a ensuite enfilé le classique Bopépine et son tendre succès Mon ange, avant de présenter soigneusement une nouvelle pièce, Désaccordée. «On écrit par besoin, on exprime des périodes de nos vies. Je pense que c'est l'une de nos plus belles chansons sinon la plus belle», a-t-il dit. Sa voix est rauque et d'une savoureuse profondeur.
Un moment d'extase collective a sans l'ombre d'un doute été l'interprétation de Terre promise, après une demi-heure de spectacle. Une pièce plus tard, Éric Lapointe dansait «un beau grand slow collé" avec les spectateurs.
Cet état d'euphorie n'a d'ailleurs jamais perdu de son intensité. À l'unisson, les spectateurs ont joué les choristes, que ce soit pour chanter les plus grands succès du chanteur ou pour lui témoigner leur appréciation de son nouvel album, Jour de nuit. «Je suis venu chanter avec vous. Un show, c'est un moment de partage, de communion», avait invité le chanteur, qui a même reçu un bout de fleurs d'une admiratrice.
Dans cette union libre figurent également des musiciens de grand talent, qui ont accompagné Éric Lapointe avec brio. Le rockeur semble carburer aux guitares lourdes qui résonnent parfois pour accompagner sa voix rauque, parfois pour interpréter des solos impressionnants.
À cela s'ajoutaient des jeux de lumière qui collaient parfaitement aux pièces, passant rapidement d'une ambiance tendre et suave à un intense orage.
Avant le spectacle, qui a pris son envol vers 22h10, de longues files d'attente étaient visibles à l'entrée du site. Certains y étaient depuis 14h, question d'être aux premières loges.
Au moment du départ du Progrès-Dimanche, la soirée était encore jeune et ô combien prometteuse. Fort est à parier que plusieurs manqueront inévitablement de voix à leur réveil.
La présence du chanteur à cette sixième édition du Festival des bières du monde de Saguenay était un grand coup des organisateurs. Pour une vingtaine de dollars, les festivaliers en ont eu pour leur argent et ont visiblement apprécié cette attendue visite de l'un des favoris de la région.
Le festival se conclut aujourd'hui, de 12h à 17h.