Le colonel Darcy Molstad, commandant de la Base de Bagotville et de la 3e Escadre, était l'invité de la Chambre de commerce et d'industrie de Saguenay-Le Fjord, mardi midi.

Spectacle aérien de Bagotville: le F-22 et le F-35 seraient de la partie

Si les astres continuent de s'aligner, les dizaines de milliers d'amateurs qui se rendront au Spectacle aérien international de La Baie les 24 et 25 juin verront pour la première fois en action le F-22 Raptor, le meilleur avion de chasse au monde, dont l'aviation américaine garde l'exclusivité, et son petit frère le F-35, qui pourrait bientôt équiper l'Aviation royale canadienne.
Le commandant de la base de Bagotville a juré que tous les efforts étaient faits pour atteindre cet objectif, alors qu'il s'adressait aux membres de la Chambre de commerce et d'industrie de Saguenay-Le Fjord, mardi midi.
Le colonel Darcy Molstad, qui terminera en juillet son mandat de deux ans comme commandant, a confiance de remplir sa promesse de faire du SAIB 2017 le plus beau spectacle aérien des 75 ans d'histoire de Bagotville, puisque le Heritage Flight Foundation pourrait accompagner le F-22 avec des « warbirds » retraités des conflits antérieurs. Mais quoi qu'il en soit, on est déjà assuré de la présence d'un F-15 Eagle, d'un F-16 Falcon, de la Stratoforteress B-52 et les discussions sont amorcées avec Eurofighter pour avoir en exposition le Typhoon, qui est en compétition avec le F-35.
« Nous organisons un exercice conjoint avec les Américains la semaine précédant le SAIB et il sera plus facile de les convaincre de rester pour le spectacle », a expliqué le colonel, en admettant que la collaboration fût plus difficile lors des dernières éditions, alors que l'aviation américaine subissait d'importantes coupes budgétaires.
En analyse
Parlant compétition entre avionneurs, le Canada n'a toujours pas décidé s'il ira de l'avant avec l'achat de 18 F-18 Super Hornet afin de se donner le temps de refaire le processus d'appel d'offres pour l'achat du futur chasseur.
Selon certaines revues spécialisées, si le gouvernement allait de l'avant avec l'achat de Super Hornet, ceux-ci seraient concentrés sur une seule base pour des raisons pratiques et ce serait celle de Cold Lake en Alberta où le 410e Escadron donne la formation à tous les pilotes de chasse, et qui dispose d'un champ de tir. Le colonel Molstad ne confirme pas et ne nie pas, affirmant qu'il est toujours possible qu'on divise la nouvelle flotte en deux et qu'advenant le cas où on déciderait de la concentrer sur une seule base, celle-ci n'est pas encore choisie. « Tout est sur la table et nous sommes en train de faire les analyses pour donner la meilleure option au gouvernement et à la chaîne de commandement », a dit le colonel.
Pas de décision non plus pour les drones, même si le président de la chambre de commerce, Carl Côté, a formulé le souhait de les voir arriver à Bagotville avec les 300 emplois qu'ils apporteraient.
« On est vraiment au début de l'analyse du projet à Ottawa. On en est encore à l'étape de déterminer nos besoins. Est-ce qu'ils seront armés ou non ? Est-ce qu'ils feront des missions de surveillance de très longue durée ? Avant de déterminer quel drone le Canada va acheter, il faut répondre à ces questions puis déterminer où il faut les installer pour voir le meilleur impact opérationnel. Bagotville est un candidat c'est certain, mais la décision se prendra à Ottawa selon des critères opérationnels », a dit le commandant.
Derrière l'uniforme
Le colonel Molstad est connu comme un athlète accompli, lui qui fut dans sa jeunesse champion canadien de saut à la perche. Mais c'est surtout son père Edward qui a fait sa marque dans le monde du sport, tout d'abord comme joueur des Eskimos d'Edmonton de 1968 à 1973, puis comme avocat de l'association des joueurs de la Ligue canadienne de football jusqu'à l'an dernier.
Fier de ses parents, le militaire a voulu décrire l'homme derrière l'uniforme devant la Chambre de commerce. Il a dit qu'il avait hérité de son père son éthique de travail alors que sa mère, gérante des agents de bord chez Air Canada après ses débuts chez Wardair, lui a transmis son humanisme. D'ailleurs, le colonel Molstad veut qu'on se souvienne de son passage à Bagotville pour les efforts qu'il a consacrés à améliorer la qualité de vie de ses troupes.
Un voisin précieux
Le colonel Molstad a choisi ce thème devant la Chambre de commerce pour rappeler que Bagotville donne du travail à 2000 personnes, civils et militaires, ce qui en fait le troisième employeur de la région après Rio Tinto et le réseau de la santé.
Avec son budget de 183 570 000 $ par année, il verse 5 M$ en taxes à la municipalité, 114,6 M$ en salaire, 42 M$ pour les opérations d'entretien, 24 M$ pour l'achat d'essence 550 00 $ en achat de nourriture, etc.
En 2016-2017 s'ajoutent d'importants travaux d'infrastructures comme l'investissement de 32 millions $ pour la construction de nouvelles unités de logement dans le quartier militaire, et le tout dernier contrat de 46 millions $ accordé à Cégertec pour l'érection d'un nouveau hangar destiné aux véhicules d'entretien. En tout ce sont 80 millions $ qui seront investis au cours des prochaines années.
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Le commandant de Bagotville a profité de son passage devant les gens d'affaires pour les inviter à donner la chance aux conjoints des militaires de se dénicher un emploi. Selon lui, plusieurs mythes nuisent à l'embauche de ces personnes qui, comme toutes les familles, ont souvent besoin d'un deuxième salaire. Ces personnes, dit-il, ont souvent de solides formations et même si leur conjoint est souvent déployé, elles jouissent d'un réseau d'entraide qui leur donne toute la flexibilité nécessaire pour combler les horaires de travail.
Il est vrai, convient le colonel Molstad, que celles-ci sont parfois seulement de passage, mais pendant les trois à cinq ans qu'elles seront à l'ouvrage, elles offriront leur bilinguisme et un bagage d'expériences souvent unique.