Québec a donné son feu vert quant à la mise en oeuvre du nouveau Programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean 2018-2027 de Rio Tinto.

Stabilisation des berges: Rio Tinto a le feu vert

Québec autorise la mise en oeuvre du nouveau Programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean 2018-2027 de Rio Tinto. Au cours des dix prochaines années, la multinationale entend réaliser des travaux de stabilisation sur une distance de 50 kilomètres. Il s’agit d’un ajout de cinq kilomètres par rapport au plan initial. Malgré l’opposition des riverains, le niveau de l’eau à 17 pieds lors de la crue printanière sera tout de même maintenu.

Sur la base des engagements de Rio Tinto et de certaines conditions, les travaux ont été jugés justifiés et acceptables sur le plan environnemental par le ministère.

«Nous accueillons positivement le nouveau programme. La démarche de consultation avec le milieu fut un élément important du processus qui nous a permis de cheminer vers un meilleur programme et une gestion durable du lac Saint-Jean. Cette entente représente le début d’une nouvelle collaboration pour les années à venir», a affirmé la porte-parole de Rio Tinto, Xuân-Lan Vu. 

Soumis à la procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement, le nouveau programme de Rio Tinto vise à réaliser des travaux de protection des plages et des berges du lac Saint-Jean contre l’érosion occasionnée par les variations du niveau d’eau, et ce, essentiellement pour protéger des infrastructures publiques et privées et des milieux naturels bordant le plan d’eau. Il s’agit, par exemple, de la recharge de plage, de la mise en place d’épis et d’enrochement.

Le président du comité des parties prenantes, André Paradis, se montre satisfait à l’égard du programme. «Il y a eu de bonnes collaborations afin de mettre sur pied cette entente», a soutenu M. Paradis.

Niveau de l’eau et mécontentements

Malgré tout, les opinions face à ce programme divergent, notamment concernant le niveau de l’eau maximum au printemps, prévu à un maximum de 16,5 pieds. Ce niveau printanier pourra être porté graduellement à un niveau maximal de 17 pieds pour une période d’au plus quatre jours, considérant une montée graduelle d’environ quatre jours et une descente graduelle d’environ quatre jours. Le niveau de 16,5 pieds pourra donc être dépassé pour une période maximale de douze jours au printemps.

«Nous avons obtenu ce que nous voulions pour l’été, l’automne et l’hiver. Par contre, nous désirions davantage. Lors du printemps, le niveau de l’eau pourra atteindre 17 pieds, selon moi c’est encore trop haut. Nous allons tout de même continuer à mettre de la pression sur Rio Tinto», a déclaré le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA), Alain Gagnon.

L’augmentation du niveau du lac Saint-Jean pendant la période printanière a aussi été critiquée par le responsable de Riverains en colère, Gerald O’Bomsawin, qui considère que le lac Saint-Jean à 17 pieds représente un risque d’érosion advenant une tempête de vent. 

Lors des séances publiques du BAPE, des biologistes du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs avaient été favorables à l’idée d’augmenter le niveau de l’eau au printemps. Selon ces experts, la hausse du niveau permet d’ennoyer une plus grande superficie de milieux humides qui ne sont pas exposés avec la gestion pratiquée au cours des dernières années. Cependant, la biologiste Karine Gagnon de Faune et Parc avait estimé pour sa part que la période projetée dans le mode de gestion retenu est trop courte pour être bénéfique pour la faune et contredit donc les spécialistes de Rio Tinto qui considèrent que de monter le lac à 17 pieds pendant quatre jours le printemps a un avantage faunique.

Pour ce qui est de l’été, l’entente prévoit un niveau maximal de 16 pieds et pendant l’automne 15,5 pieds, soit un pied plus bas qu’auparavant. 

Le mandat de la commission d’enquête formée par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour étudier le projet de programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean avait débuté le 9 mai 2017, au lendemain d’une entente de gestion participative intervenue entre Rio Tinto et les intervenants du milieu, dont les élus municipaux du Lac-Saint-Jean et les représentants autochtones. Cette entente avait également donné lieu à un nouveau scénario de gestion des niveaux d’eau du lac, qui avait été soumis au BAPE. L’organisme avait terminé ses travaux le 7 septembre 2017, après avoir tenu sept séances publiques et analysé 29 mémoires.