L’adoption du prochain budget municipal soulève des interrogations chez les contribuables de Saguenay.

Salaire des élus: un débat qui ne s’éteint pas

La hausse de la rémunération des élus, la confection du prochain budget municipal ainsi que l’opposition de la Coalition pour la protection de l’intégrité du fjord du Saguenay aux projets industriels touchant la rivière ont retenu l’attention, lundi soir, à la séance régulière du conseil municipal de Saguenay, qui soulignait le premier anniversaire de son élection.

Alors que la liste des sujets à l’ordre du jour était plutôt chargée, sans être spectaculaire, le citoyen Jacques Tremblay a ouvert un débat de plusieurs minutes qui est devenu bien émotif durant la période de questions du public lorsqu’il a critiqué les élus sur l’ajustement de rémunération qu’ils ont votée le 1er octobre dernier.

Reprenant des arguments entendus sur les ondes de certaines radios, M. Tremblay a accusé les élus de s’être accordé une augmentation abusive et motivée uniquement par l’appât du gain tout en se plaçant dans une position de faiblesse lors de futures négociations avec les employés de la fonction publique municipale.

Plusieurs conseillers, dont Jonathan Tremblay, ont expliqué que l’ajustement de base brut de 16 000 $ est une somme devenue imposable en raison de changements à la fiscalité apportés par les gouvernements supérieurs. La rémunération de base d’un élu s’établit maintenant à 68 000 $ imposable. La complexité de la tâche dans un contexte de démocratie participative où les élus siègent sur des commissions et comités, le redécoupage des districts électoraux, le fait que le nombre d’élus ait été abaissé ont servi de nouveau comme arguments pour justifier l’augmentation.

Le niveau d’émotivité a monté d’un cran lorsque la conseillère Julie Dufour a failli craquer en affirmant qu’elle s’était fait interpeller par sa propre fille parce que cette dernière s’est fait dire par des amies à l’école que sa mère est devenue riche parce qu’elle était une « voleuse du peuple » en raison de la hausse supposée de 66 %.

La mairesse Néron s’en est pris à certains animateurs et ainsi qu’au chef du Parti des citoyens, Dominic Gagnon, qui se sont présentés devant les citoyens, selon elle, pour nourrir la population de mauvaises informations en affirmant qu’il s’agissait de hausses de 66 % alors que la hausse est de 16 000 $ devenue imposable.

Selon elle, le nombre de citoyens à Saguenay n’a pas baissé de façon importante tandis que la tâche à accomplir a grandement augmenté.

« On n’a pas de commissions fantoches comme dans le passé formées des gens qui ramassaient des 4000 $ par année et qui n’ont jamais siégé », a-t-elle lancé.

Plusieurs membre de la Coalition pour la protection de l’intégrité du fjord étaient présents pour interpeller les élus sur les projets industriels qui auront un impact sur la rivière.

+

LE BUDGET SERA EXPLIQUÉ AUX CITOYENS

Le dépôt du premier budget de l’administration Néron devrait être expliqué en long et en large à l’ensemble des citoyens avant son adoption en décembre prochain afin que la démarche des élus soit bien comprise par l’ensemble des contribuables.

La mairesse Josée Néron a pris cet engagement lundi après qu’un citoyen ait interrogé le conseil municipal sur la notion d’équité fiscale entre les contribuables des secteurs résidentiel, commercial et industriel.

En faisant référence à l’administration de l’ex-maire Jean Tremblay, Mme Néron a expliqué que la taxe foncière industrielle a été augmentée de façon continuelle pour atteindre plus de 4 $ du 100 $ d’évaluation, ce qui place Saguenay au classement des villes qui taxent le plus dans ce secteur de sorte qu’il n’y a plus de marge de manœuvre.

Le conseiller Kevin Armstrong en a remis une couche en affirmant que pendant des années, le maire Tremblay s’est vanté que Saguenay avait la charge fiscale moyenne la plus basse à des fins électoralistes en pelletant en avant par des emprunts pour payer les dépenses courantes. « On est allé au maximum au chapitre de la taxe industrielle. La population attend de l’information et on doit expliquer le cheminement qu’on amorce » a déclaré Mme Néron.

Le conseiller Jean-Marc Crevier a affirmé avoir l’impression que Saguenay se fait avoir par Rio Tinto, une entreprise qui ne cesse d’augmenter sa production d’aluminium au sein de ses installations existantes et qui voit son compte de taxes être réduit en raison de la dévaluation de ses immeubles.

Selon lui, Saguenay devrait pouvoir disposer d’un pouvoir de taxation sur ses installations de production hydroélectrique. « Quand on dit que ça prend une mobilisation citoyenne pour faire bouger les choses, moi je continue à dire qu’on se fait flouer par Rio Tinto. »

Le conseiller Kevin Armstrong n’est pas de cet avis et prétend qu’il est faux de prétendre que la baisse de revenus de taxes est attribuable à Rio Tinto.

Coalition

Plusieurs citoyens de la Coalition pour la protection de l’intégrité du fjord sont intervenus pour dénoncer l’appui accordé par Saguenay à la démarche de Québec pour alimenter la Côte-Nord en gaz naturel liquéfié. Plusieurs d’entre eux ont affirmé que la Ville fait fausse route en tentant de s’associer à des projets comme GNL Québec qui font appel à l’utilisation de combustibles fossiles produisant des gaz à effet de serre.

Église sainte-cécile

Saguenay entreprend les démarches légales pour faire démolir l’ancienne église Sainte-Cécile à Kénogami en raison de sa dangerosité. Selon la mairesse Néron, la situation légale actuelle fait en sorte que Revenu Québec devra procéder à la démolition de la partie avant de l’immeuble tandis que la sacristie fait l’objet d’une autre démarche de démolition parce que le bâtiment a été scindé en deux au chapitre du lotissement.