Dominique Anglade

Signature de l'ACÉUM: qui a défendu les intérêts du Québec, se questionne Dominique Anglade?

La députée de Saint-Henri–Sainte-Ane et candidate à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, demande au gouvernement Legault qui a défendu les intérêts du Québec et de l’industrie de l’aluminium dans la dernière ronde de négociations de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACÉUM).

Au lendemain de la signature de l’ACÉUM, Mme Anglade rappelle qu’au lendemain d’une rencontre tenue avec le premier ministre François Legault en octobre dernier, la direction de Rio Tinto (RT) annonçait le report pour une période indéfinie des projets de construction de son nouveau centre de production de billettes à l’Usine Alma ainsi que les 16 cuves AP-60 au Complexe Jonquière.

« On ne comprenait pas que le premier ministre assiste à une rencontre avec RT et qu’au lendemain, on procède à cette annonce. On avait demandé la création d’un comité d’action qui rassemblerait autour d’une table la compagnie, les syndicats, les intervenants régionaux et autres. On nous avait répondu que tout était sous contrôle », explique Mme Anglade.

La députée affirme que le gouvernement caquiste a failli à la tâche dans son devoir de représentativité des intérêts du Québec et de l’industrie de l’aluminium québécoise en négligeant de nommer un représentant œuvrant auprès du fédéral et dont le rôle aurait été de jouer un rôle d’intermédiaire et d’informateur entourant la négociation.

« Qui était le négociateur en chef pour le gouvernement du Québec ? À notre époque, nous avions nommé l’ex-ministre Raymond Bachand pour jouer ce rôle. On a toujours été informés de ce qui se passait à la table d’un point de vue québécois. Mardi, on a été mis devant un fait accompli. »

Mme Anglade demande au gouvernement caquiste de jouer un rôle de leadership en rassemblant les acteurs de l’industrie autour d’une même table et en constituant ainsi une force de frappe afin d’établir un plan de match pour protéger les centaines d’entreprises québécoises œuvrant dans la transformation de l’aluminium.

Josée Néron

Le monde municipal québécois, rassemblé au sein de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), demande au gouvernement du Canada de protéger l’aluminium en mettant en place le même régime réglementaire que l’acier.

« Dans l’attente d’en savoir davantage sur les dispositions modifiées de l’ACÉUM, je demeure inquiète des impacts sur l’économie du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Après l’aérospatiale, l’aluminium est le deuxième secteur économique en importance au Québec. Huit des neuf usines au Canada sont ici, dans nos régions. Ça représente près de 10 000 emplois directs, 20 000 emplois indirects et des exportations de plus de 8,3 milliards $ par année », a déclaré Mme Néron, trésorière de l’UMQ et mairesse de Saguenay, en rappelant du même souffle que plusieurs projets d’expansion dans la Vallée de l’aluminium sont suspendus en raison des incertitudes sur le marché mondial.

Les inquiétudes de la mairesse de Saguenay sont partagées par Réjean Porlier, maire de Sept-Îles et président du caucus de l’Union pour la région de la Côte-Nord, où se trouve l’aluminerie Alouette. « Chez nous, à moins de deux semaines de Noël, c’est le genre de cadeau dont on aurait pu se passer. Nous demandons, mes collègues et moi, que le gouvernement du Canada éclaircisse immédiatement la situation et fasse part de ses intentions. Pour l’UMQ, l’aluminium doit bénéficier des mêmes protections que l’acier », a-t-il conclu, en réitérant que l’aluminium québécois est le plus propre au monde.

Après un accord sur l’ACÉUM, les États-Unis, le Canada et le Mexique ont recommencé des négociations qui ont abouti sur une protection supplémentaire pour l’acier. Pour éviter des frais de douanes, l’acier doit être fondu et coulé sur le sol de l’un des trois pays signataires. Cette clause n’existant pas pour l’aluminium. L’importation du minerai d’autres pays sera possible.

UNIFOR

Les réactions se sont poursuivies du côté syndical alors qu’Unifor Québec, via son directeur québécois, Renaud Gagné, a affirmé par voie de communiqué que même si rien n’a été concédé, il demeure que l’acier a obtenu une protection supplémentaire, ce qui n’est pas le cas pour l’aluminium. Unifor craint que la brèche créée ne porte atteinte aux emplois dans l’industrie au Québec. L’entrée de l’aluminium chinois risque de procurer au Mexique un avantage indu contraire à l’esprit du libre-échange. Unifor considère tout de même que l’ACÉUM comporte aussi de bons éléments, même s’il est à se demander si après la gestion de l’offre, le bois d’œuvre et maintenant l’aluminium, le Québec n’est pas l’enfant pauvre.

Mélanie Joly

La sortie du député bloquiste de Jonquière, Mario Simard, mercredi, a eu des effets au cabinet de la ministre fédérale de l’Économie, Mélanie Joly. Tout comme le premier ministre Justin Trudeau, Mme Joly considère que l’industrie et les travailleurs ont enregistré des gains. « L’accord est un gain pour les travailleurs de l’aluminium au Québec. Avec le nouvel accord, on a maintenant une nouvelle garantie que 70 % de l’aluminium contenu dans une voiture proviendra de l’Amérique du Nord. Garantie qui n’est pas présente dans l’ALÉNA actuellement. On s’est tenu debout pour notre industrie et on comprend l’importance d’un bon accord pour les familles qui en dépendent », déclare Mme Joly.

Elle rappelle qu’en mai dernier, lorsque les tarifs imposés par les Américains sur l’aluminium ont été levés, le secteur encourageait tous les partis à ratifier l’accord. Les libéraux accusent le Bloc de ne pas avoir répondu de façon positive à leur appel en votant contre, risquant de mettre en péril l’économie du secteur et les emplois qui en dépendent.