Saint-Stanislas: pari réussi pour le centre Au Clocher

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Le conseil municipal de Saint-Stanislas a réussi son pari en convertissant, il y a un peu plus de trois ans, l’église en espace multifonctionnel. Le projet Au Clocher, dont les investissements s’élèvent à plus de 700 000 $, a atteint son objectif initial d’insuffler un vent de dynamisme à la communauté.

Il n’y a pas si longtemps, comme bien des municipalités de sa taille, Saint-Stanislas se retrouvait avec bien peu à offrir à ses citoyens. Aujourd’hui, les choses ont changé alors qu’elle gère même une croissance de sa population.

« Il y a quatre ans, on n’avait plus aucun, aucun, aucun service. Dans les quatre dernières années, on a amené un centre de conditionnement physique, une épicerie communautaire, un restaurant, un mur d’escalade, un centre de visionnement », résume le maire Mario Biron, qui effectue un troisième mandat.


« Dans les quatre dernières années, on a amené un centre de conditionnement physique, une épicerie communautaire, un restaurant, un mur d’escalade, un centre de visionnement. »
Mario Biron
La nef de l’église est maintenant occupée par un mur d’escalade de près de 10 mètres.

La bibliothèque municipale a également été déménagée dans l’église alors que la patinoire a été déplacée à proximité du bâtiment religieux, lequel comprend également une salle pour les plus jeunes.

Alors que plusieurs églises du Québec se retrouvent vides, le projet de conversion réalisé à Saint-Stanislas permet maintenant d’assurer une pleine utilisation de l’espace, en plus d’offrir un lieu de rassemblement aux citoyens.

Une salle de visionnement se retrouve dans l’ancien jubé. Des films y sont diffusés et les citoyens peuvent réserver l’espace.

M. Biron explique que tout a été mis en œuvre afin de concentrer l’achalandage vers le centre communautaire multifonctionnel Au Clocher, et principalement au restaurant.

« Quand tu mets des infrastructures en place, c’est important qu’elles se fassent vivre. Par la P49 (sentier de motoneige), il y a beaucoup de gens qui descendent par ici. Au niveau du restaurant, surtout », ajoute Marc Laprise.

Sans restaurant dans la localité depuis quelques années, le conseil municipal a décidé de mettre la main à la pâte afin de ramener une telle offre. Pour assurer la viabilité du restaurant, qui ne pourrait survivre qu’avec la clientèle locale, la municipalité a fait le choix, il y a trois ans, d’opérer sous une formule de concession. La personne qui exploite le commerce évite plusieurs frais fixes, puisque le local et les équipements sont la propriété de la municipalité. Elle arrive même à en tirer un profit.

Certains services sont assurés par des bénévoles alors que le personnel associé à l’espace d’escalade est le seul dont le salaire est assumé par la municipalité.

Encore aujourd’hui, la salle multiusage continue d’être bonifiée. D’ailleurs, le comptoir alimentaire devrait se retrouver, sous peu, à l’avant du bâtiment.

« On a toujours dit que le projet serait en constante évolution. Il y a toujours quelque chose. Des fois, les gens nous amènent une idée. On écoute vraiment les besoins, autant des citoyens que des gens qui arrivent de l’extérieur. L’essence nous était beaucoup demandée », souligne Mario Biron.

Le président de la coopérative de solidarité des sentiers, Marc Laprise, et le maire de Saint-Stanislas, Mario Biron, sont satisfaits de l’engouement citoyen pour le projet de conversion de l’église.

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LE PROJET INTÉRESSE D'AUTRES MUNICIPALITÉS

Le projet de conversion de l’église de Saint-Stanislas en centre multifonctionnel et le succès qui y est accolé sont regardés de près par d’autres municipalités québécoises. Des élus et des gestionnaires provenant des quatre coins de la province s’intéressent à ce modèle qui est un réel pied de nez à la dévitalisation des milieux ruraux. 

Le maire de Saint-Stanislas, Mario Biron, et l’ancien maire Marc Laprise, qui est encore grandement impliqué dans la communauté, se rendront mercredi à Mont-Laurier afin de présenter dans le détail ce projet. Malgré les centaines de kilomètres qui meubleront leur journée, les deux hommes tiennent à partager leur expérience avec un auditoire grandement intéressé par des projets similaires. Une délégation de maires et de directeurs généraux de municipalités québécoises s’est même rendue, quelques semaines avant la période des Fêtes, à Saint-Stanislas, afin de constater les retombées du projet.

La relation entre la municipalité et la Fabrique pour la réalisation du projet figure parmi les éléments qui suscitent l’intérêt des autres municipalités qui font face à des enjeux similaires. À ce sujet, Marc Laprise tient à rappeler le travail de concertation réalisé avec la Fabrique. « C’était une collaboration exceptionnelle. Ils ont vraiment marché dans ce projet. Ils étaient d’accord », souligne-t-il.

« On est un exemple dans un assez grand territoire. On a même gagné un prix au patrimoine religieux il y a quelques années », ajoute M. Biron.

La vision du conseil municipal, l’implication des citoyens et la participation de la communauté font partie de l’équation à l’origine du succès de ce projet. 

Mario Biron rappelle que Saint-Stanislas a fait le choix de se payer des services. Ainsi, chaque année, il en coûte 50 $ par résidence et 25 $ par propriété de villégiateur, en plus de 4 cents par 100 $ d’évaluation aux contribuables.

Le maire de Saint-Stanislas, Mario Biron, voit en cette façon de faire une solution à la dévitalisation des petites communautés. « Plus ça va aller, plus les villages vont comprendre », conclut-il.