Dr Manon Voyer, à gauche, explique que la nouvelle réalité des orthodontistes et des hygiénistes inclura maintenant masques, visières et jaquettes.
Dr Manon Voyer, à gauche, explique que la nouvelle réalité des orthodontistes et des hygiénistes inclura maintenant masques, visières et jaquettes.

Soins dentaires: branle-bas de combat dans les cliniques

Comme plusieurs autres soins de santé, les services d’orthodontie seront de nouveau accessibles, lundi, et depuis l’annonce, les employés des cliniques sont plongés dans tout un branle-bas de combat. La fermeture a été annoncée par décret, le 13 mars dernier, et en plus de revoir toutes leurs pratiques, plusieurs semaines de rendez-vous doivent être déplacées. Et les patients devront s’y faire ; c’est une tout autre réalité qui les attend dans deux jours.

La spécialiste Manon Voyer, de la clinique d’orthodontie du même nom, à Chicoutimi, s’affaire à préparer sa clinique depuis l’annonce de la réouverture. Selon elle, la réponse est très belle et « tout va bien aller », mais c’est une très grosse réorganisation, assure-t-elle.

« Nous avons fait les urgences par téléphone (pendant la fermeture) et ça s’est quand même bien déroulé. À partir de lundi, nous recevrons les patients en personne. Nous sommes en train de reconstruire l’horaire et de revoir la réorganisation de la clinique au niveau physique », a indiqué Manon Voyer, précisant que des rendez-vous pour douze semaines à temps complet doivent être déplacés.

Des cloisons ont été installées entre les différents postes de travail.

La nouvelle réalité des orthodontistes et des hygiénistes inclura maintenant masques, visières, jaquettes et cloisons, souligne Dr Voyer, précisant qu’elle a encouragé le plus possible les entreprises régionales pour l’achat des articles de protection. Les directives ont été reçues vendredi dernier et c’est à partir de ce moment que l’élaboration des plans de match a commencé.

« C’est vraiment un gros travail, que ce soit au niveau des employés, de la distanciation, de la filtration ou de la ventilation et des horaires de travail. Ça va jusqu’à la salle à manger où il faut prévoir les deux mètres de distance », a-t-elle expliqué au Progrès lors d’une entrevue.

Les équipements seront lavés fréquemment, dont les jaquettes, et la température des employés et des patients sera prise chaque jour et à chaque rendez-vous. Manon Voyer explique que l’utilisation des outils rotatifs devra être faite dans des salles fermées afin d’éviter une possible contamination, puisque ces outils entraînent la production d’aérosols, soit de gouttelettes.

Dr Voyer, qui est maintenant vice-présidente de l’Association des orthodontistes du Québec, n’a pas senti d’inquiétudes chez ses employés, notamment parce qu’elle les a tenus informés tout au long de la fermeture. Elle admet toutefois qu’il s’agit d’une nouvelle réalité et qu’une période d’adaptation sera nécessaire.

« Certains patients ont des inquiétudes, d’autres ont vraiment hâte à leur rendez-vous, mais ce n’est pas la même réalité qu’à Montréal. On a commencé nos appels pour déplacer les rendez-vous. On aimerait vraiment tous les voir la même journée, mais c’est impossible. Il faut s’attendre à environ trois mois pour rattraper le retard. Nous avons augmenté nos plages horaires pour le temps perdu, mais on ne peut pas en inventer », a-t-elle dit, précisant que l’horaire était plein depuis le 16 mars.