Segma Recherche défend son sondage sur GNL Québec

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
La maison de sondage Segma Recherche et son président Raynald Harvey rejettent du revers de la main les accusations portées par la Coalition Fjord à l’effet que le sondage dévoilé lundi dernier par GNL Québec ait été biaisé lors de sa réalisation.

L’enquête dévoilée visait à mesurer la notoriété, le niveau des informations ainsi que les sources consultées par les répondants pour se forger une opinion sur le projet de GNL Québec auprès de 804 répondants du Saguenay et du lac Saint-Jean.

En entrevue, M. Harvey a mentionné ne pas avoir été surpris de la réaction de la coalition puisque les résultats obtenus ne correspondent pas aux attentes du groupe de pression, de sorte que dans de pareils cas les critiques de ces gens passionnées sont dirigées sur le messager, dans ce cas-ci Segma Recherche.

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En ce qui a trait à la méthodologie du sondage, M. Harvey défend bec et ongles le fait qu’il ait fallu lire aux répondants qui ignoraient l’existence du projet la description du projet tel que présenté par le BAPE à partir des documents du promoteur. « Que je travaille sur un sondage pour GNL Québec ou pour Coalition Fjord, mon travail de sondeur consiste à éviter de poser des questions subjectives auprès du public. Le client ne m’a pas demandé de biaiser les résultats, une chose que j’aurais refusée. Mon objectif est de connaître l’opinion des gens ».

Ceci dit, M. Harvey affirme ne pas avoir été surpris des résultats du sondage d’autant plus que le fiasco de la campagne « Je crois en ma région » a laissé place à un autre mouvement populaire alors que 40 000 personnes ont signé une lettre d’appui publiée sur le Web. Il y a là un mouvement de fond en appui au projet, selon lui, même s’il s’agit de signatures obtenues sur Internet.

M. Harvey dit comprendre les arguments des citoyens qui sont contre le projet, mais du même souffle il ajoute que la population régionale sent le besoin de voir se réaliser des projets structurants pour son avenir, d’où une plus grande réceptivité de la population régionale. La décroissance démographique qui entraîne un déclin économique, l’absence de projets structurants forment un terreau fertile pour une bonne réceptivité des grands projets. Selon lui, la Coalition Fjord aurait intérêt à prendre en considération non seulement la survie des bélugas dans le Saguenay, mais aussi la survie économique de la population. « Il est évident qu’à Montréal, le projet aurait plus de difficultés », conclut M. Harvey.