Fatoumata Kone aimerait rencontrer la famille de son conjoint Étienne Troestler, mais sa demande de visa a été refusée pour une sixième fois.

Sixième refus pour Étienne Troestler

Le Jonquiérois Étienne Troestler, enseignant à la retraite du Cégep de Jonquière, doit encore faire une croix sur sa volonté d’amener sa conjointe africaine, Fatoumata Kone, en visite au Canada pour quelques mois. Sa demande de visa auprès du gouvernement canadien a été refusée pour une sixième année consécutive.

« Je suis découragé et même révolté. Les fonctionnaires d’Immigration Canada refusent de délivrer un visa à ma conjointe, car ils ne croient pas que Fatim (surnom) voudra retourner dans son pays à la fin du séjour. Elle y a pourtant toute sa famille, ses petits-enfants et son restaurant et elle veut retrouver tout son monde », explique M. Troestler, lors d’un entretien téléphonique avec Le Progrès.

Étienne Troestler est Belge d’origine. Il a vécu à Jonquière une grande partie de sa vie. Il a été professeur de géographie au cégep de la rue Saint-Hubert. Il possède la citoyenneté canadienne, a une adresse et y revient de la fin mai à la fin du mois d’août. Depuis quelques années, il a décidé de vivre en Afrique de l’Ouest.

Entre 1999 et 2012, il a participé à cinq stages avec ses étudiants de sciences humaines en Afrique, où il a connu sa conjointe. À sa retraite en 2012, M. Troestler a décidé de vivre et de faire du bénévolat neuf mois par année à Banfora, au Burkina Faso, où il a épousé civilement (registre africain et québécois) Fatim. 

Et depuis 2013, il tente de l’amener au Canada pour une période de quelques mois. 

« Je voudrais qu’elle puisse rencontrer les membres de ma famille, connaître mon pays, là où j’ai vécu. Je voudrais qu’elle puisse revoir mamie (sa mère Ghislaine), car à près de 90 ans, elle ne peut plus voyager. Mais je ne cesse d’essuyer des refus. Nous agissons avec honnêteté chaque fois. On nous demande si nous avons déjà fait une demande de visa et si oui, si nous avons essuyé un refus. On le dit, mais ça ne change rien », explique le père de trois enfants (Joëlle, Andréanne et Samuel).

M. Troestler a cru que le mariage entre Fatim et lui aurait pu donner un coup de main à ses demandes. Mais il voit bien que cela n’a pas donné les résultats escomptés.

Afin de démontrer tout le sérieux de la démarche, le couple a même fourni des garanties financières, remis les états financiers du petit restaurant de Fatim (Le Trosko) et même le contrat de coopération volontaire de deux années avec Saint-Viateur. 

Ce ne fut pas suffisant.

Étienne Troestler précise que la raison invoquée par les fonctionnaires d’Immigration Canada est toujours la même. Fatim Kone n’a pas démontré qu’elle voulait véritablement retourner chez elle au terme de la visite.

« Pourtant nous avons déjà obtenu deux visas pour l’Europe. Chaque fois, nous sommes retournés en Afrique. C’est là que Fatim veut vivre, pas ailleurs. D’ailleurs, la consule de Belgique se porte garante du fait que nous reviendrons en Afrique à la fin du séjour », dit-il.

Étienne Troestler et sa conjointe doivent rencontrer et discuter avec un membre du Haut commissariat canadien en Afrique au cours du mois de mars afin d’exposer la situation.

Le couple Étienne Troestler et Fatim Kone tentent de convaincre les autorités canadiennes de laisser venir la femme d’origine africaine au Canada, mais en vain.