Valérie Tremblay et Nathalie St-Amour collaborent en matière de cyberthérapie pour les troubles alimentaires.

Se sortir de la spirale des troubles alimentaires

Valérie Tremblay a lutté contre les troubles alimentaires pendant de nombreuses années. Elle a connu des hauts et des bas et a fait plusieurs rechutes. Malgré une kyrielle de tentatives, elle n’arrivait pas à se sortir de cette spirale anorexique et boulimique qui l’entraînait toujours un peu plus bas. Aujourd’hui, Valérie, 34 ans, va bien. Elle associe ce retour à l’équilibre au programme développé par une clinique privée de la région de Québec.

L’enseignante en arts plastiques et en art dramatique habite la région de Montréal, mais est originaire de Dolbeau-Mistassini. À partir de l’adolescence, le rapport qu’elle entretenait avec son corps s’est complexifié. Insatisfaite de son image, elle est tombée dans l’engrenage et dans le cycle insidieux des troubles alimentaires. Alors qu’elle habitait toujours le Saguenay–Lac-Saint-Jean, Valérie Tremblay a tenté d’obtenir de l’aide. Elle s’est vite aperçue qu’il y avait rareté de soins spécialisés.

« J’ai rencontré plusieurs intervenants au Saguenay–Lac-Saint-Jean et chaque personne m’a apporté quelque chose. Mais je me suis rendu compte que pour sortir de cette problématique-là, ça prend vraiment des gens qui sont spécialisés », estime la Jeannoise, qui s’est exilée il y a cinq ans.

Pendant des années, la maladie a miné le quotidien de Valérie.

« J’avais besoin de plaire à tout le monde », confie-t-elle.

L’an dernier, l’enseignante n’allait pas bien et a été forcée d’arrêter de travailler. Sa condition l’a longtemps grugée physiquement et psychologiquement, sans jamais éveiller les soupçons de ses proches. Et lorsqu’elle maigrissait beaucoup, elle arrivait à bien cacher son jeu. Cette imposture, ce mal-être, provoquait chez elle un désarroi grandissant.

« J’ai toujours voulu protéger ma famille de tout ça. J’étais vraiment dans le mensonge. J’avais un poids relativement normal, mais j’étais dans un état psychologique de détresse », raconte la jeune femme.

Puis, ce fut assez. Valérie devait s’en sortir.

« Quand j’étais au Saguenay et que je faisais des recherches pour trouver des ressources, j’étais tombée sur la clinique Saint-Amour de Lévis. L’an dernier, j’ai embarqué dans la thérapie intensive. Après j’ai entamé la thérapie Web, qui dure 80 jours et que tu peux faire en un an si tu veux. Cette thérapie m’a beaucoup aidée. On en apprend beaucoup sur la nutrition et on reçoit des notions qui nous apprennent à prendre soin de soi », dit-elle. Convaincue de l’efficacité de la thérapie, elle campera le rôle de porte-parole pour la clinique en lançant, au cours des prochains jours, des capsules Web dans lesquelles elle partagera son histoire. Ces vidéos seront utilisées par la Clinique Saint-Amour dans le cadre de sa thérapie en ligne.

Équilibre

Valérie pense avoir enfin « mis une croix » sur les troubles alimentaires. Elle a mis cartes sur table avec ses proches, qui sont fiers d’elle et du chemin parcouru.

Cette atteinte de l’équilibre rend Valérie Tremblay légitimée de camper son rôle d’enseignante auprès d’adolescentes. D’autant que cette année, on lui a confié la tâche de donner le cours « Apprentissage et citoyenneté », lequel comporte un volet sur l’alimentation.

« Je pense que le tout pourrait être très aidant pour les jeunes, les adultes, les parents, la famille. Les troubles alimentaires sont un sujet encore tabou et je souhaiterais faire changer les choses », énonce Valérie Tremblay, qui convient qu’une thérapie au privé implique des coûts. Selon elle, l’investissement en vaut toutefois la chandelle.

Valérie Tremblay a longtemps souffert de troubles alimentaires. Elle partagera prochainement son expérience par l’entremise de capsules Web réalisées par la Clinique St-Amour de Lévis.

+ DES CAPSULES SUR LE WEB

La Clinique St-Amour est pionnière au Québec en matière de cyberthérapie pour les troubles alimentaires. 

Sa cofondatrice, Nathalie St-Amour, explique que l’efficacité de cette méthode a été prouvée scientifiquement. 

L’utilisation d’une plateforme Web permet de mieux répondre aux besoins de la clientèle, de rendre la thérapie plus interactive et de permettre à un plus grand nombre de personnes de bénéficier des services.

Nathalie St-Amour est bardée de diplômes. Docteure en psychologie, infirmière clinicienne, psychothérapeute, kinésiologue et membre de l’Academy of Eating Disorders, la directrice croit que les témoignages de patients partenaires comme Valérie Tremblay sont précieux. Ils sont aussi un excellent complément aux services dispensés par l’équipe de professionnels multidisciplinaires de la clinique. 

« L’expérience de ces personnes qui sont en voie de rétablissement ou qui vont mieux peut être très encourageante. Les témoignages permettent de maintenir la motivation des gens et de susciter l’espoir. Ils sont d’une grande valeur », pointe Nathalie St-Amour.

Les services de la Clinique St-Amour, qui détient des bureaux à Lévis, Rivière-du-Loup et Laval, s’adressent à une clientèle jeunesse et adulte, aux hommes comme aux femmes.

« Les hommes consultent de plus en plus pour les troubles alimentaires. C’est devenu beaucoup moins tabou. Dans les cas d’hyperphagie (manger de façon excessive et compulsive), on retrouve deux hommes pour trois femmes », note la directrice.