Sylvie Jean, VG adjointe, et François Gagnon ont dévoilé le rapport 2017 du Vérificateur général de Saguenay présentant plusieurs lacunes au Service des équipements motorisés.

SEM: d’importantes lacunes

Le manque de leadersphip, une planification déficiente des travaux et des opérations au sein du Service des équipements motorisés (SEM) de Saguenay figurent parmi les lacunes importantes identifiées par le vérificateur général (VG) de Saguenay, François Gagnon, et son adjointe, Sylvie Jean, dans le volumineux rapport annuel de plus de 200 pages qu’il a rendu public mardi dans le cadre de ses derniers jours de travail au sein de la ville.

À la suite de son rapport publié l’an dernier portant sur la gestion de l’approvisionnement en essence, M. Gagnon a poussé plus loin sa vérification en analysant comment le SEM gère et entretient son parc d’équipements. En octobre 2017, Saguenay possédait un total de 1433 unités opérationnelles, soit 626 véhicules immatriculés et 807 petits équipements, pour lequel les citoyens paient annuellement 7 M $ en frais d’exploitation. Un total de 82 recommandations ont été présentées.

Deux constats importants ressortent du rapport, soit l’absence de leadership et de planification dans la gestion des travaux, ce qui constitue, selon M. Gagnon, le début de la pyramide au sein d’un tel service municipal.

Parmi les vérifications effectuées, le VG s’est basé sur la gestion des bons de travail et le suivi des pièces reçues et en attente d’être posées au sein des trois ateliers. On y constate que le nombre de bons de travail ouverts indique que plusieurs travaux demeurent en suspens pour diverses raisons comme l’attente de pièces, la disponibilité du véhicule ou encore un bon de travail non retourné au contremaître. En janvier 2018, 24 % des bons de travail étaient encore ouverts après plus de 90 jours dans l’un des ateliers.

C’est ainsi que certaines pièces de véhicules reçues ont été « tablettées » et en attente d’être posées depuis en moyenne 539 jours tandis que d’autres sont présentes sur les tablettes depuis 1019 et 1051 jours, ce qui témoigne d’une lacune au niveau du suivi. Aucun mécanisme automatisé ne permet d’aviser le contremaître qu’une pièce est arrivée.

Planification saisonnière
La planification saisonnière de la flotte d’équipements a également été scrutée puisque certaines pièces sont utilisées surtout pendant la période hivernale, ce qui requiert des inspections annuelles. Le VG n’a constaté aucune preuve de suivi formel ou aucune estimation du nombre d’heures requis pour compléter les préparations saisonnières afin de s’assurer que les équipements soient prêts avant le début de la saison.

Des déficiences ont été observées également au chapitre de la gestion des garanties de véhicules et de l’entretien préventif. Les résultats démontrent que le pourcentage d’entretiens prévus et non réalisés en 2017 s’est élevé à 10 %. Pour les véhicules de plus de 3000 kg, ce pourcentage est passé de 9 % en 2015 à 11 % en 2017. L’atelier de La Baie n’a pas fait 16 % de ses entretiens sur ses véhicules entrepreneurs et 15 % de ceux requis sur les véhicules de 3000 kg et plus.

Le VG rappelle que les entretiens planifiés non réalisés peuvent avoir une incidence sur la fréquence des bris, les coûts d’entretien ainsi qu’une cause de l’usure prématurée de certains équipements. C’est le cas pour le graissage des équipements puisque le VG n’a retracé aucune preuve de graissage sur plusieurs véhicules.

Outre ces déficiences, M. Gagnon a observé un manque d’uniformité dans le suivi de travail des ateliers de Chicoutimi, Jonquière et La Baie en raison de structures de direction différentes. Par exemple, un chef d’équipe voit au suivi de l’ouvrage sur l’ensemble du plancher pour l’atelier de Chicoutimi, tandis qu’à Jonquière, celui sur le quart de jour gère et répare les véhicules de police sans faire de suivi sur l’ensemble du plancher.

Dans les 113 pages de son rapport consacré au SEM, le VG passe aux cribles une foule de pratiques.

La gestion du portefeuille de projets et des contrôles généraux informatiques a été analysée.

Le rapport annuel est disponible sur le site Internet de la ville.