Sylvain Gaudreault, au moment où il s’est lancé dans la course à la direction du Parti québécois.
Sylvain Gaudreault, au moment où il s’est lancé dans la course à la direction du Parti québécois.

Sylvain Gaudreault battu par l’apparence de nouveauté

Stéphane Bouchard
Stéphane Bouchard
Le Quotidien
Bien qu’il ait été élu pour la première fois il y a bientôt 14 ans, Sylvain Gaudreault croyait être celui qui pouvait incarner le renouveau au Parti québécois (PQ). Les membres ont cependant vu la chose différemment.

Le verdict est tombé au troisième tour, vendredi soir. Paul St-Pierre Plamondon est devenu le dixième chef du PQ, avec 56% des voix. Sylvain Gaudreault, lui, a terminé en deuxième place, récoltant le vote de 44% des membres, devant Guy Nantel et Frédéric Bastien.

«Les membres ont été attirés par une apparence de nouveauté. Moi, j’étais l’image de la continuité, même si je suis convaincu que j’avançais les idées les plus modernes, les plus transformatrices du parti. Cette image me collait à la peau», lance au Quotidien celui qui avait reçu l’appui de plusieurs gros noms de la famille souverainiste, dont Gilles Duceppe.

Sylvain Gaudreault et son équipe sont encore en train de procéder à l’analyse des résultats du vote de la semaine dernière. Une première lecture des choix des électeurs péquistes lui permet cependant d’affirmer que ceux qui avaient choisi Frédéric Bastien au premier tour se sont tournés vers Paul St-Pierre Plamondon au deuxième.

«Moi, je n’ai pas voulu embarquer dans le discours de Frédéric Bastien que j’appelle de ‘‘survivance du Québec’’. Pour moi, l’indépendance c’est un projet positif, qui n’est pas en défensive. J’étais moins attirant pour les pro-Bastien», croit Sylvain Gaudreault.

Reconstruire le parti, encore

Le nouveau chef du PQ, qui ne veut pas se faire élire comme député à l’Assemblée nationale à court terme, a d’abord un défi de notoriété à relever. Il doit se faire connaître à l’échelle du Québec, croit celui qui a été ministre des Transports et des Affaires municipales dans le gouvernement de Pauline Marois.

Le parti doit aussi être clair sur quelques enjeux clés, estime M. Gaudreault.


« Je vais me concentrer sur mon travail de député, défendre la région, et surtout proposer des projets innovateurs. C’est ça qui me stimule maintenant. Pour moi, le plus important, c’est le Saguenay-Lac-Saint-Jean, c’est Jonquière. Je vais faire ce travail-là avec acharnement. »
Sylvain Gaudreault
La course à la direction du Parti québécois a été marquée par le coronavirus.

«C’est ce que j’ai essayé de faire. Associer clairement le Parti québécois à l’indépendance, à la justice sociale et à la lutte contre les changements climatiques. Je pense qu’il faut être sans compromis là-dessus», explique-t-il, avant d’ajouter que les Québécois ont eu de la difficulté à bien saisir le message du PQ dernièrement.

Le contexte de la pandémie de COVID-19 n’a pas facilité les choses. D’abord prévue pour le 19 juin, l’élection du nouveau chef du PQ a été reportée au mois d’octobre. La distanciation physique promue par la Santé publique n’a pas simplifié la rencontre avec les citoyens.

La course n’a pas amené beaucoup de nouvelles adhésions au PQ. La possibilité pour des sympathisants de voter pour le chef n’a pas non plus «créé de vague».

«Il va falloir retourner vers les gens, convaincre les jeunes. Ça, ça demeure».

Aucun regret

S’il n’a pas obtenu le résultat qu’il espérait vendredi, Sylvain Gaudreault assume toutes les décisions qu’il a prises dans les derniers mois, notamment celle d’avoir misé sur l’environnement pour convaincre les membres du PQ.

«Je suis très content, même très fier de ma campagne. J’ai fait une campagne qui respectait mes valeurs. Je n’ai pas fait de compromis sur mes valeurs profondes, sur ce que je crois être le meilleur en politique pour le Québec. Je n’ai aucun regret et je suis très serein», dit-il, après avoir transmis ses félicitations au nouveau chef pour sa victoire sans équivoque.

Il ne sait pas encore quel rôle il jouera dans le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon. Mais redevenir simple député de Jonquière n’est pas un prix de consolation. M. Gaudreault entend d’ailleurs terminer son mandat.

«Je vais me concentrer sur mon travail de député, défendre la région, et surtout proposer des projets innovateurs. C’est ça qui me stimule maintenant. Pour moi, le plus important, c’est le Saguenay-Lac-Saint-Jean, c’est Jonquière. Je vais faire ce travail-là avec acharnement.»