Le président du SNEAA-UNIFOR, Alain Gagnon, souhaite obtenir un signal positif de l'entreprise pour la seconde phase du Complexe AP-60.

Seconde phase d'AP60: le SNEAA maintient la pression

Le Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida affilié à UNIFOR (SNEAA-UNIFOR) va maintenir la pression sur Québec et Rio Tinto afin d'obtenir un signal clair pour la seconde phase du complexe AP60, lequel représente l'ajout d'une capacité de production de 120 000 tonnes à l'usine-pilote déjà en exploitation.
Le président du SNEAA, Alain Gagnon est disposé à obtenir un projet «morceau par morceau» pour s'assurer que le projet AP60 se réalise au complet au Complexe Jonquière. «Entre 1,3 milliard$ et 0$ d'investissement, on s'entend qu'il y a une marge», insiste Alain Gagnon, qui garde en mémoire les déclarations des grands patrons de Rio Tinto à l'effet qu'on ne devait pas s'attendre à des projets majeurs avant 2020 en raison du marché difficile de l'aluminium.
Québec a accordé à Rio Tinto une prolongation du permis d'exploitation des cuves précuites jusqu'en 2020. Selon Alain Gagnon, dans le meilleur des scénarios, les nouvelles cuves AP60 ne seraient pas en mesure de produire d'aluminium avant 36 mois.
«En plus de maintenir la pression auprès des décideurs, nous devons garder en vie les précuites. C'est aujourd'hui la plus vieille technologie en exploitation en Amérique du Nord. C'est vrai que le gouvernement du Québec a accordé une prolongation du permis d'exploitation jusqu'en 2020, mais l'entreprise n'a jamais donné la garantie qu'elle allait exploiter les précuites jusqu'à l'échéance du permis. Nous sommes encore rentables et nous faisons des efforts», ajoute-t-il.
La situation actuelle n'est pas plus reluisante qu'elle l'était en 2016 avec le «dumping» du métal chinois sur le marché mondial, sauf qu'Alain Gagnon note une amélioration des prix. Le métal gris se transige à un peu plus de 1700$ la tonne.
Rencontre
À l'agenda du président du SNEAAA figure une rencontre avec le ministre responsable de la région et premier ministre du Québec, Philippe Couillard. L'avenir de l'usine de produits chimiques Vaudreuil sera abordé avec le premier ministre, puisque le SNEAA aimerait bien obtenir des précisions quant à la suite des choses pour le projet d'expansion du site d'entreposage des boues rouges. Les précisions concernent plus spécifiquement les modalités d'évaluation environnementale du projet.
«Lors de son passage dans la région, le ministre de l'Environnement David Heurtel a déclaré que le projet des boues rouges pourrait être soumis à une procédure d'évaluation publique devant le BAPE. On nous a alors fait savoir que ça ne serait pas le cas. Dans le bilan de fin d'année qu'il a fait dans Le Quotidien, M. Couillard est revenu avec cette possibilité», souligne Alain Gagnon.
Selon les dispositions du Règlement sur l'évaluation et l'examen des impacts sur l'environnement de la Loi sur la qualité de l'Environnement, un projet d'agrandissement comme celui parrainé par Rio Tinto ne fait pas partie des «projets assujettis». La loi actuelle n'accorde pas au ministre de pouvoir discrétionnaire lui permettant de soumettre un projet qui n'est pas assujetti.
«Le syndicat est entre l'arbre et l'écorce, l'environnement et les emplois. Dans ce dossier, il nous semble qu'il y a une bonne acceptabilité sociale puisque le projet se réalise sur le même site. Vaudreuil est un complexe important sans lequel on peut oublier les deux autres phases d'AP60», reprend le président du SNEAA.
Le dernier irritant évoqué par Rio Tinto face à l'avenir est le dossier du renouvellement du décret de gestion du lac Saint-Jean. Alain Gagnon affirme que la décision prise de permettre des discussions avec les parties prenantes avant le BAPE est la bienvenue. Il mentionne que le préfet André Paradis a les mandats nécessaires pour mener les discussions avec l'entreprise.