L’école primaire des Quatre-Vents, à Chicoutimi-Nord, accueille un projet particulier à valeur autochtone depuis un an. Cette semaine, des activités culturelles ont lieu sous le traditionnel shaputuan.

Succès après un an pour un projet particulier à saveur autochtone aux Quatre-Vents

Un an après l’implantation d’un projet particulier à valeur autochtone entre les murs de l’école primaire des Quatre-Vents, à Chicoutimi-Nord, le directeur de l’établissement, Marc Girard, est aux anges. Non seulement l’initiative est-elle couronnée de succès, le ministère de l’Éducation du Québec reconduit le programme pour une deuxième année.

En 2017-2018, le projet a permis à une vingtaine d’élèves innus et atikamekw de quatre à neuf ans de prendre part à une expérience éducative et de maillage culturel unique en province. Élaboré par la CS des Rives-du-Saguenay, il a d’abord été implanté entre les murs de l’école Laure-Conan. La décision a toutefois été prise de le déménager dans une école de quartier. 

L’école des Quatre Vents a été choisie pour accueillir le programme taillé sur un modèle inclusif, lequel s’inscrit dans une vision d’échange et de partage. Les élèves autochtones et allochtones se côtoient quotidiennement et partagent leurs cultures, leurs valeurs et leur identité dans un environnement enrichissant. Les enfants issus des Premières Nations sont réunis en classe. Ils apprennent leur langue maternelle et des éléments fondamentaux de leur histoire et de leur culture. Ces notions seraient perdues si ces jeunes continuaient de fréquenter une école de quartier.

Empreinte autochtone

L’école des Quatre Vents a été redécorée avant le début de l’année. La commission scolaire lui a donné une couleur qui s’inspire des Premières Nations. Le revêtement de plancher, ondulé de vagues bleues, rappelle les rivières empruntées par les premiers peuples à bord de leurs embarcations. Des arbres en pots ont été déposés çà et là dans les couloirs et des éléments circulaires ont parcimonieusement été intégrés au décor. Chez les autochtones, le cercle revêt une signification particulière. Le cercle sacré (ou d’influences) rappelle que toute vie est interdépendante et fait partie d’un cercle infini. 

« C’est pour ça, d’ailleurs, que j’ai changé la table de mon bureau pour une table ronde », a fait remarquer Marc Girard, lors du passage de la journaliste du Quotidien à l’école, vendredi. Dans quelques salles de classe, des capteurs de rêves ont été accrochés au plafond. 

Marc Girard est manifestement très fier de ce programme implanté sous le signe de l’inclusion, du respect et du mariage des cultures. L’expérience est profitable pour les écoliers autochtones, mais aussi pour les non autochtones.

« On veut que notre école soit une école qui se préoccupe des valeurs et de la culture des Premières Nations. En plus du programme éducatif, on a élaboré une série d’activités tout au long de l’année qui répondent aux valeurs des enfants, mais aussi de leurs parents. La grille-matière a été adaptée pour nos élèves autochtones, qui ont aussi droit à plus de cours d’éducation physique que les autres enfants », note-t-il. Conscient du fait que le programme fait mouche, Marc Girard confie que le projet particulier à valeur autochtone a attiré l’attention de médias de partout au pays. Il a d’ailleurs accordé plusieurs entrevues à ce sujet. 

« Notre projet est sous la loupe et suscite beaucoup d’intérêt », relève le directeur de l’école, qui croit en la pérennité du programme, assorti d’une subvention ministérielle. 

Tout au long de l’année, grâce à un peu de magie saupoudrée par le Centre d’amitié autochtone de Saguenay, les enfants inscrits au programme ont pris part à une ribambelle d’activités. 

Ils ont notamment pu inviter un ami non-autochtone de l’école pour déguster un dîner soupe et banik et ont pu cuisiner des recettes traditionnelles amérindiennes. 

Le directeur de l’école primaire des Quatre-Vents, Marc Girard, posait avec fierté à l’intérieur du Shaputuan, bien entouré qu’il était.

Lancement de la Semaine culturelle

Pour marquer la fin de la première année du projet particulier à valeur autochtone, l’école des Quatre-Vents a donné le coup d’envoi, lundi, à une Semaine culturelle. 

Des activités sont au programme jusqu’à vendredi, lesquelles réuniront Québécois et Autochtones sous un shaputuan. L’abri traditionnel a été érigé lundi afin d’accueillir les participants. Ils seront des élèves de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, mais aussi des membres du public. 

Parmi les activités à surveiller : une soirée thématique qui se tiendra jeudi à 17 h. Des chants traditionnels et des dégustations de mets typiques seront à l’honneur, sur fond de contes et légendes. 

« Vendredi, nous aurons l’exercice des couvertures, de 9 h à 11 h. C’est une activité de sensibilisation à la réalité autochtone qui nous fait vraiment réfléchir. Nous l’avons offerte ici au personnel de l’école et tout le monde a été remué par cette activité », raconte le directeur de l’école, Marc Girard. Il explique que l’exercice, orchestré par l’Institut Tshakapesh, revient sur la réalité historique des Autochtones au pays et relate certaines injustices que les Premières Nations ont subies.