Michelle Martin, conseillère en services adaptés au Cégep de Chicoutimi, a travaillé à l’élaboration de la Semaine des premiers peuples en collaboration avec le Centre d’amitié autochtone du Saguenay.

Se familiariser avec la réalité autochtone

À compter de jeudi matin, la communauté collégiale du Cégep de Chicoutimi et le grand public auront l’occasion de se familiariser avec la réalité autochtone. À l’occasion de la Semaine des premiers peuples, l’écrivaine et actrice Natasha Kanapé Fontaine (Unité 9) et Michèle Audet, commissaire à l’Enquête nationale sur les femmes et filles autochtones disparues et assassinées, seront présentes.

Selon Michelle Martin, conseillère en services adaptés au Cégep de Chicoutimi et elle-même autochtone, le cégep organise chaque année une semaine d’activités destinée à combattre le racisme et la discrimination sous toutes ses formes.

Cette année, dans le cadre du plan d’action de la Commission de la vérité et réconciliation, la Semaine des premiers peuples mettra en valeur la culture, l’histoire et la réalité contemporaine des autochtones du Québec avec l’organisation d’une pléiade d’activités sous le thème Mamu qui signifie en français Ensemble. « Depuis une dizaine d’années, le nombre d’inscriptions d’étudiants autochtones est en croissance constante. Ce nombre est passé de 14 étudiants lorsque j’ai commencé à travailler ici pour s’établir aujourd’hui à 60, surtout des Atikamekw et des Innus. Nous avons mis sur pied un programme de soutien et support aux autochtones. On fait le pari aujourd’hui qu’on est rendus plus loin que la tolérance. On est rendus à l’étape de l’ouverture à la différence », explique-t-elle.

Un comité formé d’étudiants autochtones et de membres du personnel du cégep a monté une programmation destinée à promouvoir de sains échanges sur la réalité autochtone.

Le lancement de la semaine s’amorce jeudi matin, et elle se poursuit pendant toute la semaine, avec la fabrication collective d’une courtepointe, un geste à haute valeur symbolique, explique Mme Martin. Depuis des siècles, les autochtones fabriquaient des couvertures à partir de peaux d’animaux inspirées de légendes, histoires de leur patrimoine. Lors de la conquête, les Anglais sous Lord Amherst ont distribué des couvertures contaminées par la petite vérole, de sorte que la couverture, symbole d’honneur et de protection, est devenue objet de mort qui a cessé d’être fabriquée.

Outre cette initiative, le Mur de la mémoire, une fresque historique de quatre pieds par seize pieds conçue par l’artiste Nancy Bergeron, de Mashteuiatsh, illustrera six moments importants vécus par les Premières Nations dans leur histoire. L’œuvre sera exposée près de la bibliothèque.

Outre ces événements, le volet culturel prévoit la tenue d’une exposition d’objets autochtones, la projection de courts-métrages autochtones ainsi que la dégustation de mets traditionnels, dont le poisson atikamekw.

Mme Martin a mentionné que la Semaine des premiers peuples réunira des conférencières de renom avec la présence, le mercredi 28 mars, de l’artiste et poète Natasha Kanapé Fontaine, que l’on peut voir dans Unité 9, suivie le lendemain de Michèle Audette, qui entretiendra son auditoire réuni au Théâtre Banque Nationale sous le thème « Choisir l’ouverture à la différence au lieu de la tolérance ».

La programmation complète de la semaine est disponible sur le site CCHIC du cégep.