Comme personne n'est venu leur ouvrir la barrière, les quatre kayakistes ont dû se débrouiller et passer l'imposant matériel sous la grille après l'avoir transporté sur quelque 2500 pieds. Pourtant, les heures d'ouverture du Centre plein air du Portage indiquent que le site est ouvert.

Surpris par une barrière close

De retour d'une excursion de quatre jours entre la baie Cascouia et le Centre plein air du Portage de Laterrière, quatre kayakistes se sont retrouvés coincés pendant un peu plus de deux heures au centre plein air puisque la barrière donnant accès au site était fermée. Pourtant, des affiches situées à l'entrée du centre et sur le bord de la rive indiquent clairement que les lieux sont accessibles tous les jours de 11h à 17h.
Jacqueline Laforest, de Saint-Nazaire, Lucette Dallaire, d'Alma, Gilles Simard, de Saint-Coeur-de-Marie, et Louise Bouchard, d'Arvida, tous âgés de 60 ans et plus, ne s'attendaient pas à connaître des ennuis une fois rendus sur la terre ferme. Parti lundi de la baie Cascouia, le quatuor a parfaitement respecté son itinéraire, incluant trois couchers sous la tente. "Ça fait six mois qu'on planifie cette expédition et tout s'est déroulé sans problème. On est partis ce matin de la baie Gélinas sur une mer d'huile jusqu'à ce qu'on arrive au grand lac Kénogami, où l'on a fait face à des vagues de deux pieds et plus. Il nous restait 3 km à faire», raconte Mme Laforest.
Arrivés à 12h30, les Jeannois ont profité du pavillon qui était ouvert pour se reposer, manger et laver leur vaisselle. Ce n'est qu'à 15h30, heure fixée pour que Denis Girard, conjoint de Mme Laforest, vienne récupérer les quatre kayaks (55 livres chaque) et les 500 livres de bagages, que les excursionnistes ont appris la mauvaise nouvelle: impossible de se rendre à eux avec le véhicule.
Évidemment, leur première option n'était pas de transporter tout cet imposant matériel sur les quelque 2500 pieds qui séparent la rive de la barrière clôturée. Mme Laforest a donc téléphoné à la municipalité et s'en est suivi un ping-pong téléphonique. «La première dame a dit qu'elle nous rappellerait. Après 20 minutes d'attente, une autre nous a dit qu'il y avait une dame qui reste à Laterrière et qu'ils allaient nous sortir de là. Un monsieur nous a même suggéré de rembarquer tout notre matériel et d'aller au débarcadère sur la rive de l'autre côté, mais avec les vagues qu'il y avait, pas question de retourner sur l'eau. Ce n'était plus navigable», tranchent Mmes Laforest et Bouchard.
Lors du quatrième appel, l'une des responsables du centre aurait rétorqué à Denis Girard que «le centre ne payait pas les employés pour rien et que la plage avait été fermée le matin». Elle lui aurait même lancé: «Je suis en bateau sur le Saguenay. Pensez-vous que je n'ai que ça à faire aller ouvrir une barrière!» Une autre leur aurait dit qu'ils auraient dû appeler plus tôt. «Mais on ne pensait pas que c'était fermé puisque sur l'écriteau, c'est écrit que c'est ouvert jusqu'à 17h. Un camion municipal est même venu vider une poubelle et les deux employés ne nous ont jamais rien dit», souligne Mme Laforest.
Devant l'impossibilité d'obtenir du service, le groupe a donc fait les allers-retours pour transporter bagages et kayaks jusqu'à la barrière, pour ensuite tout passer sous la clôture, heureusement assez haute pour passer les embarcations et les kayakistes.
Mécontents du mauvais service et de l'absence d'information sur place, les kayakistes ont l'intention de porter plainte afin que d'autres n'aient pas à vivre un tel désagrément à l'avenir. «On n'est quand même pas des p'tits jeunes de 25 ans. Moi et Gilles, on fait du kayak depuis 5-6 ans. Gilles a 74 ans et a 25 ans d'expérience en mer. Louise a déjà fait de la voile pendant plusieurs années aussi. Mais c'est la première fois qu'on vit une situation comme ça», a conclu Jacqueline Laforest.
Jstpierre@lequotidien.com