Mario Simard et Alexis Brunelle-Duceppe, députés du Bloc québécois dans Jonquière et dans Lac-Saint-Jean, promettent de talonner le gouvernement libéral afin de répondre de façon «immédiate et sans équivoque» aux nouveaux tarifs douaniers imposés par les États-Unis.
Mario Simard et Alexis Brunelle-Duceppe, députés du Bloc québécois dans Jonquière et dans Lac-Saint-Jean, promettent de talonner le gouvernement libéral afin de répondre de façon «immédiate et sans équivoque» aux nouveaux tarifs douaniers imposés par les États-Unis.

Tarifs douaniers sur l’aluminium : les députés bloquistes vont talonner le gouvernement libéral

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
Alexis Brunelle-Duceppe et Mario Simard exigent une réponse «immédiate et sans équivoque» aux nouveaux tarifs douaniers imposés par les États-Unis. Les députés régionaux du Bloc québécois (BQ) promettent de talonner le gouvernement libéral sur le dossier à la Chambre des communes, la semaine prochaine.

Mario Simard, député de Jonquière et porte-parole en matière de ressources naturelles, et Alexis Brunelle-Duceppe, député de Lac-Saint-Jean, réitéreront trois demandes du Bloc québécois lors de la période de questions à Ottawa, mercredi.

Les nouveaux tarifs douaniers de 10% imposé par le gouvernement Trump doivent entrer en vigueur le 16 août.

Les bloquistes revendiquent l’imposition immédiate de contre-tarifs douaniers. Ils réclament également que l’argent des contre-tarifs soit investi dans la modernisation et la transformation de l’aluminium au Québec. Finalement, ils veulent connaître l’état des sommes prélevées lors du dernier conflit, leur usage, et demandent que les sommes résiduelles soient réservées au secteur de l’aluminium au Québec.

Alexis Brunelle-Duceppe et Mario Simard, députés du Bloc Québec dans Lac-Saint-Jean et dans Jonquière, promettent de talonner le gouvernement libéral afin de répondre de façon «immédiate et sans équivoque» aux nouveaux tarifs douaniers imposés par les États-Unis. Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

«Il faut répondre de façon musclée et intelligente. On espère fortement que le gouvernement va entendre la voix du Bloc, comme il l’a entendu dans le passé», affirme Mario Simard.

«Mario et moi n’allons attendre des libéraux que deux engagements et une réponse: répliquer avec fermeté à Washington, utiliser l’argent des contre-tarifs pour supporter l’aluminium d’ici et nous dire une fois pour toutes ce qu’ils ont fait avec les millions de dollars qui dorment depuis 2018 quelque part dans les méandres du gouvernement fédéral. Si on veut jouer à armes égales avec les États-Unis, on doit se donner les moyens de le faire et on les a», estime Alexis Brunelle-Duceppe.

En mai 2018, le Canada avait répliqué aux tarifs douaniers sur l’aluminium imposés par les Américains avec des contre-tarifs. «Contrairement à ce que le gouvernement Trudeau avait promis, l’argent amassé n’a jamais été réinvesti dans le secteur de l’aluminium, pourtant pénalisé par les mesures américaines», affirment les bloquistes.

Fiers des impacts du combat mené avec différents acteurs régionaux dans le dossier de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACÉUM) en mai 2018, les deux députés espèrent un nouveau consensus régional fort.

«Trouver une solution viable, ça passe par un consensus fort. Le succès qu’on a eu avec l’ACÉUM, c’est grâce à un partenariat régional», conclut Mario Simard.

 «Attaquer là où ça fait mal», dit Gaudreault

Le député de Jonquière Sylvain Gaudreault qualifie de «carrément inacceptable» la stratégie «bassement» électoraliste de Donald Trump d’imposer des tarifs sur l’aluminium. Il demande à François Legault «d’attaquer là où ça fait mal». 

«Ce n’est que pour renforcer son vote dans une région où il est le plus fort», a-t-il déclaré au Progrès. 

C’est pourquoi il croit que le gouvernement du Québec doit insister auprès de Justin Trudeau pour qu’il mette en place des représailles. Sylvain Gaudreault suggère de cibler des produits dans les États les plus à risque de passer chez les démocrates ou chez les républicains. 

Il suggère les produits agricoles du Wisconsin et du Michigan, ce qui, en plus, pourrait «faire plaisir à nos agriculteurs».

«Il faut atteindre les Américains dans le coeur», a martelé le candidat à la chefferie du Parti québécois. 

Selon lui, il faut faire prendre conscience que les tarifs imposés vont faire augmenter le coût de certains biens, donc le coût de la vie, dans le contexte actuel de la COVID-19.

Sylvain Gaudreault est en contact constant avec le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida, Donat Pearson, de même qu’avec Jean Simard, président de l’Association de l’aluminium du Canada. Mélanie Côté

Anglade demande une cellule de crise

« Ça prend un leadership assumé et je ne le sens pas actuellement. » La chef du Parti libéral du Québec (PLQ) et de l’Opposition officielle, Dominique Anglade, demande au gouvernement de François Legault de mettre en place une cellule de crise pour gérer l’imposition des tarifs douaniers sur l’aluminium. 

En entrevue avec Le Progrès, vendredi, elle a rappelé qu’elle avait déjà fait cette demande lorsque Rio Tinto avait mis sur la glace deux investissements majeurs dans les usines du Saguenay–Lac-Saint-Jean. 

« Il est impératif, dans le contexte actuel de la COVID-19, avec le nombre d’emplois et de familles touchés, d’aller de l’avant avec une cellule d’élus, d’experts et de syndicats pour réfléchir à la situation actuelle. C’est un secteur avec beaucoup d’incertitudes et il est plus que temps que ce soit fait », a-t-elle dit, ajoutant qu’une cellule de crise permettrait de mobiliser et de coordonner les acteurs. 

L’idée de nommer un négociateur a aussi été avancée par Mme Anglade. Elle a rappelé le travail effectué par Raymond Chrétien, qui, en octobre 2016, avait reçu le mandat de négociateur en chef du Québec pour le bois d’oeuvre et le papier journal. Son mandat s’était étendu aux secteurs de l’acier et de l’aluminium en mars 2018.

« À l’époque, il était au front et ç’a fait toute la différence. »

Mme Anglade s’est d’ailleurs entretenue avec Donat Pearson, président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida, jeudi, pour lui assurer son soutien. Mélanie Côté