Les succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC), dont celle de Trois-Rivières, ont toutes été conçues selon un même modèle.

SQDC à Trois-Rivières: la succursale prête mercredi

TROIS-RIVIÈRES — Les Trifluviens pourront se procurer leur gramme de pot ou autres produits dérivés dès le premier jour de la légalisation du cannabis, mercredi. Même si à 48 heures de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, aucune enseigne ou affiche particulière annonçaient, lundi, son ouverture prochaine, la succursale de la Société québécoise du cannabis, située au 3548 boulevard des Forges, sera prête à temps.

Elle va faire partie des 12 succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC) qui vont ouvrir leurs portes dans une première foulée tout comme celle de Drummondville, au 965 boulevard Saint-Joseph. D’autres villes vont éventuellement accueillir une succursale. Selon les projections, il pourrait même y en avoir jusqu’à 80 d’ici 2021 au Québec. Pour les consommateurs de la région qui habitent trop loin de Trois-Rivières ou de Drummondville, le site internet de la SQDC sera également opérationnel le 17 octobre.

Éventuellement, environ 150 produits seront disponibles, soit du cannabis frais et séché, de l’huile et divers articles reliés à la consommation.

«On parle, par exemple, de fleurs séchées, de fleurs moulues, de cannabis pré-roulé et d’huile sous plusieurs formes: embouteillée, en gélules et des atomiseurs», décrit Mathieu Gaudreault, relationniste pour la Société des alcools du Québec (SAQ).

Et la grande question: le prix? «On parle souvent de plusieurs produits qui vont être offerts à moins de 7 $ le gramme», précise M. Gaudreault. Sept dollars taxes incluses.

La question du prix demande un véritable travail d’équilibriste, surtout quand le compétiteur est imprévisible. Et c’est le cas pour la SQDC qui se frotte au marché noir. «On a une dynamique qui est un peu particulière à la SQDC. Ce n’est pas un organisme à mission commerciale comme la SAQ peut l’être. C’est un organisme qui a une mission de santé publique. On a une dynamique de trouver le prix juste, c’est-à-dire un prix qui pourrait être compétitif avec le marché noir. Il faut savoir que la mission, c’est d’amener les clients du marché noir vers le marché légal, ce n’est pas d’amener de nouveaux clients. Donc être assez bas pour être attractif, mais ne pas être trop bas pour banaliser la vente du produit et créer une distribution pour des gens qui ne seraient pas intéressés. Ce qu’on souhaite, c’est d’avoir le bon prix», explique M. Gaudreault.

À Trois-Rivières, la succursale de la SQDC est située au  3548 boulevard des Forges.

Ainsi, pas question de vanter les produits en stock. Les consommateurs ne risquent pas d’arriver face à face avec un panneau d’affichage représentant une feuille de pot géante. Aucune promotion ou incitation à la consommation ne sera mise de l’avant, précise la SQDC. Pas de dégustation, de pastilles de goût ou de carte de fidélité. Les succursales seront toutes un peu comme des sœurs jumelles. D’environ 2000 pieds carrés, l’ensemble des boutiques auront les mêmes caractéristiques. Les lieux sont qualifiés de «sobres», par la SQDC. Les boutiques seront divisées en trois sections. La première pour valider l’âge des clients, la deuxième sera celle où les consommateurs pourront «magasiner» c’est-à-dire qu’ils seront conseillés et informés par les employés. Les produits seront derrière les comptoirs. La troisième zone est l’entreposage, un endroit qui sera sécurisé.

La SQDC est confiante de devenir plus attrayante que le traditionnel pusher. «Nous, on pense qu’on va être compétitif de par la qualité des produits et leur traçabilité. Ce n’est pas des choses que le marché noir est en mesure d’offrir. Donc, vous savez exactement ce que le produit contient, quelle souche et les informations sur la quantité de THC ou de CBD qui pourrait être retrouvée.»

À 48 heures de l’ouverture de la SQDC, il y a peu d’indications qui laissent transparaître  que du cannabis sera vendu à cet endroit.

La SQDC croit être en mesure de grignoter le tiers des parts du marché noir la première année. «C’est un travail de longue haleine. Ça ne se fait pas du jour au lendemain. On a regardé un peu ce qui s’est fait dans les autres juridictions, et nous, on pense que c’est réaliste de penser qu’au cours de la première année on sera en mesure d’aller chercher au moins 30 % du marché noir», précise M. Gaudreault.

Comme dans les autres succursales, celle de Trois-Rivières devrait compter de 15 à 20 employés. La pénurie de main-d’œuvre n’a pas frappé le marché du cannabis. La SQDC a reçu quelque 5000 candidatures pour l’ensemble des emplois offerts dans la province. Certains candidats ont toutefois peut-être été déçus d’apprendre que les employés ne testent pas les produits.

La SQDC a établi des ententes avec six fournisseurs dont Canopy Growth, une entreprise ontarienne qui compte une installation à Saint-Lucien, dans le Centre-du-Québec.