La grande récolte de bouteilles Rotary s’est déroulée pendant sept jours dans les marchés Métro DB de Dolbeau-Mistassini et Saint-Félicien. Ce sont plus de 60 bénévoles qui se sont impliqués au-delà de 600 heures pour cette collecte, qui a permis d’amasser un total de 11 700 $.
La grande récolte de bouteilles Rotary s’est déroulée pendant sept jours dans les marchés Métro DB de Dolbeau-Mistassini et Saint-Félicien. Ce sont plus de 60 bénévoles qui se sont impliqués au-delà de 600 heures pour cette collecte, qui a permis d’amasser un total de 11 700 $.

Système de consigne: les récoltes caritatives à la rescousse des épiceries?

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
La grande récolte de bouteilles Rotary qui s’est terminée le 20 mai dernier dans les marchés Métro DB de Dolbeau-Mistassini et Saint-Félicien a permis d’amasser un total de 11 700 $. Le but de la campagne était de permettre à la communauté de se départir de leurs canettes et bouteilles vides tout en contribuant pour une bonne cause. Un tel système pourrait-il être viable à long terme?

Les gens pouvaient remettre en totalité ou en partie le montant de leurs consignes. Ils avaient même l’option de garder l’argent pour eux.

Pour Dany Boutin, copropriétaire des deux épiceries Métro D.B., cette initiative ouvre la porte pour une certaine réflexion sur l’avenir du système de consigne et la façon que l’on récupère les produits embouteillés.

« Instaurer un centre de récupération dans nos villes qui profiterait entres autres à nos organismes. Ça serait ça l’objectif. »

Bien conscient que cette initiative est encore au stade embryonnaire, il croit qu’il est grand temps d’envisager ce type de projet, alors que la récupération des bouteilles devient problématique pour plusieurs épiciers.

« Le gouvernement est en train d’élargir la récupération des bouteilles, et nous comme marchands, faire la récupération de bouteilles est une chose, mais faire de la récupération de bouteilles de masse alors que ce n’est pas l’obligation pour tous est une toute autre chose. Ça devient problématique. Ça veut dire que Canadian Tire, Walmart, Costco, ou les pharmacies peuvent tous vendre de la consigne, mais n’ont pas l’obligation de la récupérer. Et là, on va inclure les SAQ », déplore-t-il.

Dans la MRC de Maria-Chapdelaine, les dons ont été remis à l’Association des familles monoparentales et recomposées de Maria-Chapdelaine (AFMR). - Photo Courtoisie

Il ajoute que pour les épiceries, l’enjeu numéro un demeure la salubrité. « Où ça nous crée un problème, c’est que le volume grossit et souvent ce sont des bouteilles qui ne sont pas nettoyées, donc lorsqu’elles sont entreposées sur une période de temps importante comme en été, ça produit des bactéries et attire les insectes. »

Il ajoute qu’en période de pandémie comme celle vécue actuellement, la situation devient plus difficile à gérer. « On nous demande de contrôler les entrées et les sorties et de garder le plus d’espaces libres nécessaires. En plus de ça, la salubrité est remise en question. »

Il rêve de voir des activités communautaires financées à même les fonds recueillis par les collectes de cannettes et bouteilles vides. « On le dit au gouvernement qu’il y a plein de beaux exemples partout au Canada où la récupération des bouteilles se fait dans un centre de tri et que l’argent est remis à des organismes locaux. »

Nancy Guillemette

Pour la députée de Roberval, Nancy Guillemette, l’idée de récolter les contenants consignés tout en amassant des dons pour les organismes communautaires est une avenue à envisager.

« Dans le contexte où on est présentement considérant qu’ils vont avoir un gros manque à gagner à cause qu’ils ne font plus de campagnes de financement, ça devient très intéressant pour eux et pour le commerçant aussi. »

Encore faudra-t-il que le milieu se mobilise et s’organise. Même si elle trouve le modèle intéressant, elle sait très bien que l’enjeu du bénévolat représente un défi de taille.

Quelque 226 000 bouteilles, canettes et autres contenants consignés ont été ramassés lors de la grande récolte de bouteilles Rotary.

Elle reconnaît aussi que la situation n’est pas évidente pour les épiceries actuellement, elles qui doivent gérer leur espace et respecter des normes de salubrité élevées.

« Là, c’est facile, car c’est l’été, observe Nancy Guillemette. On peut faire des collectes dehors. Pour l’hiver, il faudrait que ça devienne un projet presque communautaire pour que les municipalités ou entrepreneurs prêtent un garage ou un local pour faire ça, et que ça soit des bénévoles qui s’en occupent. Mais il n’y a rien de défini pour l’instant. Ce modèle pourrait faire partie d’un nouveau modèle. Je sais que Recyc-Québec a trouvé ça intéressant. »

Red Champagne

Copropriétaire de la compagnie Breuvages Red Champagne située à Dolbeau-Mistassini, Frédéric Simard croit que l’énigme des consignes n’est pas facile à résoudre.

« Pour une entreprise comme nous qui faisons notre propre transport, car on va chercher les breuvages Coca-Cola et Red Champagne qui sont embouteillés dans le coin de Montréal, ça nous permet d’avoir quelque chose à remettre dans nos camions. On monte avec les canettes vides à Montréal et on redescend avec des liqueurs pleines. »

Il reconnaît que de se retrouver du jour au lendemain avec des centres de dépôt pourrait lui faire perdre une certaine rentabilité. « On ne se le cachera pas, il y a un profit à faire. Pas beaucoup ces jours-ci, car l’aluminium ne vaut pas très cher, mais il y a quand même un profit relié à ça. »

Il se dit tout de même sensible à la cause des épiceries. « On comprend les épiceries de ne plus trop vouloir en ramasser. Elles sont dans l’alimentaire, des produits qui sont propres, mais elles doivent ramasser des contenants sales et qui coulent. »

Il mentionne aussi que les citoyens peuvent venir porter leurs contenants vides consignés directement à l’entrepôt dolmissois. « Les gens viennent ici porter leurs sacs de canettes. (…) On les rembourse ensuite en argent. »

Le service est encore offert, mais tous les contenants doivent être préalablement triés et mis dans les sacs transparents réglementaires.