La première affiche du film Maria Chapdelaine a été dévoilé en primeur mardi à Dolbeau-Mistassini.
La première affiche du film Maria Chapdelaine a été dévoilé en primeur mardi à Dolbeau-Mistassini.

Surfer la vague Maria Chapdelaine

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
La MRC de Maria-Chapdelaine compte surfer sur la popularité attendue du film de Sébastien Pilote qui porte le même nom, en faisant l’acquisition des bâtiments construits pour le tournage, les équipements, les costumes, mais aussi l’utilisation des images à des fins promotionnelles. En 2021, un projet à vocation touristique verra donc le jour à Normandin, sur les lieux du tournage, avant d’être déménagé à Péribonka en 2022.
La première affiche du film Maria Chapdelaine a été dévoilée en primeur hier à Dolbeau-Mistassini.

«Pour nous, c’était une association naturelle parce que notre MRC porte le nom de l’héroïne du film, Maria Chapdelaine», a soutenu le préfet Luc Simard, lors de la conférence de presse dans le cadre du dévoilement, en primeur, de la première affiche du film.

La MRC de Maria-Chapdelaine a investi 200 000 dollars pour faire l’acquisition des droits dérivés du film, ce qui comprend l’utilisation des images et tout le décor construit pour le tournage. Par exemple, le logo de la MRC de Maria-Chapdelaine figure sur l’affiche du film. «On va pouvoir utiliser les images du film pour faire de la promotion territoriale et touristique», a remarqué Luc Simard, en soulignant qu’un comité technique évalue le potentiel promotionnel de ce projet depuis le printemps dernier.

Pierre Even, le producteur du film, et Sébastien Pilote, le réalisateur, sont tous deux heureux que la région puisse profiter du film à des fins touristiques et promotionnelles. D’ailleurs, une telle idée est survenue dès le début du tournage, a précisé Pierre Even.

Malgré tout l’intérêt envers le film, ce projet promotionnel n’aurait pas été possible sans une organisation qui souhaite porter le projet. Et ce sont les villes de Normandin et Péribonka qui assumeront ce rôle au cours des prochaines années.

Dans un premier temps, en 2021, Normandin déploiera une offre touristique temporaire, le temps d’un été, pour faire découvrir le site du tournage du film, sur les terres de la Corporation d’aménagement forêt Normandin (CAFN). «On veut en faire une vitrine pour les commerces de Normandin et pour faire rayonner le territoire, mais on ne veut pas développer un site permanent», a expliqué Mario Fortin, qui a tenu à remercier tous les maires de la MRC pour le soutien au projet.

Dès 2022, la maison principale du tournage et les costumes prendront la direction de Péribonka, dès que l’Espace Péribonka, un projet qui vise à reloger le Musée Louis-Hémon dans l’église du village, sera prêt, a expliqué Guylaine Proulx, pro-maire de Péribonka. «Ce beau partenariat nous permet de faire revivre l’œuvre de Louis Hémon», a-t-elle remarqué, remerciant au passage Sébastien Pilote pour avoir choisi de tourner son film au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ainsi que la MRC Maria-Chapdelaine d’investir dans la culture. La maison du tournage pourrait notamment servir de lieu d’hébergement.

Richard Hébert, le président du Musée Louis-Hémon, estime que ce partenariat permettra de mettre en valeur l’expertise de son équipe, autant pour aider l’animation du site à Normandin que pour mettre en valeur les costumes et les objets utilisés dans le film. «Le roman Maria Chapdelaine s’est vendu à près de 20 millions d’exemplaires dans le monde et c’est ce qui nous a mis sur la ''map''», a-t-il remarqué, soulignant que le projet permettra de faire connaître l’œuvre de Louis Hémon, un homme qui est passé presque inaperçu de son vivant.

En plus de dévoiler la première affiche du film en primeur, Pierre Even souhaite aussi présenter le film en primeur dans la région, pour remercier la région qui a accueilli toute l’équipe de tournage.

Mario Fortin, maire de Normandin, Guylaine Proulx, pro-maire de Péribonka, Richard Hébert, président du musée Louis-Hémon et Luc Simard, préfet de la MRC Maria-Chapdelaine, ont annoncé un partenariat avec les promoteurs du film pour faire la promotion du territoire.

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UN DÉCOR DE PLUS D'UN MILLION DE DOLLARS! 

Près d’un million de dollars ont été investis pour la construction des décors du film Maria Chapdelaine.

Chaque détail a été pensé avec minutie, tant pour la construction de la maison et de la grange que pour la confection des costumes, a expliqué Sébastien Pilote. Le bois a été scié avec des machines d’époque, pour donner le cachet voulu. Le verre a été importé d’Allemagne pour refléter les défauts des vitres d’époque. Tous les vêtements ont été tricotés à la main, comme à l’époque. «Chaque costume est une œuvre d’art», soutient le réalisateur, ajoutant que c’est un fait rare au cinéma, car ce processus demande beaucoup de temps.

Les promoteurs du film se réjouissent à l’idée de donner une deuxième vie à tout ce matériel unique.

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UNE SORTIE EN DÉCEMBRE

«Le film sortira à Noël si y’a Noël», a lancé Sébastien Pilote à la blague, en faisant référence à l’incertitude liée à la COVID-19. La sortie du 4e long métrage du réalisateur natif de Saint-Ambroise est pour l’instant prévue le 11 décembre au cinéma, mais les promoteurs estiment que ce film grand public aura une belle vie par la suite, notamment avec le visionnement en ligne, sur Super Écran puis sur les ondes de Radio-Canada. Le film a un bon potentiel commercial qui va pouvoir rayonner ailleurs, notamment en France», remarque le réalisateur.

Ce dernier souligne aussi que le film a été tourné avec de nouvelles caméras, l’équivalent de celles utilisées pour les films Imax, qui donnent une image six fois plus grande qu’un film ordinaire. «C’est le premier film québécois tourné avec ces caméras-là, et la forêt du nord du lac Saint-Jean est magnifique dans le film.»

Sébastien Pilote et Pierre Even tiennent notamment à remercier Christian Bélanger, de la CAFN, et Dominique Gobeil, du parc régional des Grandes-Rivières du Lac-Saint-Jean, qui ont permis de trouver le décor idéal pour tourner le film, c’est-à-dire une forêt mature, comme celle que l’on retrouvait il y a un siècle, où il n’y a aucun signe de civilisation.

Christian Bélanger est bien heureux d’avoir participé à la réalisation de ce film en dénichant de belles forêts de Normandin pour les tournages. «Quand Sébastien m’a dit ce qu’il voulait la première fois, je lui ai dit : ”on a tout ce qu’il faut pour toi” », soutient l’homme qui connaît les terrains de la CAFN comme le fond de sa poche.