Spectacle aérien de Bagotville: une première journée réussie

L'édition 2017 du Spectacle aérien international de Bagotville (SAIB) est l'une des plus grosses depuis la création de l'évènement, estime le président du festival, le colonel Darcy Molstad.
Le ciel un peu incertain lorsque le site a ouvert ses portes, tôt samedi matin, n'a pas découragé les nombreux citoyens à venir admirer les avions et les hélicoptères qui parsemaient le terrain de l'aéroport de Bagotville. D'ailleurs, plusieurs milliers de personnes étaient sur le site lorsque les premiers avions ont décollé, vers 11 h, au moment ou le soleil faisait son apparition.
« Tout se passe très bien. Je suis très content, avec le ciel qui s'est dégagé. Les "snowbirds" qui ont commencé le spectacle aujourd'hui (samedi), c'était formidable », mentionne le colonel Molstad.
Les visiteurs en avaient plein la vue pour cette 64e édition, qui correspond également au 75e anniversaire de la base de Bagotville, au 50e du terminal civil et au 150e du Canada. En plus de pouvoir discuter avec les pilotes des avions et hélicoptères qui étaient exposés sur le sol, ils ont pu voir les Skyhawks (l'équipe de parachutistes des Forces armées canadiennes) en action, voir voler des CF-18, un Super Hornet et regarder une simulation d'attaque aérienne et militaire au sol, qui s'est conclue par un mur de feu.
« Je pense qu'on a réussi à atteindre l'objectif du meilleur spectacle aérien jamais présenté à Bagotville. On a vraiment une grosse programmation. On a eu plusieurs nouveautés. Toutes les étoiles se sont alignées pour qu'on ait une excellente édition. On a également la présence de deux appareils qui ne se sont jamais présentés à Bagtoville : le Super Hornet et le F-22 Raptor. Moi-même, comme pilote de chasse, j'avais hâte de les voir ! », explique le président de l'évènement.
Plusieurs visiteurs de marque étaient également présents, samedi, pour assister aux différents vols d'avions et d'hélicoptère. Notamment, le ministre de la Défense nationale, Harjit Singh Sajjan, était sur les lieux. On retrouvait également le commandant de l'aviation royale canadienne, le lieutenant-général Michael Hood et le commandant de la deuxième division du Canada, le Brigadier général Hercule Gosselin, en plus de quelques politiciens.
« Je pense que le spectacle a impressionné les politiciens qui sont venus. C'est la première fois que le secrétaire parlementaire vient assister à un spectacle aérien à Bagotville, et il est très impressionné Je lui ai parlé et il a mentionné qu'il allait revenir ! », ajoute le colonel Molstad.
Il s'agit du dernier spectacle aérien auquel le colonel participera. Au début du mois de juillet, il y aura un changement de commandement à la base de Bagotville. « J'ai établi les objectifs il y a deux ans, lorsque je suis entré en poste. C'est la fin de mon mandat, alors c'est mon legs à la base et à la communauté. Mais ce n'est pas grâce à moi, c'est grâce aux 1400 militaires qui ont contribué à l'organisation », mentionne-t-il.
Il poursuit toutefois en avouant être content de pouvoir célébrer plusieurs anniversaires, dont celui de la base, pour son dernier spectacle. « Je me sens très privilégié », conclut-il.
Le SAIB continue toute la journée dimanche. La première performance aura lieu vers 11 h. Pendant toute la fin de semaine, 120 000 personnes sont attendues sur le site, ce qui serait un record pour l'évènement.
Des Bleuets aux commandes d'un Chinook
L'un des plus gros hélicoptères appartenant aux Forces armées canadiennes, un CH-147F Chinook, est piloté par deux hommes qui ont habité pendant longtemps dans la région.
Le capitaine Alexandre Lemieux-Tremblay, qui a habité 15 ans à Chicoutimi, et le capitaine Dominique Simard, qui a grandi à Normandin, étaient présents avec leur hélicoptère lors du Spectacle aérien de Bagotville, samedi et dimanche.
« J'ai toujours voulu être pilote d'hélicoptère ! », mentionne Alexandre Lemieux-Tremblay. Il ajoute que c'est son rêve d'enfant qui s'est réalisé, et qu'il n'a pas à se plaindre du poste qu'il a présentement.
Le capitaine Lemieux-Tremblay a fait son cours de pilotage au Centre québécois de formation en aéronautique (CQFA) du Cégep de Chicoutimi. Il a ensuite travaillé comme pilote dans des compagnies privées. « Avec la récession, c'est devenu difficile de se trouver des emplois. J'ai commencé le processus pour entrer dans les Forces armées canadiennes, et je suis allé à l'université pour faire un baccalauréat. Pour être pilote dans l'armée, on doit être officier, et pour être officier, on doit avoir un bac. Ensuite, j'ai commencé mon entraînement de pilote. Ça prend environ cinq à sept ans pour être où je suis rendu », explique Alexandre Lemieux-Tremblay.
Dominique Simard, quant à lui, rêvait d'être un astronaute lorsqu'il était petit. Toutefois, il a réalisé à l'adolescence que ce n'était peut-être pas très réaliste, et a tout de suite voulu devenir pilote dans l'armée. « C'était la voie que je voulais prendre. Je me suis enrôlé après le secondaire. Il n'y avait pas d'incertitude sur ce que je voulais faire, et le chemin que je devais suivre pour le faire », raconte M. Simard.
Selon lui, le processus qu'il a suivi pour devenir pilote c'est très bien passé. Avant d'être commandant de bord du Chinook, le capitaine Simard a également piloté les hélicoptères Griffon. « Mais je préfère piloter le Chinook ! », avoue-t-il.
Samedi, beaucoup de citoyens sont venus visiter leur hélicoptère. Les visiteurs posaient des questions et pouvaient entrer à l'intérieur du Chinook, où des membres de l'équipe expliquaient les différents éléments.
« Il n'y a pas beaucoup de pilotes qui parlent français et qui sont de la région. Alors venir ici c'était naturel. C'est un beau spectacle. L'unité essaie de venir quand on peut, parce qu'on a beaucoup d'entraînement et d'évènements. C'est toujours plaisant de revenir ici », conclut le capitaine Simard.
Les CH-177F Chinook sont des avions qui servent à transporter de l'équipement et du personnel. Ils soutiennent l'armée lors de différentes opérations, et peuvent également être utilisés lors des missions humanitaires et de secours aux sinistrés.