Le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault.

Sylvain Gaudreault: «Pas capable de me rentrer dans la tête d’imaginer la région sans Le Quotidien»

« Je ne suis pas capable de m’imaginer une région comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean sans Le Quotidien. Moi, ça ne me rentre pas dans la tête. Bien sûr, il y a un enjeu d’emploi parce qu’il y a des dizaines de personnes qui travaillent au Quotidien, que ce soit des journalistes, des photographes, des adjoints, des monteurs. Mais il y a aussi la question de la diversité de l’information, la question de l’enjeu de l’information auprès des citoyens, de l’information de qualité, de l’information professionnelle, la question aussi de la mobilisation des gens, parce que vous savez quand on a un journal comme Le Quotidien, les gens lisent ça, ça les informe sur les enjeux locaux, etc. Je ne suis pas capable de me rentrer dans la tête d’imaginer la région sans Le Quotidien, donc il faut que le gouvernement du Québec trouve une solution rapide. »

« Il y a à la fois une solution à court terme et il y a une solution à long terme. Une solution à court terme, ça peut être une aide, effectivement pour payer des comptes, payer les employés, payer l’impression. Mais une solution à long terme, c’est de voir comment on s’assure d’une diversité et d’une présence des médias sur le territoire. Est-ce que ça peut être par des crédits d’impôt, par un soutien à la transition électronique ? C’est de ça qu’on a besoin à long terme. Mais il faut qu’on arrête de patcher les trous et qu’on assure l’avenir des médias dans les régions. [...] À long terme, il faut trouver une solution aussi sur les revenus publicitaires. » Propos retranscrits par pascal girard

Josée Néron, Mairesse de Saguenay

+ « Un service essentiel», dit Josée Néron

« C’est sûr que pour moi, l’actualité locale, c’est un service essentiel. On ne pourra jamais comparer la couverture par un journaliste qui vit dans sa ville, qui vit dans un milieu, à celle d’un journaliste de l’extérieur qui même avec toute sa bonne foi, essaie de composer et de rendre toute l’information, toute la situation, de la retranscrire, de la transmettre à sa clientèle. »

« Ce que je trouve intéressant par exemple, c’est que M. Legault s’est montré ouvert à assurer une aide pour tout le monde des médias. Ce qu’il faut quand même considérer, c’est que le monde des médias vit en ce moment un repositionnement sans précédent pour pouvoir espérer un maintien de l’information locale. Je crois que le gouvernement doit assurer une aide pour assurer la transition. »

« [Une fermeture du Quotidien], ce serait comme si ce qui se passe au niveau de notre ville, on n’aurait plus moyen de pouvoir le communiquer à la population. Qu’on le veuille ou pas, si on fait une conférence de presse [...], et que je n’ai plus de Quotidien, de journal local ou de médias locaux, à ce moment-là, ma conférence de presse, sa portée au niveau de ma population va être grandement diminuée. La capacité pour ma population de se maintenir informée va être grandement diminuée. Plus vous enlevez de joueurs au niveau du traitement de l’information, quand on parle de la protection de la démocratie, de permettre à la population d’avoir de l’information sous différents angles, vous restreignez la possibilité d’avoir des points de vue différents. C’est très dangereux. »

Les autres quotidiens du Groupe Capitales Média, Le Soleil, la Voix de l'est, La Tribune, et Le Nouvelliste

+ Québecor pourrait être impliquée

Selon ce que rapportait Le Journal de Québec dans un article publié sur son site Internet en fin d’après-midi, mercredi, un scénario envisagé amènerait Québecor à se porter acquéreur des actifs de Groupe Capitales Médias (GCM), après que l’entreprise ait eu recours à la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. 

Le journaliste Marc-André Gagnon spécifiait qu’après le recours à la loi, «à titre de créancier, Québec, à qui GCM devait rembourser un prêt de 10 M$ d’ici la fin de l’année, veillerait alors à ce que les quotidiens régionaux continuent d’être publiés», a-t-il écrit. Selon lui, le plan de sauvetage comprendrait aussi d’autres partenaires. Selon TVA Nouvelles, Québecor serait notamment en lice pour mettre la main sur les quotidiens régionaux. 

Ainsi, comme il l’avance, «le gouvernement Legault songe à laisser couler Groupe Capitale Médias et son propriétaire, Martin Cauchon, [...] mais pas ses journaux.» Il a ajouté qu’il n’a pu faire confirmer sa nouvelle auprès de la direction de Québecor.

Du côté de La Presse, le journaliste Hugo Pilon-Larose disait qu’une source gouvernementale a confirmé à La Presse que Martin Cauchon avait sollicité l’aide du gouvernement. Il enchaînait en disant que «Québec se demandait quelles étaient ses intentions.» Il laissait entendre que Québec craignait qu’il vende ses journaux par la suite. Cette incertitude freinerait le gouvernement caquiste.