Le projet du Comité pour l'avenir du site de la Consol prévoyait l'utilisation de la berge pour les sports nautiques.

Terrain de la Consol: la cession à Saguenay annulée

Pour une deuxième fois, une entente pour la cession à Saguenay pour une somme symbolique de l'ancien terrain de la Consol à La Baie tombe à l'eau. Les discussions ont achoppé vendredi.
C'est ce qu'a confirmé le directeur principal des affaires publiques de Produits forestiers Résolu, Karl Blackburn, mercredi, lors d'un entretien téléphonique avec Le Quotidien.
« En octobre, on avait une entente de principe avec la Ville pour lui céder le terrain pour 1 $. C'est un terrain qui devait demeurer accessible à la population. Mais malheureusement, la semaine passée, on a mis fin aux discussions parce qu'on n'était pas arrivés à s'entendre sur les détails entre le protocole d'entente qui avait été signé puis la mise en oeuvre de ce protocole-là. Il est survenu des demandes différentes et on n'a pas été en mesure de concilier les demandes et c'est pour ça que la semaine passée, on a mis fin à ces discussions-là parce que ça n'aboutissait pas », a révélé le porte-parole de la compagnie forestière.
L'entente de principe avait été entérinée par le comité exécutif de Saguenay le 5 octobre dernier. La résolution autorisait le maire ou un de ses représentants à signer l'entente finale. Des mandats avaient été donnés à un arpenteur-géomètre et à une notaire pour préparer les documents finaux.
En novembre, Karl Blackburn avait affirmé au Quotidien que PFR songeait à organiser un événement formel pour la signature de l'accord. L'activité aurait pu prendre la forme d'une remise de plaque et se serait tenue en décembre. 
Visiblement, les négociations finales, qui devaient s'avérer une formalité, ont achoppé. Le porte-parole de PFR refuse cependant de dévoiler précisément ce qui a fait dérailler l'entente. 
« C'est au niveau de certaines responsabilités et des inquiétudes sur des éléments qui étaient soulevées par des gens de la Ville. Malgré l'ensemble des éléments qu'on fournissait, ça ne satisfaisait pas et c'est pour ça que, malheureusement, on a dû mettre fin aux discussions vendredi », a-t-il souligné.
Il est possible que les interrogations de Saguenay aient pu porter sur la décontamination du terrain qui abritait l'ancienne usine de papier de la Consol démolie en 2006. 
« Lorsqu'une usine est fermée, un processus rigoureux est mis en place. Tout ce qui a été prévu dans le plan a été fait. Il respecte les critères de niveau C pour un terrain industriel », a-t-il poursuivi, sans préciser que c'était bien ce qui était en cause. De plus, rappelons que Karl Blackburn avait déjà affirmé qu'il n'était pas question pour PFR de permettre à Saguenay de construire sur ce terrain des condominiums ou des propriétés résidentielles. 
Comme en 2010
En 2010, une entente avec AbitibiBowater était également devenue caduque. La compagnie, devenue depuis PFR, était alors tombée sous la protection de la Loi fédérale des arrangements avec les créanciers. Il avait alors été décidé par le juge responsable du dossier de chercher le meilleur prix pour le terrain. Le processus de vente était rendu aux évaluations environnementales avant d'avorter.
Un lot avait ensuite été vendu au coût de 500 000 $ à Rio Tinto la même année. C'est là que la multinationale installerait un bassin d'assèchement si son projet de dragage des fonds marins devant les quais Powell et Duncan est accepté par Québec. Le reste du terrain, divisé en quatre lots, est toujours demeuré la propriété de l'entreprise. Saguenay avait un temps songé à y installer l'usine de BioMatera, qui fabrique des polymères. L'initiative ne s'est jamais matérialisée.
Pas de projet avec PFR
Il n'est pas question pour Produits forestiers Résolu (PFR) de permettre au Comité pour l'avenir du site de la Consol (CASC) de réaliser son projet tant que l'entreprise demeurera propriétaire du terrain.
« On n'a pas intérêt à ça. Notre ''core business'', c'est l'industrie du bois. Nous ne sommes pas dans le tourisme et la villégiature », a répondu le porte-parole de PFR, Karl Blackburn, à la suggestion du Quotidien
Mardi, ce dernier a contacté Aline Lavoie, la présidente du CASC, pour la mettre au courant de l'abandon du processus de cession. 
Le comité de citoyens s'était réjoui à l'automne de l'acquisition du terrain par Saguenay. Le CASC avait d'ailleurs présenté son projet lors d'une rencontre à la mi-octobre. Il prévoyait un pavillon d'accueil, une rampe de mise à l'eau, un quai avec brise-lames pour les bateaux de pêcheurs, des sentiers pédestres, une piste cyclable, une tour d'observation, sans oublier du stationnement pour les automobiles. Le site aurait également compris trois bâtisses servant aux entreprises privées partenaires du projet. Le CASC avait même recruté en novembre trois vice-présidents prestigieux en Pierre Lavoie aux communications, Éric Dufour aux finances et Gilbert Grimard, aux infrastructures.
Le terrain est accessible depuis une entrée sur le boulevard de la Grande-Baie qui enjambe la piste cyclable. Des gens s'y stationnent pour s'adonner notamment au kitesurf sur la baie. « Le terrain est encore là. On va continuer à l'entretenir et payer nos taxes », a promis le porte-parole. En 2017, le montant à payer à la Ville est de 28 472 $. Le terrain est évalué à 1,59 million $.