Spectacle aérien: le major-général sur place pour approuver [VIDÉO]

« Thumbs up ! » Le commandant de la première division de l’Aviation royale canadienne, le major-général Alain Pelletier, a approuvé la routine que le capitaine Brian Kilroy va exécuter les 22 et 23 juin au Spectacle aérien international de Bagotville, puis à 14 autres reprises, cet été, au Canada et aux États-Unis.

Ce processus d’approbation, une formalité habituellement, avait un caractère tout spécial mardi matin, puisque c’était la première fois qu’il se déroulait à Bagotville et en présence de membres de la presse par-dessus le marché. Il faut dire que les étoiles étaient bien alignées puisque le major-général Pelletier est particulièrement attaché à la base dont il avait pris le commandement en 2009.

« Mais il n’y a pas que la performance aérienne qui est analysée, a pris soin de préciser le major-général avant le décollage de l’avion. La tâche du pilote de démonstration est énorme, car il doit rencontrer les gens, visiter les malades, des groupes scolaires, et c’est lui qui dirige son équipe. Je dois m’assurer qu’il connaît bien ses limites comme celles de son appareil. »

Le major-général Alain Pelletier, commandant de la 1re division aérienne du Canada (à gauche), est accompagné du commandant de la base de Bagotville, le colonel William Radiff.

À la hauteur

Le spectacle de 18 minutes offert par le capitaine Kilroy, de l’Escadron 410 de Cold Lake, s’inscrit dans la tradition canadienne avec des figures destinées à démontrer l’agilité du chasseur conçu par McDonnell Douglas et l’habileté du pilote. En raison du plafond nuageux qui peinait à se dissiper mardi matin, les membres de la presse ont dû se contenter de la version à basse altitude de la routine qui a cependant permis de combler les attentes de la foule.

Le major général Pelletier a regardé attentivement la performance de Kilroy en écoutant les observations du colonel Radiff, qui fut lui-même pilote de démonstration en 2006, question de bien s’assurer qu’on respectait toutes les règles de sécurité pour le pilote et la foule qui va se masser sur le bord des pistes pendant sa démonstration.

« Moi, ma figure préférée, c’est le “dirty takeoff roll” », a dit le général après l’atterrissage du CF-18, faisant référence à la manoeuvre de roulis effectuée à quelques mètres de la piste, juste après le décollage, alors que l’avion a toujours ses volets et le train sortis (d’où le terme dirty). Le haut gradé a également souligné le passage à très basse vitesse où l’avion présente un angle d’attaque de 25 degrés, à la limite du décrochage, « qui fait la notoriété du SAIB ». Évidemment, la passe à haute vitesse, près du mur du son, est toujours un moment fort. Malheureusement, l’air froid et sec de ce matin frisquet a privé la presse du spectacle qu’offre la condensation de l’air sur les bords d’attaque des ailes à l’approche de la vitesse supersonique. On se reprendra dans deux semaines !

Exhibitions

Le spectacle aérien international de Bagotville (SAIB) présentera plusieurs nouveautés, notamment la disparition du mur de feu qui, chaque année, tentait de battre un nouveau record de longueur, sans doute victime de l’objectif que s’est donné le SAIB d’être carboneutre. À la place, on renforce la collaboration avec les forces terrestres. En plus des Skyhawks, on verra donc d’autres parachutistes, ceux du Royal 22e Régiment de Québec qui seront largués pendant l’attaque massive qui comptera six CF-18 au lieu de quatre. Un moment que l’on promet spectaculaire.

Un Vampire, de la corporation Heritage Flight, le petit chasseur à réaction qui a équipé l’Aviation royale canadienne de 1948 à 1956, accompagnera le CF-18 de démonstration.

Carole Pilon ne marchera pas sur les ailes de son Stearman cette année. En lever de rideau, la pilote Anna Serbinenko, dans son Aeronca Champion Super Decathlon, présentera le ballet aérien Sky dancer. Quelques aéronefs civils présenteront aussi des spectacles acrobatiques. Le Bone Shaker Jet Truck réchauffera aussi la foule avec la flamme de sa turbine et, bien sûr, le plat de résistance sera l’équipe américaine de démonstration du F-35 qui tentera d’éblouir autant la foule que le F-22 en 2017. Le rideau tombera avec le ballet des Snowbirds.

À cela s’ajouteront une quarantaine d’appareils au sol dont le F-16 Falcon, le F-15 Eagle et le A-10 destructeur de blindés Warthog.

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MANQUE DE PERSONNEL

La pénurie de personnel dans les Forces aura un effet sur l’équipe de démonstration du CF-18.

En effet, on coupera pratiquement de moitié le nombre de spectacles en Amérique du Nord, faute de techniciens d’entretien. Comme l’explique le directeur du SAIB, le lieutenant-colonel Christian Corneau, qui est commandant de l’Escadron d’entretien 3EMA, le besoin de maintenir en état la flotte d’avions chargés de la défense du Canada alors qu’il y a eu beaucoup de départs à la retraite chez les « techs » fait en sorte qu’on a moins de gens disponibles pour l’équipe de démonstration.

Heureusement, précise le lieutenant-colonel Corneau, le recrutement est bon et plusieurs jeunes viennent d’arriver... mais il faut les former. Le problème va être réglé d’ici deux ou trois ans.

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TOUJOURS PLUS VERT

(Gabrielle Beaupré, stagiaire) – Le Spectacle aérien international de Bagotville (SAIB) sera le premier événement aérien écoresponsable mondial.

Selon son président, le colonel William Radiff, le mot clé de l’édition 2019 est l’environnement. Ses organisateurs veulent limiter le plus possible les émissions de gaz à effets de serre autant lors de la préparation du spectacle aérien que pendant celui-ci. En effet, le choix des fournisseurs a été décidé en fonction que ces derniers se retrouvent à proche distance de la base de Bagotville, c’est-à-dire à moins de 100 km afin de limiter les transports. Également, la nourriture qui n’aura pas été consommée sera redistribuée gratuitement à des organismes de charité comme La soupe populaire et la Maison d’accueil pour sans-abri. De plus, la firme d’éco-conseil Eurêko ! sera sur les lieux afin d’aider à la gestion des déchets des spectateurs. Plus précisément, le compostage et le recyclage seront mis en avant-plan afin de contribuer à la préservation de l’environnement. 

Malgré le virage vert de cette édition, le spectacle aérien et sa préparation restent polluants pour l’environnement. Alors, pour compenser les GES produits par les avions, les automobiles des visiteurs et par les explosifs utilisés, les organisateurs du SAIB se sont engagés à planter des arbres dans des zones semi-urbaines et urbaines après les deux jours de festivités aériennes. Autrement dit, cet événement sera entièrement carboneutre par cet engagement. L’empreinte écologique sera également présente pendant le spectacle puisque le mur de feu sera remplacé par des sauts en parachute. Terminer d’éteindre des flammes pendant une vingtaine de minutes et la fumée de celles-ci polluait l’environnement. D’ailleurs, ce nouvel élément au spectacle aérien va lui permettre de se renouveler et ne laissera pas les spectateurs sur leur faim.