Laurent Thibeault, aurait aimé procéder au contrôle routier pour protéger la population de Sainte-Rose-du-Nord.
Laurent Thibeault, aurait aimé procéder au contrôle routier pour protéger la population de Sainte-Rose-du-Nord.

Sainte-Rose-du-Nord: une idée bien intentionnée mais pas légale, dit le maire

Eve-Marie Fortier
Eve-Marie Fortier
Le Quotidien
Le village de Sainte-Rose-du-Nord, situé à 40 kilomètres à l’est de Saguenay (Chicoutimi), accueille de nombreux touristes chaque été. En ce contexte de pandémie, le maire, Laurent Thibeault, qui a tenté de mettre en place un contrôle routier à l’entrée du village afin de diminuer les risques de propagation de la COVID-19, a dû faire marche arrière. Selon lui, le gouvernement a reçu des pressions de plusieurs instances pour que le projet n’ait pas de l’avant. 

«  L’idée d’ériger un contrôle routier à l’entrée de notre village a fait le tour du Québec et de toutes les autorités gouvernementales. J’ai d’ailleurs eu de nombreuses conversations avec elles. J’ai pu comprendre que les pressions ont été immenses pour que Sainte-Rose cesse son projet de contrôle routier, puisque nous étions les premiers à le faire, mais nous n’aurions pas été les seuls.  Évidemment, nous ne souhaitions pas empêcher personne de passer étant donné que nous n’avons aucun pouvoir policier. Nous aurions seulement souhaité demander à ceux qui proviennent de l’extérieur de ne pas entrer. »

La Place du quai est toujours interdite d’accès jusqu’à nouvel ordre, explique le maire du village.

Deux jours avant que les autorités déclenchent les mesures d’urgence sanitaire, M. Thibeault avait créé le comité de cellule de crise de Sainte-Rose-du-Nord.  « Lorsque l’idée de mettre en place un contrôle routier nous est venue en tête, nous avons fait toutes les vérifications nécessaires auprès des instances touchées. Les autorités du ministère des Transports nous avaient donné leur autorisation si nous procédions dans les règles et que nous ne bloquions pas la route 172. La Sûreté du Québec souhaitait également collaborer. Plusieurs autorités nous ont même répondu qu’ils nous comprenaient. Nous en avons toutefois oublié une; le ministère de la Sécurité publique. Nous étions prêts à mettre en place notre projet de contrôle routier, mais nous avons finalement reçu l’interdiction et avons dû faire marche arrière », explique-t-il.

La pression aurait été grande sur les autorités gouvernementales pour que le projet de contrôle routier cesse, selon le maire.

La visite de la Place du quai, qui est considérée comme l’un des principaux attraits touristiques, reste néanmoins interdite d’accès jusqu’à nouvel ordre. « Plusieurs petits villages ont contacté les autorités pour leur faire part de leur mécontentement face au déconfinement. Ils souhaitaient, tout comme nous, protéger leurs concitoyens pour que la pandémie ne les atteigne pas. Notre idée était remplie de bonnes intentions, mais n’était pas légale. Cependant, cette action aurait été très justifiée pour un village comme Sainte-Rose, où l’accès est facile et rapide pour les touristes. Pour l’atteindre, il suffit de rouler 3,5 km de la route principale. »

M. Thibeault explique qu’il aurait aimé avoir le pouvoir de mettre en place ce genre de mesure dans son village. « Le gouvernement peut se permettre de tout faire alors je pensais que je pouvais me permettre de suivre son exemple en protégeant mes citoyens, mais non, le petit frère ne peut pas toujours suivre les pas du grand frère. »