Sophie Gagné a eu la peur de sa vie

Un important tremblement de terre de magnitude 7 survenu dimanche sur l’île de Lombok, au sud de l’Indonésie, a semé la panique parmi les touristes. Parmi eux, la Saguenéenne Sophie Gagné affirme avoir eu la peur de sa vie après avoir ressenti les effets de cette catastrophe qui a fait à ce jour une centaine de morts, plusieurs blessés et entraîné l’évacuation de plus de 2000 visiteurs.

Originaire de Chicoutimi, la jeune designer a fait le choix de s’établir en sol indonésien avec son copain depuis environ un an.

Sophie Gagné se trouvait dans un bar de Canggu avant de sentir les premiers tremblements de terre.

Elle se trouvait dans un bar de Canggu, sur l’île de Bali, lorsque les premiers tremblements se sont fait sentir.

« J’écoutais un spectacle avec des amis, lorsque la structure du bâtiment s’est mise à bouger allègrement de gauche à droite. D’habitude, les tremblements de terre sont comparables à un camion ou un train qui passerait à côté, mais là, on sentait vraiment comme des vagues passer sous nos pieds. C’était quelque chose de complètement différent de tout ce que j’ai vécu », raconte la jeune femme jointe par téléphone.

L’épicentre du séisme se trouvait à l’île de Lombok et la force du tremblement de terre pouvait être ressenti jusqu’à 250 kilomètres.

Mme Gagné témoigne que les gens couraient dans tous les sens en criant avant de se réfugier dans le stationnement avoisinant. Le bar était fait principalement de bambou. Aucun bris important ou accident n’est survenu dans la municipalité, qui se trouvait à environ 149 kilomètres de l’épicentre du séisme.

Chanceuse malgré tout
Le jour du malheureux évènement, Sophie était de passage dans son ancienne ville, Amed, plus durement touchée par le tremblement de terre.

Un mouvement de solidarité s’organise pour trouver une solution collective à la reconstruction et à la collecte de débris.

« J’y avais rendu visite à des amis au cours de la journée, avant de revenir à Canggu. J’y vivais auparavant, mais étant donné la proximité avec le volcan qui menace d’entrer en éruption, nous avons choisi de nous éloigner pour notre sécurité. »

La jeune femme raconte avoir reçu plusieurs appels d’amis qui s’y trouvaient, faisant état des nombreux temples et maisons ayant été détruits.

Malgré la présence de nombreux organismes d’aide humanitaire, un mouvement de solidarité se fait sentir au sein de la population qui n’hésite pas à se serrer les coudes en tentant de trouver collectivement une solution pour reconstruire et collecter les débris. Plusieurs personnes font aussi des dons de sang pour venir en aide aux victimes hospitalisées. De son côté, Sophie entend bien faire sa part elle aussi, que ce soit physiquement ou monétairement.

« Experte en évacuation »
La collision de plaques tectoniques étant une situation fréquente au pays, Sophie Gagné dit avoir ressenti trois tremblements de terre, cette semaine seulement. Loin d’être effrayée, la Québécoise d’origine mentionne toutefois être particulièrement inquiète de la plus grande fréquence des catastrophes naturelles ces derniers temps.

Un mouvement de solidarité s’organise pour trouver une solution collective à la reconstruction et à la collecte de débris.

« À mon arrivée, on parlait d’un tremblement de terre tous les deux mois environ, mais d’amplitude faible. Dans le dernier mois seulement, on parle de plusieurs séismes meurtriers, en plus de la menace du volcan qui nous guette. Je peux dire que je suis devenue une experte en évacuation », continue Mme Gagné.

Cette peur ne serait cependant pas assez grande pour pousser le couple à déménager. Au contraire, ils prônent l’importance de rester alerte et de s’informer auprès des médias locaux pour continuer de vivre dans ce qu’ils appellent leur « petit paradis » en toute quiétude.

« Le premier réflexe des gens, c’est de courir, mais c’est la pire chose à faire parce que c’est dans ces moments qu’on risque de recevoir quelque chose sur la tête. Il faut plutôt se réfugier sous un cadre de porte ou sous un gros meuble. Il suffit de bien s’informer et de ne pas seulement s’en remettre à la chance », termine la Saguenéenne.