À plusieurs endroits au Québec, dont en Outaouais, les citoyens ont commencé à faire le grand nettoyage de leur maison. L'Association des microbiologistes du Québec met en garde les sinistrés contre les entrepreneurs qui pourraient avoir de mauvaises intentions.

Tendance à la hausse des apports naturels dans le lac

Quelque 95 résidences principales et une dizaine de chalets sont aux prises avec des problèmes d'inondation au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les secteurs les plus touchés sont Péribonka, Sainte-Jeanne-d'Arc et Saint-Ludger-de-Milot. La situation est surtout attribuable à la nappe phréatique qui a atteint des niveaux records.
endant ce temps, la température chaude et humide des prochains jours contribuera à rehausser les apports d'eau dans le lac Saint-Jean. Les probabilités qu'il dépasse les 18 pieds s'élèvent maintenant à 50%.
Le Piékuagami pourrait atteindre les 19 pieds en fin de semaine, dans une proportion de 15%, selon les plus récentes prévisions de Rio Tinto. Au-delà de 17,5 pieds, certains secteurs au pourtour de plans d'eau pourraient être aux prises avec des problèmes d'inondations. C'est lors de la journée de jeudi que ce seuil devrait être atteint.
« Nous constatons une tendance à la hausse des apports naturels qui se situe maintenant à 8800 m3/s. La fonte des neiges devrait amener une deuxième pointe de crue vers le 19 mai, se situant aux alentours de 9350 m3/s. Le lac Saint-Jean devrait atteindre un niveau maximal vers le 21 mai », mentionne Xuân-Lan Vu, conseillère en relations médias.
Elle ajoute que la compagnie a pris toutes les mesures possibles depuis mars dernier pour atténuer la situation. Parmi celles-ci, Rio Tinto a cessé la production de sa centrale de Chute-des-Passes. Tous les déversoirs fonctionnent aussi à plein régime. Mme Vu précise que Rio Tinto ne contrôle que 25% des apports au lac Saint-Jean, via la rivière Péribonka, et que 75% des apports sont non contrôlés. 
En cette période de pêche, Rio Tinto demande aux plaisanciers de faire preuve de prudence sur les eaux et aux abords des cours d'eau.
Mise en garde aux sinistrés
LOUIS TREMBLAY / L'Association des microbiologistes du Québec met en garde les personnes dont les propriétés ont été inondées au cours des derniers jours. Des entrepreneurs pourraient ne pas avoir l'expertise adéquate pour décontaminer complètement une résidence pendant les travaux de réfection pour permettre aux occupants de reprendre une vie normale.
L'association a jugé opportun de diffuser un communiqué de presse, lundi matin, en raison de la pression que les sinistrés pourraient subir de ces entrepreneurs qui voudront profiter de cette manne sans se soucier de la qualité du travail devant être réalisé. 
« Alors que le gouvernement du Québec prévoit verser 400 000 $ par jour pour aider les victimes d'inondation, l'Association des microbiologistes du Québec craint qu'une partie de cet argent profite à des entrepreneurs peu scrupuleux qui posent de faux diagnostics de moisissures et de champignons pour soutirer des milliers de dollars à leurs clients. Sans même effectuer les analyses requises en laboratoire pour poser les bons diagnostics, des entrepreneurs sans expertise en microbiologie profitent de l'inquiétude des gens pour les frauder. En plus de payer pour des services peut-être inutiles, certains clients pourraient se retrouver sans le savoir avec un problème de contamination non réglé pouvant causer des problèmes de santé », précise la mise en garde de l'association.
Une maison peut sembler bien rénovée et ce n'est qu'une année ou deux après les réparations à la suite des inondations que les problèmes surviennent. Ce sont souvent des champignons qui prolifèrent dans les murs parce que le nettoyage n'a pas été réalisé avec les bonnes techniques pour enrayer définitivement le risque de propagation des champignons. Les occupants de la maison sont alors exposés à des risques importants pour leur santé.
« La facilité avec laquelle à peu près n'importe qui peut offrir des services spécialisés en décontamination est déconcertante. Cela ne contrevient à aucune loi, puisque le titre de microbiologiste ne fait l'objet d'aucun contrôle. Depuis 2013, notre association tente de colmater cette brèche en collaborant avec l'Office des professions pour l'élaboration d'un encadrement professionnel. Notre intérêt pour les éléments à l'échelle moléculaire nous a naturellement amenés à travailler plus particulièrement avec l'Ordre des chimistes qui partage nos préoccupations. Si besoin était, les inondations des dernières semaines rappellent l'urgence d'agir dans ce domaine », a déclaré dans le communiqué le président de l'Association des microbiologistes du Québec, Patrick D. Paquette.
Saint-Gédéon se prépare
ISABELLE TREMBLAY / Saint-Gédéon est en mode proaction. Depuis dimanche, la municipalité déploie son plan de mesures d'urgence pour être prête à faire face à la musique si le niveau du lac Saint-Jean atteignait des niveaux trop élevés vers la fin de la semaine. À ce jour, aucun problème d'inondation n'est survenu dans ce secteur.
Lundi matin, un arpenteur-géomètre a été mobilisé pour faire une tournée de la localité et identifier les secteurs les plus susceptibles d'être menacés par la crue printanière.
La municipalité rencontrera les propriétaires riverains et les représentants des 19 chemins privés mardi soir, à la mairie de l'endroit, pour faire le point sur la situation.
« Il n'y a pas lieu d'apeurer la population, mais nous préférons nous préparer à toute éventualité. Nous avons commandé 25 000 sacs de sable et les génératrices sont prêtes à être installées », mentionne le maire, Jean-Paul Boucher.
Ce dernier se montre rassurant. Le but de la démarche de la localité est d'assurer la sécurité de la population.
« Nous effectuons un suivi très serré avec la Sécurité civile et Rio Tinto. Nous voulons rassurer les gens. Tout est prêt si jamais il se produisait quelque chose. »