La députée Karine Trudel et le capitaine Pierre Pelletier ont accueilli les recrues Jennifer Chamberland, de Saint-Honoré, la Laterroise Mahée B.-Dumont, la Baieriveraine Gabrielle Paquette, la Chicoutimienne Audrey (Jacynthe) Tremblay, la Baieriveraine Audrey (Nancy) Tremblay, Tania Violette et Sophie Lajoie.

Sept femmes joignent les rangs de l'armée

Sept femmes ont joint les rangs des Forces armées canadiennes, jeudi. Elles ont été assermentées au centre de recrutement du détachement de Chicoutimi, témoignant des efforts que les forces mettent, depuis quelques années, pour combler le fossé qui les sépare des hommes.

C’est d’ailleurs avec beaucoup de fierté que la députée néodémocrate de Jonquière, Karine Trudel, a agi comme présidente d’honneur de la cérémonie.

« En politique aussi, nous ne sommes pas beaucoup de femmes et je suis très fière de vous voir opter vous aussi pour servir votre pays. Vous entreprenez une carrière exigeante sur le plan physique et mental où l’équilibre est important », a-t-elle mentionné.

Plus tard en entrevue, elle a souligné l’importance des tâches qui incombent à celles qui choisissent les métiers plus loin de la ligne de front pour supporter l’appareil militaire, comme ce fut le cas jeudi après-midi. Elles seront administratrices des finances, technicienne en plomberie-chauffage et techniciennes en approvisionnement. De même, elle constate tous les efforts consentis par l’armée, au cours des dernières années, pour atteindre une plus grande parité hommes-femmes et réprimer les inconduites qui avaient terni son image.

Conjoints

Pour trois d’entre elles, l’appel sous les drapeaux est venu du conjoint militaire. Ce fut le cas de Sophie Lajoie, qui a reçu son certificat d’enrôlement des mains de son conjoint, le caporal Marc-André Guillemette, technicien d’entretien spécialisé dans les équipements de sécurité (système d’éjection et extincteur) des CF-18. La femme de 33 ans, qui a travaillé pour des entreprises civiles d’aviation, poursuivra sa carrière en uniforme comme technicienne en approvisionnement pour l’Aviation royale canadienne. « Pour moi, c’était important de ne pas avoir à sacrifier ma carrière pour suivre mon conjoint (lorsqu’il sera muté ailleurs qu’à Bagotville) », affirme celle qui était à l’emploi de Discovery Air, l’entreprise propriété d’anciens pilotes de CF-18 qui exploite une flotte d’Alpha Jet servant d’ennemis lors des vols d’entraînement des escadrons de chasse. En joignant l’ARC, je pourrai donc le suivre tout en continuant de travailler », dit-elle.

Évidemment, la décision a demandé une bonne période de réflexion: « Au fil du temps, je me suis rendu compte que la vie de militaire me convenait et j’ai décidé de faire le saut. Aujourd’hui, si c’était à refaire, j’aurais joint les forces plus tôt. »

Le commandant du détachement de Chicoutimi, le capitaine Pierre Pelletier, confirme que la Défense nationale accommode généralement les conjoints lorsqu’ils sont assignés à une base militaire, pour ne pas séparer les familles. « Les décisions sont en fonction des besoins du service, mais on essaye d’accommoder tout le monde. Pour nous, le noyau familial est très important et ce n’est pas pour rien que le mot famille est revenu souvent pendant la cérémonie d’assermentation. Lorsqu’un militaire est déployé, il faut qu’il ait le soutien de sa famille et, de notre côté, nous devons la supporter. En Afghanistan, on a constaté qu’un soldat avec une famille stable avait toute sa tête concentrée sur sa mission. »

De son côté, l’aspirant militaire doit cependant choisir un métier qui doit être compatible sur toutes les bases s’il veut être en mesure de suivre son conjoint.

Les Forces armées canadiennes ont 8000 emplois à combler, dont 5000 à temps complet, et visent à atteindre une proportion de 25 % de femmes, alors qu’elle est actuellement de 15 %. Il n’y a pas d’âge limite pour s’enrôler, mais l’âge obligatoire de la retraite est fixé à 60 ans et le militaire doit servir au moins trois ans après sa formation.