Un regroupement de plusieurs garderies privées de la région s’est créé pour faire valoir ses droits et militer pour de meilleures conditions de travail.

Temps difficiles pour les garderies privées non subventionnées

Trop, c’est trop. Un regroupement de propriétaires de garderies non subventionnées voit le jour, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour dénoncer les « injustices » auxquelles elles font face au quotidien et encore plus depuis l’annonce de l’implantation des maternelles quatre ans. Le regroupement a rencontré plusieurs élus, mardi matin, pour tenter de changer les choses.

Rencontrés dans la garderie L’Univers des tout p’tits, à La Baie, les six propriétaires de garderies de la région venaient de rencontrer les responsables des bureaux provinciaux de Roberval, du Lac-Saint-Jean, de Chicoutimi et de La Baie.

« On a exactement le même permis d’exploitation que les CPE et les garderies subventionnées. Nous avons nous aussi des inspections. Pour ouvrir notre garderie, au départ, nous avons nous aussi dû faire affaire avec le ministère de la Famille. Nos plans, nos programmes éducatifs sont approuvés et la qualification des éducatrices est la même que dans les CPE et les garderies subventionnées. Pourtant, la croyance veut que notre qualité soit moins bonne », a indiqué Virginie Cleary, propriétaire de la garderie Les étoiles du parc, à Chicoutimi.

Les garderies privées non subventionnées n’ont pas droit aux subventions que les autres types de services de garde reçoivent. Selon Mme Cleary, en CPE et en garderie subventionnée, le ministère de la Famille accorde plus de 60 $ pour un enfant de 18 mois et plus et environ 80 $ pour un poupon, chaque jour. En garderie non subventionnée, le Ministère calcule qu’une journée vaut 36,53 $ par enfant, peu importe l’âge.

Les propriétaires de garderies non subventionnées Virginie Cleary, Jenny Lapointe, Raynald Fradette, Marie-Christine Brassard, Nadia Boudreault et Marie-France Côté ont rencontré les députés provinciaux de la région pour leur faire comprendre leur réalité.

Maternelles 4 ans

Le regroupement se sent trahi par les impacts annoncés à la suite de l’implantation des maternelles 4 ans. « On dit que la maternelle quatre ans n’aura pas d’impact dans les CPE, parce que les places qui vont être libérées par les enfants qui quitteront pourront être prises par les enfants qui vont présentement dans des garderies non subventionnées », a affirmé la propriétaire.

Selon des chiffres avancés mardi matin par les responsables, on calcule que 60 garderies non subventionnées fermeront leurs portes au Québec à la suite de cette nouvelle mesure. Pour alléger la situation, on proposerait que les éducatrices qui perdent leur emploi soient engagées par les commissions scolaires. « Nous sommes des entrepreneurs qui ont investi du temps et de l’argent et qui ont mis toute leur passion dans leur entreprise », a laissé tomber Mme Cleary.

La différence monétaire amènerait aussi les garderies non subventionnées à avoir des problèmes de personnels. Elles n’arrivent pas à payer les éducatrices au même prix que les CPE et elles finissent par quitter. Dans les derniers mois, plusieurs services ont fermé leurs portes en raison du manque de personnel qualifié.

En plus, le gouvernement Legault aurait prévu retirer, en quatre ans, la modulation de frais de garde qui leur permet présentement d’avoir un tarif avantageux.

Les propriétaires n’en peuvent plus. Mme Cleary a répété : « Avec toutes les nouvelles normes, nous avons la même qualité que les autres services de garde et il y a des choses qui doivent changer. »

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DEUX DEMANDES FORMULÉES DEVANT LES ÉLUS

Le regroupement de propriétaires a formulé deux demandes devant les élus. Il souhaite que le gouvernement subventionne leurs places ou qu’il augmente le plafond à 53 $ par jour pour les remboursements mensuels anticipés. 

Virginie Cleary estime que ces demandes sont légitimes et qu’elles permettraient aux garderies de faire de petits miracles.

Selon elle, la loi ne permet pas, pour l’instant, de changer les garderies non subventionnées à titre de subventionnées. Même s’ils doivent suivre les mêmes normes, elles n’ont pas les mêmes avantages que les centres de la petite enfance. « C’est comme si on est une entreprise publique dans le sens qu’on a des comptes à rendre de tous les cotés, mais on est privés et on n’a pas les moyens pour être capables de survivre », a continué la propriétaire.

Si ce n’est pas possible, le regroupement aimerait que les remboursements mensuels maximums soient augmentés et qu’il se rapproche davantage du montant que les CPE et les garderies subventionnées reçoivent. « On offre la même chose ! », a-t-elle répété. 

La propriétaire a senti qu’il y avait une ouverture chez les élus qu’elle a rencontrés.