Me Gitane Smith

Sauvés de la prison par ses enfants

Carl Héroux-Lavoie aurait facilement pu se retrouver derrière les barreaux pour une période de 15 à 30 jours pour avoir conduit un véhicule à moteur alors qu'il se trouvait sous interdiction de conduire.
Mais comme il passe beaucoup de temps avec ses deux enfants, le tribunal accepte de lui éviter l'emprisonnement et entérine la suggestion commune de 150 heures de travaux communautaires.
L'individu de 30 ans de la rue Racine, à Chicoutimi, a été arrêté par les policiers de Saguenay, dimanche, derrière le guidon de sa motoneige dans un sentier près du rang Saint-Damien, à Jonquière.
L'individu a enregistré un plaidoyer de culpabilité dès son premier passage devant le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, lundi matin, au Palais de justice de Chicoutimi.
Pas de permis
Le client de Me Gitane Smith, du service de l'Aide juridique, a mentionné aux agents ne pas avoir son permis de conduire en sa possession. Mais à la suite des vérifications, les policiers se sont aperçus que son permis lui avait été retiré et qu'il se trouvait, depuis août 2016, sous une interdiction de conduire à la suite d'une condamnation pour conduite avec les facultés affaiblies.
«J'avais eu mes enfants durant toute la semaine, car mon ex-conjointe venait d'entreprendre un nouveau travail. Elle les avait repris pour la fin de semaine et je devais les ravoir ce matin (lundi).
Dimanche, je voulais me changer les idées et j'ai décidé d'aller faire un tour de motoneige. Je savais que je n'avais pas le droit et que je prenais une chance. J'ai commis une erreur, je le regrette et je vais assumer les conséquences», a lancé l'individu en réponse aux questions du magistrat.
Me Smith et sa collègue de la Couronne, Me Frédérique D. Lindsay, ont suggéré une sentence de 150 heures de travaux communautaires, une probation de 12 mois et une période supplémentaire de 12 mois sans conduire.
«Pourquoi j'accepterais une sentence de travaux communautaires alors que ceux qui se font prendre à conduire pendant une interdiction se retrouvent en prison habituellement?», a demandé le juge Boudreault.
«J'ai l'impression que le fait que l'accusé s'occupe de ses deux enfants va lui sauver un séjour en prison. C'est grâce à eux que je vais accepter la suggestion commune, mais ne leur dites pas», a admis le magistrat, qui a à coeur que les enfants puissent compter sur la présence de leur papa.
Le juge Boudreault espère que l'individu ait appris sa leçon.
Héroux-Lavoie a mentionné qu'il ne travaillait pas (aide sociale) afin de s'occuper de ses enfants.
«Vous ne pouvez vous servir de ça comme excuse, car plusieurs personnes parviennent à concilier travail et famille», ajoute le magistrat.
«Maintenant, je vous suggère de partir rapidement d'ici», a conclu le juge.