Les pas de danse exécutés par Alix de Courcy étaient franchement spectaculaires.

Soirée éclatée pour la prévention du suicide

Grand génie créatif ou délire improvisé sur scène ? Il y avait un peu des deux à l’évènement Drags-on-Sag 2, qui a réuni trois drag-queens et presque cent fois plus de spectateurs à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière mercredi soir. Une chose est sûre, la soirée a été des plus distrayantes.

Pour une deuxième fois en quelques mois, le public saguenéen a pu retrouver l’artiste Karine O’Kay, organisatrice du spectacle. Celui-ci avait toutefois une vocation supplémentaire, à part faire passer du bon temps : une partie du prix des billets était remise au Centre de prévention du suicide 02. Quand les drag-queens racontaient des pans de leur vie plus marginale que la moyenne, on comprend pourquoi elles ont voulu donner à un organisme qui se consacre à aider les personnes qui souffrent.

« Ça ne parait pas, mais j’ai des idées noires cachées dans ma tête », a confié l’élégante Alix de Courcy. Élégante dans ses tenues flamboyantes, parce que toute classe disparaît du personnage lorsqu’elle se lance dans ses histoires un peu vulgaires. Loin d’être choqués, les spectateurs riaient plutôt de bon coeur.

La drag-queen Karine O’Kay a organisé la soirée et invité une troupe de danse à participer au spectacle.
La drag-queen Alix de Courcy faisait tout pour avoir l’air d’une diva sur scène.

Pour compléter le trio, Dream apportait une touche étonnante au spectacle, qui comptait aussi une troupe de danse orientale. On ne savait pas trop à quoi s’attendre, après son numéro avec des accessoires fabriqués en carton. L’artiste était bien déçue : on avait jeté sa boîte et elle en avait dû en refaire à la dernière minute. Heureusement, ce petit côté enfantin a fait la joie du public. Il a plus tard été complètement impressionné lorsque la drag-queen a enfilé ses pointes de danseuse de ballet. Et pas juste pour faire joli, Dream maîtrisait bien la difficile technique.

Dès le départ, les personnages ont mis cartes sur table et révélé leur origine masculine. Karine O’Kay a jeté ses faux seins et a livré un étonnant « secret » : l’ex-maire Jean Tremblay n’est pas disparu, il a fermé sa page Facebook pour se « transexualiser » en sa successeure Josée Néron afin de rester au pouvoir. Une hypothèse comme une autre !

Les moments d’humour entre les numéros de « lipsync » étaient parfois moins intéressants, mais nécessaires pour que les artistes puissent se changer de costumes, plus élaborés et colorés les uns que les autres. Il y avait en revanche des petites perles, comme voir Alix de Courcy faire le grand écart ou Karine O’Kay prendre les traits de Céline Dion. Il pourrait bien avoir une troisième édition de l’évènement, pour ceux qui ont manqué la soirée ou qui en veulent davantage.

La drag-queen Dream avait un côté théâtral très développé.