Infirmière de profession, gestionnaire de carrière et commissaire aux plaintes au CSSS de Chicoutimi pendant neuf ans, Sylvie Bélanger a récemment accepté la fonction de protectrice de l'élève pour les commissions scolaires De La Jonquière, du Lac-Saint-Jean et du Pays-des-Bleuets.

Sylvie Bélanger, nouvelle protectrice de l'élève

Tout récemment, les commissions scolaires De La Jonquière, du Lac-Saint-Jean et du Pays-des-Bleuets ont annoncé la nomination de Sylvie Bélanger à titre de protectrice de l'élève, une fonction méconnue, mais essentielle au Québec en vertu de la Loi sur l'instruction publique. Ce n'est pas un hasard si la nouvelle titulaire du poste a été choisie. Cette ancienne cadre supérieure du réseau de la santé a agi, pendant neuf ans, comme commissaire aux plaintes au CSSS de Chicoutimi, une fonction exclusive et indépendante, assortie d'un pouvoir d'enquête et étroitement liée à celle dont elle vient tout juste d'hériter. Survol du rôle de la nouvelle ombudsman des élèves et des écoliers de la région.
Sylvie Bélanger dit avoir toujours eu beaucoup de respect pour les gens qui osent exprimer leur insatisfaction. Ces voix, en faveur de la défense des intérêts de ceux et celles qui évoluent entre les murs de grandes organisations publiques, pavent la voie à des améliorations et à des changements de culture souvent significatifs.
C'est avec ce leitmotiv en tête que la nouvelle protectrice de l'élève amorce son mandat de trois ans. Il y a quelque chose de noble dans la fonction, laquelle a essentiellement pour but d'intervenir lorsqu'une plainte ne trouve pas d'issue auprès de la direction d'un établissement ou de la commission scolaire.
« La fonction peut faire peur. Les gens ont l'impression de se faire prendre en défaut. Mais je ne travaille pas pour trouver un coupable, je travaille pour trouver une solution », met en contexte celle qui devient l'ombudsman de trois commissions scolaires de la région. La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay fait cavalier seul avec son propre protecteur.
La protectrice de l'élève rappelle que toute une procédure a été mise en place pour que les parents d'élèves, s'ils sont mineurs, puissent exprimer leurs doléances. Les demandes sont traitées de façon impartiale, indépendante et confidentielle.
« Les gens s'adressent à moi en fin de processus, quand les recours ont été épuisés. On ne communique pas avec le protecteur de l'élève pour n'importe quoi non plus et il faut le préciser », poursuit Sylvie Bélanger, qui, dans le cadre de son travail, doit s'assurer du respect des codes d'éthique en place, des règlements et de divers aspects déontologiques. Au cours des prochaines semaines, elle entend expliquer son rôle aux intervenants concernés et rappeler qu'elle est là pour intervenir lorsqu'une personne est insatisfaite de l'examen de sa plainte ou du résultat de cet examen.
« Je suis dans la chaise du protecteur du citoyen. Je ne suis ni juge ni justicier et je ne suis pas l'avocate du plaignant. J'ai le devoir d'examen des deux côtés du litige, d'apprécier les torts, s'il y a lieu, et de recommander des moyens pour régler ce litige », résume-t-elle. La protectrice de l'élève a un pouvoir de recommandation et non de décision. Elle relève du conseil des commissaires.
Enquête
Tout un travail d'enquête est associé au rôle de protectrice de l'élève, une tâche avec laquelle la titulaire du poste est familière, elle qui recevait environ 400 dossiers par année à titre de commissaire aux plaintes au CSSS de Chicoutimi. Pour apporter un éclairage neutre à une situation, en ayant toujours à l'esprit le respect des droits de l'élève, il est parfois nécessaire de questionner les mécanismes en place et la Loi sur l'instruction publique fournit un cadre légal pour le faire. La protectrice doit s'assurer que la plainte n'est ni frivole ni vexatoire. Elle a aussi l'autorité pour la rejeter, s'il y a lieu.
« J'ai un pouvoir de persuasion, mais il est basé sur le sérieux de mon enquête. Si mon enquête n'est pas faite de façon rigoureuse et étoffée, les intervenants ne me croiront pas. C'est subtil comme travail. Il faut que ça paraisse que j'ai exercé mon jugement. Tout cela doit s'appuyer sur une enquête rigoureuse, sur des faits. Il ne faut pas regarder juste un côté de la médaille et il faut avoir une bonne capacité d'écoute. Les habiletés relationnelles et de jugement sont très importantes, et elles sont parfois plus difficiles à acquérir que les habiletés techniques », signale la protectrice de l'élève.
Elle souhaite partir sur de nouvelles bases
La nouvelle protectrice de l'élève n'a pas souhaité consulter les documents relatifs aux plaintes soumises antérieurement. Elle veut s'approprier le rôle et l'aborder avec un oeil nouveau, sans aucun biais. Sylvie Bélanger a demandé un téléphone cellulaire de fonction, qu'elle entend réserver exclusivement à l'usage de sa nouvelle fonction. Déjà, il s'est mis à sonner et la protectrice de l'élève travaille à la résolution de certains conflits, dont elle ne peut dévoiler la nature.
À la Commission scolaire De La Jonquière, 23 plaintes ont été traitées par le protecteur de l'élève au cours des deux dernières années. Sur les 16 requêtes de parents soumises en 2015-2016, un seul dossier a fait l'objet de recommandations aux instances de la Commission scolaire. Aucun événement n'était en lien avec l'intimidation.