Manon Massé et Luc-Antoine Cauchon ont fait la visite de la ferme Bouchard Artisan Bio.

Seule l'indépendance peut protéger les agriculteurs, croit QS

Un Québec indépendant pourrait mieux contrôler sa destinée agricole, estime Luc-Antoine Cauchon, le candidat de Québec solidaire dans la circonscription de Roberval, qui a reçu la visite de Manon Massé, la chef parlementaire du parti de gauche, dans le cadre de l’élection partielle.

C’est chaussés de bottes en caoutchouc, dans l’étable de la ferme Bouchard Artisan Bio, que Manon Massé et Luc-Antoine Cauchon ont tenu à lancer un cri de solidarité envers les producteurs laitiers touchés par la renégociation de l’ALÉNA. « Les producteurs laitiers ont été floués dans le cadre de ce nouvel accord de libre-échange », a-t-elle soutenu.

En tenant compte des trois ententes de libre-échange signées avec différents partenaires commerciaux, c’est près de 10 % de la production laitière qui peut entrer sur le marché canadien. « C’est comme si c’est un mois de travail qui venait de disparaître », remarque Manon Massé.

Selon Luc-Antoine Cauchon, seule l’indépendance du Québec permettra de bien protéger les producteurs agricoles. « On le voit très bien qu’on est mal représenté dans cette fédération-là. Il va falloir se prendre en main pour arrêter que les autres dictent nos accords internationaux, parce qu’on voit très bien que ça ne fonctionne pas », a souligné le candidat qui souhaite remettre l’indépendance à l’avant-plan.

Au-delà des impacts des accords de libre-échange internationaux sur le modèle québécois de l’agriculture, Manon Massé a également tenu à souligner que son parti souhaite soutenir davantage les producteurs biologiques « qui ont fait le choix de travailler en harmonie avec la nature ». « Nourrir le monde, ce n’est pas une industrie comme les autres, dit-elle. C’est une question de santé animale, de santé végétale et de santé de l’humain. On ne peut plus continuer le développement économique tel qu’on le fait depuis un siècle, parce que c’est un développement économique qui nous mène dans le mur. »

Manon Massé et Luc-Antoine Cauchon ont fait la visite de la ferme Bouchard Artisan Bio.

Manon Massé estime que l’Union des producteurs agricoles (UPA) joue, et a joué, un rôle important pour défendre les producteurs québécois, notamment dans le cadre de la renégociation de l’ALÉNA, mais cette dernière croit également que la diversité syndicale est une force, notamment pour permettre aux petits producteurs d’élever quelques centaines de poulets, par exemple.

« Le système a fait ses preuves et il n’est pas question d’abolir les quotas, dit-elle. On est pour l’augmentation de la production hors quota, pour refléter la nouvelle façon de consommer, avec plus de bio et plus d’animaux élevés de façon responsable. Il faut amener ce système-là ailleurs, et il faut le faire main dans la main avec les producteurs, pas juste avec les mégaproducteurs, en incluant la nouvelle agriculture au Québec. »

Après la conférence de presse, Manon Massé a fait la visite de la ferme Bouchard Artisan Bio, avant d’aller rencontrer des étudiants du Cégep de Saint-Félicien sur l’heure du dîner. En après-midi, elle est allée à la rencontre de Bruno Fortin, un producteur laitier de Normandin qui a récemment dû démanteler sa ferme, afin d’aborder le thème de la détresse psychologique chez les agriculteurs. En fin de journée, la chef parlementaire de QS a également eu une rencontre avec des représentants de la communauté innue de Mashteuiatsh.

À l’aube de la rentrée parlementaire à Québec, Manon Massé a souligné que la lutte aux changements climatiques sera la priorité de son parti.

Plus de biomasse et de biocarburants

Le potentiel d’utilisation de la biomasse et des biocarburants doit être développé davantage, estime Manon Massé. « Dans une économie qui rejette les hydrocarbures, comme le fait Québec solidaire, on a les ressources nécessaires pour construire une industrie du biosourcé, au lieu de faire des gazoducs pour transporter du gaz naturel. »

Selon Luc-Antoine Cauchon, seule l’indépendance du Québec permettra de bien protéger les producteurs agricoles.

D’ici 2030, QS souhaite que la proportion d’éthanol atteigne 30 % dans les biocarburants à la pompe tout en faisant passer la proportion de biodiesel à 20 % et la proportion de gaz naturel renouvelable à 15 %. Le parti de gauche est ouvert à l’idée d’imposer un seuil minimal à l’industrie, en utilisant une approche progressive, mais ces taux devront être discutés.