Santé mentale des agriculteurs : une grande victoire

Le président régional de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mario Théberge, qualifie de grande victoire la reconnaissance des besoins en santé mentale chez les agriculteurs par le gouvernement du Québec. M. Théberge était bien heureux de l’annonce d’un 400 000 $ récurrent pour financer le programme des travailleurs de rang de l’organisme Au cœur des familles agricoles (ACFA).

« C’est une grande victoire ! Faire reconnaître au gouvernement la nécessité d’avoir des travailleurs de rue dans toutes les régions du Québec, c’était le plus important. Le 400 000 $, c’est accessoire, l’important, c’était vraiment de faire comprendre que les agriculteurs ont des besoins particuliers, et ça, c’est réussi », a souligné M. Théberge vendredi matin, au lendemain de l’annonce faite par le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne.

Ce montant permettra à l’ACFA d’embaucher au moins 13 travailleurs de rangs supplémentaires afin d’assurer leur présence dans chacune des régions du Québec. Les travailleurs de rangs sont des travailleurs sociaux formés pour répondre aux besoins particuliers des agriculteurs.

« Il y a plusieurs régions qui n’en avaient pas encore, faute de financement. Nous on en a une parce que le milieu s’est mobilisé pour trouver le montant nécessaire pour un contrat de deux ans. Elle a déjà un an de fait, donc la récurrence de ce 400 000 $ devrait nous aider à renouveler le contrat », a poursuivi M. Théberge.

Selon lui, le service est essentiel pour les agriculteurs, puisqu’ils ont une réalité totalement différente des autres personnes. « On a plusieurs facteurs de stress particulier à l’agriculture comme les quotas, les sécheresses et toute la paperasse qu’on doit remplir maintenant. On se fait référer à des psychologues et des travailleurs sociaux du réseau de la santé, mais quand une personne a des besoins en santé mentale, il faut que la personne comprenne la situation. Pas que les gens de la santé ne sont pas compétent, mais c’était un peu plus difficile au niveau de la compréhension », a expliqué M. Théberge.

Il parle aussi de disponibilité accrue pour les travailleurs de rang. « On est dépendant de la météo. On ne peut pas prendre un rendez-vous dans deux semaines, parce que ça se peut que ce jour-là, on soit dans les champs. Les travailleurs de rang s’adaptent à la réalité des agriculteurs. On a vu les rapports après huit mois d’opérations, et on a vu le nombre d’interventions faites dans notre région et je peux vous dire qu’ils sont essentiels. »