Le Dr Stanley Vollant a captivé les personnes rassemblées pour le brunch de la Fondation Asselin, dimanche.

Stanley Vollant: «Notre jeunesse, notre richesse»

«Notre jeunesse, c’est notre richesse. [...] On dépense des millions de dollars à bâtir des routes pour avoir accès à des mines de diamants dans le Nord-du-Québec, comme au nord de Chibougamau, mais on devrait plutôt investir pour développer le plein potentiel des jeunes.»

Les applaudissements ont jailli après ces quelques phrases lancées devant les 350 personnes qui ont pris part au brunch-bénéfice de la Fondation Asselin du Cégep de Jonquière, rassemblées dimanche matin dans la cafétéria de l’établissement.

Le chirurgien, qui pratique actuellement une semaine sur deux à l’hôpital de Dolbeau-Mistassini, croit en outre qu’une grande partie du budget en santé de la province devrait être investie en éducation. «Je pense que c’est encore plus important que la santé», a affirmé le médecin.

Les jeunes, plus éduqués, seraient ainsi en meilleure santé, ce qui réduirait par le fait même les coûts en santé, a soutenu celui qui a insisté sur l’importance de l’adoption de saines habitudes de vie par les jeunes.

Tout au long de sa conférence, Stanley Vollant a captivé son auditoire en portant un message d’espoir et de persévérance. Il a réussi à faire rire le public plusieurs fois, même lorsqu’il racontait son parcours, qui est loin d’être rose.

Né dans une crèche, retiré à sa mère autochtone, avant que son grand-père ne puisse le prendre sous son aile et l’élever dans la communauté innue de Pessamit, près de Baie-Comeau, Stanley Vollant a raconté les humiliations subies par sa famille, qui a vu sa terre inondée par Hydro-Québec. Son grand-père avait alors reçu un seul «cadeau» en compensation: une boîte de balles pour la chasse.

Après que son grand-père ait trouvé la mort dans un accident de la route causé par un conducteur en état d’ébriété, il a décidé de devenir médecin, mû par le désir d’aider et de représenter les siens. Il a dû surmonter sa peur de la mort et des hôpitaux.

Il est alors devenu, en 1994, le premier chirurgien autochtone au Québec, et le deuxième au Canada.

À partir de 2010, il s’est fait connaître en parcourant 7000 kilomètres à pied, à travers le Nouveau-Brunswick, le Québec, et l’Ontario, pour transmettre son message d’espoir et de persévérance aux jeunes. Il a ensuite fondé, en 2016, l’organisme le Chemin des mille rêves. «Je veux maintenant poursuivre de transmettre mon message et rencontrer les jeunes que je n’ai pas rencontrés, et revoir ceux que j’ai déjà rencontrés», a-t-il expliqué.

Le public lui a réservé une ovation et de nombreuses personnes se sont massées autour de lui, à la fin de l’événement, pour lui parler.

Le brunch-bénéfice, sous la présidence d’honneur d’Hélène Deschênes, directrice générale de Nordia, a permis d’amasser 9500 $ pour la Fondation Asselin qui soutient les étudiants par des bourses d’études et la recherche en offrant des subventions.