Jeanne Calment: «aucune preuve» contre le record

PARIS — Malgré les suspicions de chercheurs russes, «aucune preuve» à ce stade ne valide la thèse d'une substitution entre la doyenne française de l'humanité Jeanne Calment, officiellement morte à 122 ans, et sa fille, estiment un collège d'experts français, a appris l'AFP.

Sept spécialistes réunis la semaine dernière à l'Institut national d'études démographiques (INED), dont Jacques Robine et Michel Allard, qui avaient validé à l'époque de son décès en 1997 le record de longévité de Mme Calment, ont «passé en revue tous les arguments avancés par les auteurs russes contestant l'âge de Jeanne Calment», rapporte un court compte-rendu dont l'AFP a pris connaissance.

«Aucun de ces arguments n'apporte la preuve d'une substitution entre Jeanne et Yvonne Calment, affirment les experts. Toutefois certains éléments méritent des investigations supplémentaires, notamment en ce qui concerne le supposé mobile (d'une substitution d'identité, NDLR) ou des études plus particulières (graphologie des signatures, caractéristiques morphologiques).»

«Si ces investigations apportaient de nouveaux éléments de doute, le seul moyen de lever toute incertitude serait de recourir à une exhumation pour analyse ADN.»

Le record mondial de longévité, hommes et femmes confondus, détenu par Jeanne Calment — officiellement décédée à l'âge de 122 ans et 164 jours en 1997 — a été récemment mis en doute par des chercheurs russes: après avoir épluché biographies, interviewes, photos, ainsi que les archives de la ville d'Arles (sud) où la doyenne avait vécu, ils assurent que la fille de Jeanne Calment a pris l'identité de sa mère et que c'est donc elle qui serait morte en 1997, à l'âge de 99 ans.

«Aucun de ces arguments ne permet de conclure à une fraude, ils peuvent être écartés ou ressortent de l'imagination», a affirmé à l'AFP France Meslé, spécialiste des super-centenaires de plus de 110 ans à l'INED. Mais compte tenu de l'intérêt relancé par les chercheurs russes, «ce serait bien de fouiller de nouveau dans les documents», ajoute-t-elle.

Selon les chercheurs russes, Yvonne aurait emprunté l'identité de sa mère pour éviter de payer à sa mort les droits de succession.