Dave Fortin s’est caché de l’oeil des photographes. Il passera les prochaines années à l’ombre.

Sept ans pour 24 armes volées

Le Jonquiérois Dave Fortin part pour le pénitencier pour les sept prochaines années. Il a plaidé coupable à un vol de 24 armes de poing survenu au commerce Écotone Chasse et Pêche de Chicoutimi le 3 septembre dernier.

Me Nicole Ouellet, de la Couronne, et Me Charles Cantin, en défense, ont déposé une suggestion commune à la juge Sonia Rouleau, de la Cour du Québec, tard en après-midi jeudi.

Fortin a confirmé avoir profité du long congé de la fête du Travail pour commettre son larcin. Il s’est introduit par effraction dans le commerce du boulevard Talbot, a rampé au sol pour éviter les détecteurs de mouvement et s’est dirigé vers un comptoir d’armes de poing.

Selon le récit de Me Nicole Ouellet, de la Couronne, Fortin s’est emparé d’un sac de camouflage, a fracassé la vitrine du présentoir et a mis les 24 armes dans le sac. Il est ressorti de la place sans avoir déclenché le système d’alarme.

L’individu de 40 ans a demandé à sa conjointe de l’époque de venir le chercher. Il s’est rendu chez son beau-frère (aujourd’hui décédé) afin de lui remettre le contenu du sac. La conjointe a préféré quitter les lieux ne voulant pas être mêlée à cette histoire. La dame a d’ailleurs fait une déclaration KGB (déclaration assermentée) récemment.

« Je reconnais les faits et je suis prêt à assumer les conséquences de mes gestes. Mme Rouleau (qui a été procureure de la Couronne dans le passé), vous savez que je ne suis pas du genre à faire traîner les choses et espérer être acquitté lorsque je sais que je suis coupable. C’est la même chose aujourd’hui, a lancé Dave Fortin.

« Je ne sais pas trop pourquoi j’ai embarqué là-dedans. Je voulais ramener les armes. Je voulais les laisser près d’une cabine téléphonique et appeler les policiers. Mais il (son beau-frère) m’a dit non, qu’il en avait besoin pour régler des dettes », a repris l’accusé.

Aujourd’hui, Fortin maintient qu’il n’a aucune idée de l’endroit où les armes peuvent se trouver, que la dernière personne à les avoir eues en sa possession, à sa connaissance, est son beau-frère. Trois des 24 armes ont été retrouvées lors d’une perquisition à Montréal.

« Mais vous deviez savoir que ces armes vont probablement servir à commettre des crimes quelque part », a lancé la juge Rouleau.

Enquête

Dave Fortin a été arrêté il y a un peu moins de deux semaines en lien avec deux introductions par effraction dans des commerces. Il a plaidé coupable rapidement et était en attente de sa sentence.

C’est d’ailleurs en analysant ces scènes de crime que les enquêteurs de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) ont pu faire un lien avec le vol chez Écotone. Le modus operandi était le même à chaque endroit.

Fortin avait été longuement interrogé lors de son arrestation avec le vol d’importance chez Écotone. S’ils n’ont pu obtenir les réponses souhaitées cette fois-là, les morceaux du casse-tête se sont ensuite mis en place jusqu’aux accusations déposées jeudi après-midi.

Au final, la juge Rouleau a entériné la suggestion de sept années de pénitencier, même si elle croit que l’accusé aurait pu être condamné à 10 ou 12 années de détention.

L’accusé demande de l’aide, sa mère expulsée

Habitué aux peines de prison et de pénitencier, Dave Fortin a hésité avant d’accepter de plaider coupable aux accusations et surtout de prendre le chemin de la détention pour les sept prochaines années.

Au moment de se présenter devant la juge Sonia Rouleau, Fortin a semblé vouloir rejeter la suggestion commune des procureurs. 

« Je demande plutôt la tenue d’un procès avec assignation de témoins. J’ai toujours subi les conséquences de mes gestes, mais sept ans, c’est beaucoup », a lancé Fortin, lui qui avait été condamné à cinq années de pénitencier en 2008 pour des introductions par effraction et des méfaits.

La juge Rouleau lui a rappelé qu’il était libre de tenir un procès, mais que c’est elle qui déterminerait la peine à imposer, peu importe la suggestion des avocats Nicole Ouellet (Couronne) et Charles Cantin (défense).

« Finalement, je veux régler mes dossiers. Je vais plaider coupable », a immédiatement mentionné l’accusé.

Cette décision n’a pas plu à sa mère.

« Non Dave ne fait pas ça. Ne fait pas ça Dave, elle va payer la crisse (ex-conjointe qui a fait une déclaration assermentée) », a crié la dame avant d’être expulsé de la salle d’audience.

Au terme du résumé des faits, Fortin a reconnu le crime et mentionné qu’il en était l’unique responsable.

Il a demandé à la juge, qu’il a déjà connue à l’époque où elle était procureure de la Couronne, de faire en sorte qu’il puisse obtenir de l’aide psychologique au pénitencier et pour l’aider avec un choc post-traumatique survenu il y a plusieurs années. Il aimerait se retrouver au Centre de service en santé mentale du pénitencier d’Archambault.

« Je vais essayer. Je vais faire la recommandation. Mais si vous ne voulez pas finir votre vie au pénitencier, vous devez vous prendre en main et mieux choisir vos relations », a lancé la juge.

« C’est probablement là que je vais finir. Pour mes relations, c’était tout de même mon beau-frère », a-t-il répondu, permettant à la juge d’ajouter que ça ne veut pas dire que l’on connaît bien les personnes autour de nous.

Avant de quitter, Fortin a demandé à son avocat de faire un message au média voulant qu’il n’avait pas fait une cenne noire avec ce vol.

Armes dérobées

Le jour où Dave Fortin s’est introduit chez Écotone Chasse et Pêche, il n’est pas reparti les mains vides. Il avait fait du repérage quelques semaines auparavant. 

Fortin y a alors dérobé huit pistolets de calibre 9 millimètres (9mm), cinq autres de calibre .22, trois armes Magnum .357, deux revolvers de calibre .40, trois autres de .45, un de calibre .36, un pistolet .765 et un dernier dont le calibre n’a pas été déterminé.

La valeur des armes dérobées a été estimée à 18 545 $.