Le directeur général de la Zone portuaire de Chicoutimi et ex-conseiller municipal de Shipshaw, Fabien Hovington, a pour sa part soutenu que la halte de cinq jours sur la Côte d'Azur avait notamment pour but d'« analyser l'installation des quais et regarder des chapiteaux ».

Stihl n'a jamais vu la délégation

La délégation du Festival forestier de Shipshaw n'a jamais rencontré les représentants de Stihl Timbersports Canada lors de son passage en Norvège en septembre 2012. L'information a été confirmée par le directeur du pendant canadien de l'organisme qui chapeaute les prestigieuses compétitions de coupe de bois partout à travers le monde.
Joint par Le Quotidien à son bureau de London, en Ontario, Gerry Rozo s'est montré catégorique :
« L'organisation d'un championnat du monde doit se faire en passant par une filiale nationale. Chez Stihl Canada, nous n'avons jamais été approchés par le Festival forestier de Shipshaw. En aucun temps nous n'avons eu de discussions avec leurs représentants concernant la tenue d'un championnat du monde », a-t-il déclaré, en anglais.
Le directeur, qui oeuvre au sein de Stihl Timbersports depuis huit ans, a joué un rôle de premier plan comme représentant canadien au championnat du monde de sciage tenu au village olympique de Lillehammer à l'automne 2012. L'occasion aurait été idéale, pour la délégation du festival régional, d'établir un premier contact officiel avec lui et avec les instances décisionnelles qui régissent ces compétitions d'envergure. Gerry Rozo affirme toutefois qu'il n'a pas rencontré Fabien Hovington, Isabelle Bélanger, Yvon Barrette et Pierre Guillot, qui ont voyagé en Scandinavie et en France aux frais des contribuables saguenéens. Il a ajouté, du même souffle, que Stihl Timbersports Canada n'a pas l'intention d'accueillir une finale des championnats du monde avant deux ou trois ans.
Vendredi, la directrice générale du Festival forestier de Shipshaw a déclaré que le périple en Norvège était motivé par le désir de l'organisation de tenter sa chance « d'obtenir une compétition d'envergure internationale comme ça chez nous ». Isabelle Bélanger a assuré que la délégation a su établir des contacts et attirer l'attention de compétiteurs de haut calibre. Pierre Guillot, à qui nous avons demandé de fournir des noms d'athlètes ou de représentants rencontrés en Norvège, n'a pu répondre à nos questions.
Quais et chapiteaux
Le directeur général de la Zone portuaire de Chicoutimi et ex-conseiller municipal de Shipshaw, Fabien Hovington, a pour sa part soutenu que la halte de cinq jours sur la Côte d'Azur avait notamment pour but d'« analyser l'installation des quais et regarder des chapiteaux ». Cette déclaration en a fait sursauter plus d'un, vu la différence majeure entre le type d'embarcations nautiques qui mouillent dans le port de Nice et le genre de bateau que l'on retrouve à Shipshaw. De plus, excluant le dénominateur commun de Shipshaw, la Marina n'a rien à voir avec le Festival forestier. La marina est bien sous le giron de la Zone portuaire de Chicoutimi depuis un an, mais au moment du voyage, Fabien Hovington n'était pas impliqué dans la gestion du Vieux-Port.
Quant aux quais de la Marina de Shipshaw, le contrat visant la fourniture et l'installation de systèmes flottants en aluminium a été accordé par le comité exécutif de Saguenay le 14 mars 2012, soit six mois avant le voyage en France. Trois firmes ont présenté une soumission et la compagnie Technomarine de Repentigny a obtenu le mandat. L'entreprise jonquiéroise Remac, seule compagnie capable de fournir ce genre d'équipement en région, a aussi soumissionné pour ce projet évalué à près de 500 000 $. Sa proposition a toutefois été exclue.
Enfin, Fabien Hovington a également affirmé, en entrevue, que Pierre Guillot a participé à la mission en Europe en sa capacité de spécialiste des communications et parce qu'il parle bien anglais. Or, Pierre Guillot ne fait pas partie du service des communications de Saguenay et agit plutôt comme attaché politique du maire. En revanche, la ville et Promotion Saguenay comptent tous deux des spécialistes en communications, en tourisme et en développement des affaires qui s'expriment bien dans la langue de Shakespeare.