Marc Claveau s'investit beaucoup auprès de son grand-père. Dès l'âge de cinq ans, il s'asseyait sur les genoux de Joseph Potvin, qui le laissait piloter sa voiture.(Photo Jeannot Lévesque)

Son permis grâce à son petit-fils

Bon an mal an depuis une dizaine d'années, Joseph Potvin se démène comme un diable dans l'eau bénite pour conserver son permis de conduire. Il l'a perdu puis recouvré à maintes reprises au fil du temps, mais après avoir chuté dans sa résidence de La Baie l'an dernier, la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) lui a une fois de plus révoqué sa "licence". Grâce à l'appui de son petit-fils Marc, l'homme de 89 ans a pu reprendre le volant de son Chrysler au début de décembre, après s'être soumis à tout un processus de réhabilitation.
Ce qui est étonnant, dans cette histoire, ce n'est pas simplement le fait que Joseph Potvin peut encore conduire à l'aube de ses 90 ans. C'est plutôt la complicité évidente entre ce grand-père et son petit-fils qui a quelque chose de singulier et de très touchant. Marc est très proche du père de sa mère. Son propre père ayant été absent de sa vie, c'est le grand-papa qui assumé ce rôle clé. La relation des deux hommes est tissée serrée et le contremaître de chantier à la retraite peut compter sur l'appui inconditionnel de son petit-fils, qui s'occupe de lui et qui lui permet de vivre ses vieux jours dans le confort de sa résidence.
Marc Claveau savait à quel point le permis de conduire était synonyme de liberté pour son aîné. C'est pourquoi, quand le vieillard est tombé, l'homme dans la trentaine s'est donné pour mission de l'aider à récupérer son permis. Plusieurs étapes ont dû être franchies et selon Marc Claveau, Joseph Potvin n'aurait jamais pu les traverser seul.
«Mon grand-père est un homme qui a travaillé toute sa vie, mais qui a peu d'éducation. Il a une bonne génétique, il est très en forme, mais il a quand même 89 ans et il avait besoin d'accompagnement», dit-il.
À force de ténacité et de nombreuses heures de pratique derrière le volant, M. Potvin a obtenu une note quasi parfaite lors de son évaluation de conduite réalisée au début du mois de décembre, dans des conditions climatiques qui lui étaient peu favorables. Il a pu reprendre la route et vaquer à ses occupations quotidiennes, lui qui aime bien faire des courses et aller à la messe à la cathédrale de Chicoutimi. «Avoir mon permis, pour moi, ça vaut plus que 1 million$", dit simplement l'octogénaire, dont l'épouse est aujourd'hui décédée.