Dominic Gagné, propriétaire de l’agence d’animation Tantalou, espère sauver son entreprise en offrant un nouveau service de préposés à la surveillance.
Dominic Gagné, propriétaire de l’agence d’animation Tantalou, espère sauver son entreprise en offrant un nouveau service de préposés à la surveillance.

Tantalou tente de se sortir de la crise

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
L’agence d’animation Tantalou tente de se sortir de la crise en mettant sur pied un service de préposés à la surveillance. L’initiative vise à garder au travail plusieurs employés contractuels sans revenus depuis le 13 mars et, par le fait même, à sauver l’entreprise dont la survie est menacée.

« On essaie de se réinventer », confirme Dominic Gagné, propriétaire de l’agence d’animation qui fait de l’événementiel.

L’agence propose maintenant le service de personnel prêt à accueillir les clients et à s’assurer qu’ils respectent les règles de distanciation sociale. Les préposés pourront veiller au lavage des mains, au respect de la distance et de l’ordre dans une file d’attente, par exemple.

« Les agents de sécurité protègent les lieux et les personnes, ils sont débordés en ce moment. Nous, on offre un service poli et courtois aux entreprises qui veulent faire respecter les règles de distanciation. On veut que ce soit convivial, que les gens soient bien accueillis. On veut le faire de façon professionnelle, avec politesse et courtoisie. »

Dominic Gagné a eu cette idée après avoir été récemment témoin de façons de faire moins agréables, lors de visites dans certains commerces.

L’agence d’animation Tantalou a mis sur pied un nouveau service afin de répondre aux besoins des commerces et de faire travailler les pigistes qui oeuvrent pour elle.

« On a l’habitude de surveiller des jeux gonflables, de faire respecter des files d’attente, de composer avec des dizaines de personnes à la fois. Ça prend beaucoup de doigté et on a une base déjà. Quand on engage des contractuels, ça devient une dépense pour l’entreprise, c’est donc déductible d’impôts, ce qui peut être avantageux. »

Jusqu’à maintenant, 25 des 60 employés de l’entreprise se sont montrés intéressés à se lancer. Ils porteront gants et masques à l’effigie de l’entreprise, selon les ententes intervenues avec les clients.

Dominic Gagné ne s’en cache pas, il met le service en branle afin de tenter de sauver son entreprise. L’an dernier, l’agence avait élargi ses horizons afin d’offrir plus que du maquillage pour enfants et de la sculpture de ballons. « On est devenu une agence de personnel dans le domaine du divertissement. »

Tantalou a perdu tous ses contrats avec l’apparition de la COVID-19. « Notre agenda était plein avec Pâques, les festivals, les salons, les centres d’achats. Là, l’agenda est vide. On est durement affecté par la crise. Avant qu’on puisse maquiller à nouveau des enfants, ça va être long. Ça va aussi être long avant que les matchs des Sags reprennent et c’était notre plus gros contrat. On essaie de sauver l’agence qui existe depuis près de 30 ans. »

L’entreprise de Dominic Gagné ne peut recevoir d’aide du gouvernement ou de prêt de la caisse actuellement. Comme il occupe un travail dans un autre domaine, il n’est pas admissible à d’autres types d’aide.

Depuis près de 30 ans, l’agence d’animation Tantalou embauche des jeunes de 15 à 35 ans afin d’animer différents événements.

« On répond aux chiffres nécessaires en terme de masse salariale. Le problème, c’est que nos employés sont contractuels. Et ça, il n’y a pas de case pour ça quand on remplit les demandes. Le logiciel pose une question à laquelle nous ne pouvons pas répondre. C’est une faille dans le système. C’est frustrant de se voir refuser l’aide à cause d’une formalité. Une subvention pourrait sauver l’entreprise, affirme-t-il. On se sent abandonnés. On tombe entre deux chaises. C’est toute une institution qui pourrait disparaître. On ne veut pas lâcher. Plus de 600 jeunes de 15 à 35 ans ont travaillé pour nous, au fil des ans. Qu’en serait-il si on perdait les services d’animation en région ? »