Sept nouveaux opérateurs de machines à coudre

Il y a quelques mois à peine, ils étaient cuisinier, préposée aux bénéficiaires et même retraité. Aujourd’hui, ils ont un diplôme en mains et un nouvel emploi. Le programme de formation pour opérateurs de machines à coudre industrielles a diplômé ses sept premiers étudiants lundi au Centre de formation professionnelle de Jonquière.

Le manque de main-d’oeuvre dans le domaine du textile se fait grandement sentir dans la région, notamment depuis la fin du programme Confection sur mesure et retouches. Afin d’améliorer la situation, le service aux entreprises de la Commission scolaire De La Jonquière et le Comité sectoriel de main-d’oeuvre (CSMO) de l’industrie du textile du Québec ont collaboré afin de former des opérateurs de machines à coudre industrielles.

La proposition était intéressante. On offrait une formation rémunérée de 12 semaines et un emploi à chaque étudiant. Un processus d’entrevues a permis dès le départ de jumeler chacun d’eux à une entreprise en manque de main-d’oeuvre, prête à l’embaucher dès sa sortie de l’école. Ils étaient 10 au départ. Sept ont célébré l’aboutissement de leur cheminement lundi.

Le programme de formation pour opérateurs de machines à coudre industrielles a diplômé ses sept premiers étudiants lundi au Centre de formation professionnelle de Jonquière.

Pauline Tremblay était du nombre. Elle était retraitée depuis un an lorsqu’elle a entendu parler du cours. « J’ai été 25 ans en pharmacie, dont 13 ans en gestion. J’aurais toujours aimé travailler en couture. Quand j’ai vu cette ouverture, je me suis dit qu’il était temps de faire ce que j’avais toujours eu envie de faire. Pour moi, ce n’est pas un début de carrière, mais une belle fin », affirme-t-elle.

Valérie Thibeault a travaillé pendant des années comme préposée aux bénéficiaires et en éducation à l’enfance. « J’ai toujours été en interaction avec les gens, même si j’ai toujours eu un intérêt pour le travail manuel. Je me suis lancée. Maintenant, j’ai hâte pour la suite. »

Jozy-Anne Grand-Maison avait toujours étudié, sans jamais trouver sa place. Aujourd’hui, elle a l’impression de s’être trouvée. « J’ai toujours aimé le tricot, la broderie, le tissage. J’ai adoré le groupe et j’adore le lieu de travail. C’est aussi l’emploi idéal pour concilier travail et famille », souligne la mère d’une fillette pour qui le fait que la formation était rémunérée a aussi pesé dans la balance.

Diane et Johanne Thisselmagan figurent maintenant parmi les employés de Polair + de Saint-Félicien. Julie Chiasson, directrice générale de l’entreprise, et Stéphanie Gobeil, comptable et aide aux ressources humaines, étaient à Jonquière lundi matin pour souligner l’aboutissement de leur formation.

C’est l’horaire de travail qui a attiré Steeve Allaire. Celui qui a été chef cuisinier pendant 30 ans n’en pouvait plus des heures de travail interminables, des soirées et des fins de semaine dans les cuisines. Il a choisi de changer de carrière pour préserver sa santé. « J’ai lâché les chaudrons pour le coton ! Ça n’a pas été facile. Aujourd’hui, c’est un accomplissement, une fierté. »

Gérant d’un département d’encadrement pendant des années, Pierre Maltais se questionnait sur son avenir. « Quand j’ai vu cette proposition, je me suis dit que j’avais gagné à la loterie, ou que c’était une grosse farce. Je me suis lancé et je ne me suis pas trompé. J’ai eu l’impression d’avoir un service personnalisé. On avait les meilleures conditions pour apprendre. »

Les diplômés travailleront chez Perséides 3D, SEFAR BDH et Polaire +.

Julie Chiasson, directrice générale de Polair + de Saint-Félicien était de passage à Jonquière pour souligner l’aboutissement du parcours des deux nouvelles employées de l’entreprise. « La main-d’oeuvre est rare. Comme il n’y a plus de cours de couture offert dans la région, c’est difficile de trouver des diplômés. C’était une opportunité pour nous et on est heureux du résultat », confirme-t-elle.

Les soeurs Diane et Johanne Thisselmagan de Mashteuiatsh oeuvreront à l’entreprise de Saint-Félicien. « On a travaillé en couture, mais on n’avait aucune formation. Je n’avais jamais travaillé en dehors de la réserve. J’avais des craintes par rapport au retour à l’école, mais tout s’est bien passé », affirme Diane. « J’ai déjà eu des diplômes, mais je suis plus fière de celui-là. On a mis du coeur là-dedans », ajoute Johanne.

Marc Olivier Kenmo, chargé de projet du CSMO, confirme que l’expérience pourra être répétée. « C’est certain qu’on offrira à nouveau le programme. Les partenaires ont adoré l’expérience et la pénurie de main-d’oeuvre est importante dans quasi toutes les régions du Québec. »