Bien que la majorité des jeunes victimes d'une commotion cérébrale se rétablissent dans un délai d'environ un mois, 20 à 30 pour cent d'entre eux auront encore des symptômes au-delà de cette période.

Commotion cérébrale chez les jeunes: le sommeil est essentiel

LA SCIENCE DANS SES MOTS / Qui dit enfants actifs, dit souvent blessures. Chaque année, plus de 100 000 enfants et adolescents canadiens subissent une commotion cérébrale en jouant ou en faisant du sport.

La plupart des enfants retournent à l'école et à leurs activités régulières environ un mois après la blessure. Mais ils ont parfois besoin d'un traitement spécialisé pour les commotions cérébrales et d'exercices de réadaptation.

Notre étude récente, publiée dans le Journal of Head Trauma Rehabilitation, a révélé que la psychothérapie peut améliorer l'insomnie, qui est fréquente chez les adolescents après une commotion cérébrale, et qu'elle améliore également le rétablissement en général.

Le syndrome post-commotionnel

Bien que la majorité des jeunes victimes d'une commotion cérébrale se rétablissent dans un délai d'environ un mois, 20 à 30 pour cent d'entre eux auront encore des symptômes au-delà de cette période.

Les commotions cérébrales chez les enfants et dont les symptômes perdurent dans le temps ont des impacts importants. Ils entraînent plus de consultations de divers professionnels de la santé, plus d'absences à l'école et, par conséquent, des journées de travail manquées pour les parents. Trouver des moyens d'améliorer le rétablissement est devenu une priorité.

La recherche montre que l'insomnie est l'un des symptômes persistants les plus courants chez les adolescents victimes d'une commotion cérébrale. L'insomnie est définie comme la difficulté à s'endormir ou à rester endormi, la réduction du nombre d'heures de sommeil ou le sentiment que le sommeil n'est pas réparateur.

Dans une étude récente, nous avons constaté qu'un certain niveau d'insomnie était présent chez les deux tiers des adolescents qui tardaient à se rétablir d'une commotion cérébrale. Le tiers d'entre eux souffraient d'insomnie modérée à grave.

Pire encore, l'insomnie était également liée à une aggravation des symptômes liés au syndrome post-commotionnel (maux de tête, problèmes d'équilibre et étourdissements), à une aggravation de l'anxiété et de la dépression, ainsi qu'à une augmentation des problèmes d'attention et de mémoire.

Psychothérapie pour l'insomnie

Malheureusement, il existe très peu de traitements fondés sur des données probantes pour aider à traiter l'insomnie après une commotion cérébrale, de sorte que les cliniciens font souvent des suggestions qui peuvent ou non fonctionner.

Notre essai clinique a montré qu'un type de psychothérapie - appelée thérapie cognitivo-comportementale pour l'insomnie (ou TCC-I) - permet la rémission de l'insomnie chez 80 à 90 pour cent des adolescents qui mettaient plusieurs mois à se remettre de leur lésion cérébrale. En comparaison, le taux de rémission n'est que de 9 pour cent pour ceux qui n'ont pas reçu le traitement.

Et les bienfaits de cette thérapie ne se limitaient pas à l'amélioration du sommeil. Elle permettait également d'améliorer globalement la récupération après la commotion. C'est-à-dire que le niveau de symptômes des participants à l'étude a également diminué avec le temps.

L'importance d'un horaire régulier

En général, après une commotion cérébrale, les habitudes de sommeil sont temporairement perturbées. Les enfants qui développent des problèmes de sommeil à long terme ne reprennent souvent pas une routine de sommeil normale. Au lieu d'aller au lit et de se lever à une heure régulière, ils vont au lit et se réveillent plus tard. Ils peuvent aussi dormir moins la nuit et commencer à compenser en faisant plus de siestes.

Cet horaire perturbé nuit à l'école et aux activités régulières. Au fur et à mesure que les activités commencent à diminuer, la motivation d'aller au lit et de se réveiller à des heures régulières diminue également.

L'un des conseils les plus importants que nous donnons est de reprendre un horaire de sommeil régulier. Il s'agit en particulier de régler et de respecter une heure de réveil régulière. Même si le fait de se lever à la même heure tous les jours peut sembler difficile au début, cela permet aux enfants de reprendre leurs activités normales (comme d'arriver à l'école à l'heure) et de s'assurer que lorsqu'ils se couchent, ils sont vraiment fatigués.

La somnolence (l'impression que vous pourriez vous endormir) augmente à mesure que vous restez éveillé. Donc, si vous sortez du lit à 7 h, il y a de bonnes chances que vous vous endormiez avant 22 h ou 23 h. Mais si vous sortez du lit à midi, le besoin de dormir à nouveau ne se fera sentir que beaucoup plus tard, disons 2 h ou 3 h du matin.

L'établissement d'une heure de réveil régulière permet de s'assurer que lorsque les enfants se couchent leur esprit ne continue pas à vagabonder.

Améliorer le sommeil

L'un des principes les plus importants dans le traitement de l'insomnie est qu'un lit est fait pour dormir ! Cela signifie que si un enfant ne dort pas, il ne devrait pas être couché dans son lit. S'il a besoin de se reposer, mais qu'il n'a pas sommeil, il peut s'étendre sur le canapé.

Enfin, il ne devrait pas y avoir d'appareils électroniques dans les chambres à coucher, car ils sont reconnus pour perturber le sommeil, même lorsqu'ils sont éteints ! L'American Academy of Pediatrics recommande que les chambres à coucher soient entièrement exemptes de médias électroniques.

Il y a beaucoup de bons livres et d'autres ressources disponibles pour les adolescents et les parents qui veulent en savoir plus sur le traitement de l'insomnie.

Le message principal à retenir est que l'insomnie liée aux commotions cérébrales est un problème traitable. Et qu'en améliorant le sommeil, les symptômes de commotion cérébrale peuvent aussi disparaître.


*  *  *  *  *

«La science dans ses mots» est une tribune où des scientifiques de toutes les disciplines peuvent prendre la parole, que ce soit dans des lettres ouvertes ou des extraits de livres.

Ce texte est d'abord paru sur le site du Science Media Centre britannique. Reproduit avec permission.