Temps durs pour les résidences privées

Dix résidences privées pour aînés ont fermé leurs portes au Saguenay-Lac-Saint-Jean au cours des cinq dernières années. Pendant la même période, seulement sept nouvelles auront ouvert leurs portes. La tendance à l’échelle québécoise dénote moins de résidences, mais plus d’unités locatives. Un constat qui s’applique également à la région.

« Le Saguenay-Lac-Saint-Jean compte plusieurs petites résidences. C’est un modèle qui, si rien ne change, risque de disparaître. Ces petites résidences sont nécessaires aux aînés qui ne veulent pas aller vivre en grands centres ou dans de grandes résidences », soutient la directrice générale adjointe du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), Chantal Saint-Onge.

Les membres du RQRA se réuniront, jeudi en avant-midi, à l’Hôtel Universel d’Alma. La viabilité des résidences pour aînés sera au cœur des discussions entre les membres et les représentants du RQRA.

« La tournée permet de faire part de l’avancement des différents dossiers au niveau des représentations gouvernementales. C’est également l’occasion d’entendre les préoccupations et les questions de nos membres. Nous pouvons échanger sur différents sujets. Il s’agit de rencontres très riches », explique celle qui se trouvait en Beauce, mercredi, dans le cadre du troisième arrêt de la tournée.

Au Québec, 450 fermetures de résidences pour aînés ont été recensées au cours des cinq dernières années, dont plusieurs au cours des derniers mois.

Sans grande surprise, la pénurie de la main-d’œuvre n’échappe pas à ce secteur. Mme Saint-Onge souligne que le travail en résidence privée est souvent, à tort, associé à celui dans le réseau public. « De notre côté, il s’agit de préposés aux résidants. Les soins ne sont pas de la même nature. Le contact avec les aînés est plus présent. On se retrouve dans une dynamique plus familiale. C’est ce que nous tentons de mettre à l’avant alors qu’on se retrouve en compétition avec le réseau public qui n’offre pas les mêmes conditions salariales », affirme-t-elle.

N’ayant accès à aucune subvention gouvernementale, les résidences privées espèrent une modification des crédits d’impôt pour maintien à domicile des aînés. Mme Saint-Onge suggère une bonification des crédits autant au niveau de leur valeur que de leur application. « En ce moment, le crédit est disponible à 70 ans. Il pourrait plutôt être accordé selon les besoins, les services requis, l’autonomie et les revenus. Cela permettrait d’associer l’argent aux besoins. L’aîné pourrait payer les services dont il a besoin en résidence. Cela permettrait aux résidences d’avoir un revenu pour maintenir les opérations », ajoute-t-elle.

La récente réglementation quant à l’installation de gicleurs dans les résidences existantes s’ajoutera aux discussions de l’événement almatois de l’organisme à but non lucratif qui compte plus de 750 membres.