Soupir de soulagement chez les producteurs laitiers

Les producteurs laitiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean poussent un soupir de soulagement à la suite de l’annonce du gouvernement fédéral qui versera 1,75 milliard $ sur huit ans aux près de 11 000 producteurs laitiers du Canada à titre de compensations pour les pertes liées à la gestion de l’offre.

«C’est certain que ça met fin à plusieurs mois d’incertitude, affirme d’emblée le premier vice-président des Producteurs laitiers du Québec (PLQ) et président régional du syndicat des producteurs de lait, Daniel Gobeil. On est soulagé de connaître les modalités. On ne voulait pas redémarrer une campagne électorale dans l’incertitude.» 

Le montant octroyé par le gouvernement est toutefois grandement inférieur à celui demandé par les producteurs de lait canadiens. 

«Ça comble seulement une partie des pertes. On a concédé 5% du marché. On estime les pertes à plus de 3 milliards$. On accueille la compensation favorablement, mais nous ce qu’on veut, c’est produire et vendre notre lait. Le gouvernement a vendu notre marché, il fallait être compensé. Mais on ne veut plus de concessions. Le montant met un ‘‘plasteur’’ sur le bobo, mais les gens n’aiment pas avoir recours à l’aide du gouvernement. Des fermes ont un fonds de roulement très affaibli depuis 24 mois. » 

À l’échelle régionale, Daniel Gobeil estime que le montant moyen reçu par les 285 producteurs laitiers avoisinera les 15 000$ par an. 

«Pour l’an un, ça donne un montant plus impressionnant. Mais il faut diviser le reste entre les années suivantes. Les fermes laitières de la région sont de plus petite taille, avec une moyenne de 70 vaches.» 

Le montant octroyé, qui sera partagé de façon proportionnelle au quota détenu, vise à compenser les pertes liées aux accords de libre-échange avec l’Union européenne et l’Asie-Pacifique. L’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) ne fait pas partie de l’entente puisqu’il n’a pas été ratifié par le Canada et les États-Unis.

«Pour nous, c’est l’entente la pire. Si l’accord est ratifié, tout est sur la table pour de nouvelles négociations.»