SOPFIM: l’hélicoptère à la rescousse contre la tordeuse

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
La Société de protection des forêts contre les insectes et les maladies (SOPFIM) fait volte-face et annonce qu’elle ira de l’avant avec un programme réduit de protection des forêts contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE) sur 111 500 hectares plutôt que les 665 000 initialement prévus.

L’annulation complète du programme pour la saison 2020 en raison de la pandémie a été mal reçue au Saguenay-Lac-Saint-Jean ainsi qu’au Bas-St-Laurent, en Gaspésie et sur la Côte-Nord, ce qui a incité la direction à revoir ses façons de faire, explique Isabelle Lapointe, directrice des ressources humaines et des communications.

En entrevue, Mme Lapointe explique que la décision d’annuler le programme était justifiée par le fait que les arrosages nécessitent l’utilisation de 550 personnes, dont des pilotes d’avion provenant d’un peu partout dans le monde, notamment de la Nouvelle-Zélande et l’Allemagne. « Les difficultés liées à la mise en pause de l’industrie aérienne, la distanciation sociale et le confinement obligatoire de 14 jours compliquaient passablement les opérations prévues. »

Plutôt que d’utiliser des avions, la SOPFIM a décidé de faire appel à des hélicoptères dans le cadre d’un programme réduit de protection de la forêt de 111 500 hectares.

Le programme remanié nécessitera environ 250 employés, incluant les pilotes d’hélicoptères. Les pulvérisations auront lieu de la fin mai au début du mois de juillet.

Le programme initialement prévu pour protéger la forêt privée de 18 000 hectares sera réalisé tout en maintenant la protection pour certains peuplements en forêt publique (41 000 hectares) de même que certains investissements sylvicoles effectués au cours des dernières années couvrant 47 100 hectares.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, 9790 hectares seront traités, comparativement à 53 560 au Bas-Saint-Laurent et 35 640 hectares en Gaspésie.

La SOPFIM maintient que les plus récents résultats scientifiques ont montré que l’objectif de maintien des arbres en vie peut être atteint en sautant une année d’intervention. Ces résultats ont été publiés dans la revue internationale Forest Ecology and Management en 2019. Ils ont été obtenus dans le cadre d’une étude visant à mettre en place un système de rotation des peuplements traités (1 an sur deux), et ce, pour faire face au pic de l’épidémie durant lequel les ressources humaines et matérielles ne permettront pas de traiter chaque année tous les peuplements ciblés.

L’insecticide biologique Bacillus thuringiensis, variété kurstaki, communément appelée Btk, sera utilisé pendant ce programme.

La SOPFIM réalise des pulvérisations aériennes contre la TBE depuis 2009 sur la Côte-Nord, depuis 2010 au Saguenay-Lac-Saint-Jean, depuis 2014 au Bas-Saint-Laurent et finalement depuis 2015 en Gaspésie. L’équipe de la SOPFIM a comme objectif de maintenir en vie les arbres présents dans les aires admissibles infestées le temps que l’épidémie passe.