Sandra Allaire, détentrice d’un baccalauréat en intervention sociale, entreprend son nouveau rôle avec beaucoup de motivation.

Sandra Allaire, travailleuse de rang

Les agriculteurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean peuvent enfin se tourner vers une travailleuse de rang, en service depuis deux semaines. Née sur une ferme et originaire de la région, l’intervenante sociale Sandra Allaire agira donc en connaissance de cause.

Mme Allaire, dont le travail est chapeauté par l’organisme de Saint-Hyacinthe Au coeur des familles agricoles (ACFA), a déjà eu à intervenir. « On voit que le besoin est là. Les gens ne savaient pas encore que j’étais embauchée et il y avait déjà des demandes », souligne la travailleuse de rang, lorsque rencontrée à son kiosque de l’Exposition agricole de Chicoutimi, où elle sera jusqu’à dimanche.

La détentrice d’un baccalauréat en intervention sociale entreprend son nouveau rôle avec beaucoup de motivation. Quand une amie lui a envoyé l’offre d’emploi, elle s’est tout de suite reconnue, même si elle était bien dans son travail d’éducatrice à la maison d’hébergement Le Séjour, à Jonquière, où elle oeuvre encore.

Selon l’ACFA, « à l’instar du travailleur de rue, le travailleur de rang a pour rôle d’entrer en relation avec les personnes isolées là où elles sont. Il est à l’affût des besoins et s’assure que chacun trouve sa place sur la ferme. Pour ce faire, il tisse des liens et met des gens en contact ».

Sandra Allaire explique que les nouvelles normes agricoles, la compétition, la main-d’oeuvre, l’aspect financier et la conciliation travail-famille, notamment, sont tous des aspects qui peuvent augmenter le niveau de stress de l’agriculteur. Selon elle, ils ont besoin d’accompagnement et d’équilibre, et c’est pourquoi elle est disponible pour les rencontrer dans leur milieu ou ailleurs. Elle pourra bientôt les accueillir dans son bureau, possiblement à Saint-Bruno, pour être bien centrée entre le Saguenay et le Lac-Saint-Jean. En attendant, elle a loué un local.

« Je suis bien accueillie, que ce soit par l’UPA, le CLSC ou les GMF », se réjouit Mme Allaire.

La mère de quatre enfants cite quelques exemples pour montrer que les besoins sont variés.

Par exemple, il peut s’agir d’un jeune agriculteur qui prend la relève de la ferme familiale et dont le père a toujours travaillé très fort. Cependant, le jeune veut concilier travail et famille, ce que le père ne comprend pas, alors il se sent coupable.

Elle donne aussi l’exemple de l’agriculteur qui n’a ni femme ni enfant et pour qui seul le travail compte. Cependant, en cas de tracas, il n’a personne à qui se confier.

Il peut aussi s’agir d’une femme qui n’est pas considérée par son conjoint parce qu’il travaille trop fort, ou des cas où surviennent des conflits familiaux, ajoute-t-elle.

« On peut les rencontrer sans nécessairement parler. Pour eux, juste évacuer ou tempérer, ça aide. Ils n’ont pas toujours des gens avec qui le faire. On trouve aussi des façons de gérer le stress. On pratique des techniques de respiration. »

Invitée à dire si les difficultés sont plus grandes dans un domaine ou dans l’autre, Mme Allaire répond que tous les styles d’agriculture ont leur lot de difficultés.