Les conservateurs sont en tête dans Lac-Saint-Jean, en ce début de campagne électorale. Jocelyn Fradette (à gauche) est leur candidat.

Sondage Mainstreet: une course à deux en vue dans Lac-Saint-Jean

La lutte dans la circonscription de Lac-Saint-Jean semble se diriger vers une course à deux entre les conservateurs et les libéraux, selon les résultats d’un sondage Mainstreet réalisé pour le compte de Groupe Capitales Médias, mais qui fait abstraction de l’identité des candidats locaux. La lutte devrait être chaude : les conservateurs devancent les libéraux par seulement trois points, le parti d’Andrew Scheer récoltant 37 % des intentions de vote des Jeannois et celui de Justin Trudeau, 34 %.

Le sondage place le Bloc québécois en troisième, avec seulement 9 % des voix. Le Parti vert arrive en quatrième place, obtenant la faveur de 7 % des électeurs. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) est pratiquement rayé de la carte (2 %), arrivant sixième, derrière le Parti populaire de Maxime Bernier (3 %).

Le sondage téléphonique, par appels automatisés, a été fait le 10 septembre, auprès de 554 adultes. La marge d’erreur est estimée à 4,46 %, 19 fois sur 20.

Selon le président de Mainstreet au Québec, Luc Fortin, le sondage est cohérent avec ce qui s’est produit dans les quatre dernières années. « On voit dans le sondage que ça va être une lutte entre les deux partis qui ont détenu la circonscription pendant le dernier mandat. On se rappellera que Denis Lebel avait été élu avant que les libéraux ne la prennent », explique-t-il.

Le siège de Richard Hébert, à gauche, serait en danger, selon un sondage Mainstreet.

Il rappelle que l’avance du Parti conservateur se situe à l’intérieur de la marge d’erreur du sondage, qui est de 4,46 %.

Luc Fortin ne croit pas que l’identité des candidats joue pour beaucoup dans le choix des électeurs.

« Les enjeux locaux jouent souvent pour très peu au fédéral. Peut-être que oui, une candidature comme celle d’Alexis Brunelle-Duceppe pourra avoir une certaine influence, mais il faut se rappeler que son père, Gilles Duceppe, s’est présenté aux deux dernières élections et a été défait deux fois », indique M. Fortin.

Beaucoup d’indécis

Si la photo de départ de cette lutte électorale montre une lutte serrée entre le Parti conservateur (PCC) et le Parti libéral (PLC), beaucoup d’électeurs peuvent encore changer d’idée d’ici le jour du scrutin. Près d’une personne sur quatre se décrit comme un indécis (24,8 %).

« Les résultats que l’on présente aujourd’hui sont une photo de départ. Il va y avoir beaucoup de mouvement dans les derniers moments de la campagne », prévoit Luc Fortin.

Les candidats qui s’affrontent dans Lac-Saint-Jean sont Richard Hébert (PLC), Jocelyn Fradette (PCC), Alexis Brunelle-Duceppe (BQ) et Dany Boudreault (PPC). Le NPD et le Parti vert n’ont pas encore de candidat dans la circonscription.

La laïcité fait mal à Trudeau au Québec

La laïcité de l’État, thème qui s’est imposé pendant les premiers jours de la campagne électorale fédérale, fait chuter les libéraux de Justin Trudeau dans les intentions de vote au Québec, selon le dernier sondage Mainstreet. Eux qui, avant le déclenchement des élections, possédaient une confortable avance de 19 points sur les conservateurs (40 % contre 21 %) se retrouvent maintenant avec une avance de 8,2 % sur le parti d’Andrew Scheer (33 % contre 24,8 %). 

En plus de profiter au Parti conservateur (PCC), le thème de la laïcité fait progresser le Bloc québécois (18,6 %) au Québec. Les scores du Parti vert (9,5 %) et celui de Nouveau Parti démocratique (7,9 %) sont demeurés les mêmes dans la province. 

Une baisse aussi marquée dans une courte période de temps est habituellement liée à un événement particulier, estime Luc Fortin, président de Mainstreet au Québec. Il attribue ce mouvement dans l’opinion publique à l’hypothétique contestation de la loi sur la laïcité de l’État par le gouvernement fédéral.

Les chefs des partis fédéraux ont dû répondre la semaine dernière à l’appel lancé par le premier ministre du Québec, François Legault, qui leur demandait de s’engager à ne pas contester la loi 21 devant les tribunaux. Justin Trudeau a préféré garder la porte ouverte sur une possible intervention du gouvernement dans le futur.

« Depuis le début de la campagne, Justin Trudeau a été questionné tous les jours par les médias sur une éventuelle contestation judiciaire de la loi 21. C’est évident que ses déclarations lui nuisent au Québec », indique Luc Fortin.

Si la campagne débute à peine, on remarque que la laïcité de l’État pourrait faire mal au Parti libéral du Canada (PLC) dans la Belle Province. Eux qui pouvaient espérer gagner plus de sièges au Québec doivent maintenant essayer de limiter les dégâts. 

« Les libéraux pouvaient anticiper des gains. On estime que la laïcité pourrait avoir une influence négative sur les libéraux dans une douzaine de circonscriptions. C’est un sujet qui préoccupe les Québécois », ajoute Luc Fortin, qui précise que ce thème n’a pas la même influence dans toutes les régions du Québec.

Les électeurs des circonscriptions qui se trouvent dans les régions non métropolitaines sont plus susceptibles de tourner le dos aux libéraux, si on se fie au dernier sondage Mainstreet.

À égalité

À l’échelle canadienne, libéraux et conservateurs se retrouvent maintenant au coude-à-coude en raison de ces changements abrupts dans les intentions de vote chez les électeurs québécois.

Après la répartition des indécis, qui représentent 11 % des sondés, le sondage Mainstreet met le parti d’Andrew Scheer et celui de Justin Trudeau à égalité. Ils obtiennent tous deux 36 % des voix. Un jour avant le déclenchement des élections, un premier coup de sonde donnait 37,5 % d’appuis au PLC contre 34 % au PCC.

Les intentions de vote dans les autres provinces canadiennes, moins d’une semaine après le début de la campagne, n’ont pas connu de changements majeurs. « La laïcité n’a pas la même couverture médiatique au Québec que dans les autres provinces canadiennes », souligne M. Fortin.

Le sondage a été réalisé du 

11 au 13 septembre auprès de 1906 adultes canadiens. Il est considéré comme précis à ± 2,2 %, 19 fois sur 20.