Par les années passées, le site était envahi, comme sur cette photo de 2012, par les roulottes des campeurs illégaux.

Terminé le camping illégal

Terminé le déboisement illégal, les fêtes nocturnes bruyantes, les rejets d'eaux usées dans le lac Kénogami et l'intimidation... Les campeurs qui ont utilisé le site de la digue Ouiqui à Hébertville semblent chassés des lieux pour de bon.
Après des années de laxisme, les autorités municipales ont finalement adopté un nouveau règlement qui interdit le camping sur ce site depuis le 18 juillet dernier. Et pour que les bottines suivent les babines, des agents de sécurité sillonnent désormais le secteur pendant les fins de semaine. Près de 70 campeurs ont d'ailleurs dû rebrousser chemin, le week-end dernier.
«En ce moment, ça serait plein de campeurs si on n'avait pas bougé. Et les gens seraient peut-être même pas capables de débarquer un bateau, car les gens qui étaient là faisaient leur loi. Ils décidaient qui pouvaient débarquer leur bateau ou rester sur place. Quand on dit camping sauvage, le qualificatif s'applique terriblement. Et je suis polie», exprime la mairesse d'Hébertville, Doris Lavoie, rappelant que le site public sert de débarcadère et de plage publique.
Depuis des années, des campeurs se sont approprié ce petit paradis qui offre une vue imprenable sur le lac Kénogami et les montagnes. En plus de certains "saisonniers", des dizaines de campeurs arrivaient le vendredi sur le site pour passer la fin de semaine.
Mais la situation a rapidement dégénéré au fil des ans. Certaines personnes ont elles-mêmes déboisé le site pour faire entrer leur motorisé. En moins de quelques années, la taille de la plage a presque doublé, en raison de ces travaux.
Aucun règlement officiel n'interdisait leur présence, car selon la loi, les campeurs sont tolérés dans les territoires publics. Mais la loi stipule également que les villégiateurs ne doivent laisser aucune trace de leur passage.
«Ils se sont carrément construit une plage. Une personne a abattu 20 arbres pour faire entrer sa roulotte. La bande riveraine, au diable! Des gens ne se ramassaient pas non plus. Et les fêtes commençaient le vendredi et finissaient parfois le lundi matin, ce qui dérangeait les gens dans les chalets autour. Parce que l'eau est un grand conducteur de son», pointe la mairesse.
Pour ces raisons notamment, le gouvernement a donc autorisé la MRC Lac-Saint-Jean-Est à interdire le camping sur ce site. L'interdiction est cependant valide jusqu'au 15 septembre
«En ce moment, c'est un arrêté ministériel qui permet d'avoir une interdiction. Entre temps, la MRC va travailler un projet de réglementation qui va être déposé au ministère et qui normalement devrait entrer en vigueur pour la prochaine saison estivale», précise René Perron, directeur général d'Hébertville.
La réglementation, en vigueur depuis le début des vacances de la construction, porte déjà ses fruits. Lors du passage du Progrès-Dimanche sur les lieux, jeudi, aucun motorisé n'était sur place. Il n'y avait que des pêcheurs et des plaisanciers qui se préparaient à mettre à l'eau leur bateau. Deux jeunes familles, rencontrées à l'entrée du site, se préparaient toutefois à dormir sur les lieux dans une tente.